Italie

18 juillet 2014 13:10; Act: 18.07.2014 14:49 Print

Rubygate: Berlusconi acquitté en appel

Silvio Berlusconi a été acquitté par la Cour d'appel de Milan dans l'affaire «Rubygate» qui lui avait valu 7 ans de prison pour prostitution et abus de pouvoir en 1ere instance.

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30.06.2015 Silvio Berlusconi, l'ancien chef du gouvernement italien est soupçonné d'avoir payé sept millions d'euros le silence de jeunes témoins dans l'affaire du «rubygate». 02.01.2014 L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a officiellement fait appel jeudi de sa condamnation à sept ans de prison dans le cadre du scandale sexuel Rubygate. Un proche de Berlusconi, poursuivi pour incitation à la prostitution de mineure par le Tribunal de Milan, a évoqué «excès, abus de pouvoir et débauche» en parlant des soirées «bunga bunga». 24.06.2013 L'ancien président du Conseil italien a fustigé lundi «un verdict violent» et déclaré qu'il «résisterait à la persécution», dans une déclaration après sa condamnation à 7 ans de prison. 24.06 Le tribunal de Milan a décidé lundi de condamner l'ex-chef du gouvernement italien à 7 ans de prison dans le procès Rubygate, où il était accusé d'abus de pouvoir et prostitution de mineure. 24.05 «Je suis désolée d'avoir raconté des mensonges quand j'ai parlé aux procureurs. La plupart des choses que j'ai dites alors n'étaient pas vraies», a déclaré Ruby devant le tribunal milanais, lors d'un procès de proches de Silvio Berlusconi accusés de lui avoir fourni des prostituées. 04.04 Ruby a lancé une violente charge contre les médias et la justice, demandant qu'on l'écoute et qu'on la respecte, avant le début d'une audience dans le procès dit du «bunga-bunga» Karima El Mahroug, alias Ruby Rubacuori, est à l'origine des déboires de Silvio Berlusconi avec la justice. La jeune femme était mineure quand elle aurait eu des rapports sexuels avec Silvio Berlusconi. Accusé, le «Cavaliere» a dû se présenter devant les juges le 6 avril 2013 pour prostitution de mineure et abus de pouvoir pour avoir fait libérer Ruby alors qu'elle avait été arrêtée pour vol.

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«C'est un arrêt qui va au delà de nos attentes les plus optimistes», a réagi immédiatement après l'acquittement l'un des avocats de Silvio Berlusconi, Me Franco Coppi. Les trois jurés de la cour d'appel de Milan ont délibéré pendant trois heures avant de décider de cet acquittement, qui a pris de court nombre de commentateurs italiens.

Sur l'abus de pouvoir, les magistrats ont estimé qu'«il n'y avait pas de délit faute de preuves», et sur la prostitution, ils ont souligné que «les faits reprochés ne constitu(ai)ent pas un délit».
Les motivations des juges seront publiées dans un délai de trois mois, a ajouté la cour. Selon l'avocat, les juges auraient entendu la défense de l'ex-Cavaliere qui a toujours affirmé ignorer l'âge de Ruby, âgée de 17 ans au moment des faits.

Concernant l'abus de pouvoir, Me Coppi a été plus bref: «c'était plus simple (à juger, ndlr), puisque les faits étaient inexistants».
Le milliardaire était absent à l'audience car il passe en effet tous ses vendredis matins à Cesano Boscone, près de Milan, dans un centre pour personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer où il purge sous forme de travail d'intérêt général (TIG) une peine d'un an de prison pour fraude fiscale (procès Mediaset). A sa sortie du centre, alors que l'arrêt de la cour était déjà connu, l'ex-Cavaliere n'a pas fait de déclarations à la presse, se contentant de saluer à travers la fenêtre de sa voiture l'une de ses fans.

«Tout le monde d'accord»

A cette femme qui lui a lâché «justice est faite», il a répondu «merci, merci», selon les médias italiens. Interrogé par la télévision SkyTG24, le sénateur Lucio Malan (Forza Italia, le parti de Berlusconi, ndlr), a estimé que «cette sentence mettrait tout le monde d'accord» et que désormais, le centre-droit «allait travailler à son unité avec plus de sérénité». Berlusconi à présent acquitté, il est encore possible que le parquet décide de se pourvoir en cassation, une procédure qui prendra plusieurs mois.

Le 11 juillet dernier, l'avocat général de la cour d'appel de Milan, Piero de Petris, avait requis la confirmation de la peine déjà prononcée en première instance, estimant qu'elle était «sévère» mais «incontestable». Le «Rubygate» première mouture s'était terminé par une condamnation en juin 2013 à sept ans de prison pour M. Berlusconi, 77 ans, et une interdiction à vie de mandat public. Malgré ses démentis, il avait été reconnu coupable d'avoir versé de l'argent en échange de rapports intimes avec «Ruby la voleuse de coeurs», la Marocaine Karima El-Mahgroub, quand elle était mineure. Il a également été reconnu coupable d'avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin qu'elle soit relâchée après un larcin, en affirmant qu'elle était la petite-fille de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé en 2011.

M. Berlusconi est par ailleurs également en cours de jugement pour corruption de sénateur, ainsi qu'au coeur d'une enquête pour corruption de témoins dans le procès Ruby. L'intérêt médiatique autour de l'ex-Cavaliere s'est peu à peu tari en parallèle de la descente aux enfers politique du milliardaire. Son expulsion du Sénat en novembre 2013 pour sa condamnation définitive pour fraude fiscale a marqué le début de son déclin ainsi que celui de son parti Forza Italia, tombé à 17% aux récentes élections européennes. Le magnat vieillissant, descendu pour la première fois dans l'arène politique il y a 20 ans, est désormais éclipsé par le charismatique chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, 39 ans.

(afp)