«Dégoûtées» par le Rubygate

09 février 2011 08:29; Act: 09.02.2011 08:35 Print

Les Italiennes dans la rue le 13 février

Pour une partie des Italiennes, l'image que renvoie d'elles le scandale sexuel Rubygate impliquant Silvio Berlusconi a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

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26.02.2016 Selon Il Fatto Quotidiano, Silvio Berlusconi filerait le parfait amour avec une jeune étudiante de 21 ans prénommée Lavinia. C'est d'ailleurs l'arrivée de la jeune femme dans la vie du Cavaliere qui aurait provoqué la rupture entre l'ex-chef du gouvernement et Francesca Pascale, qui partageait sa vie depuis début 2013. 23.08.2012 La starlette allemande Sabina Began affirme être enceinte de Silvio Berlusconi dont elle annonce aussi le retour imminent en politique. Imane Fadil, a expliqué que le soir de sa première visite à Arcore, dans les environs de Milan, le Cavaliere l'avait invitée dans son «bureau bibliothèque» en lui disant: «Ne vous offensez pas, je vous invite à prendre une enveloppe dans laquelle se trouvent quatre billets de 500 euros». Iris Berardi, considérée par les enquêteurs comme une «prostituée notoire» et née en décembre 1991, était mineure quand elle s'est rendue dans au moins deux résidences du Cavaliere en novembre et décembre 2009. Iris Berardi Iris Berardi Iris Berardi L'actrice Sabina Began, 36 ans, a affirmé jeudi être la petite-amie officielle de Silvio Berlusconi. Mais d'autres femmes prétendraient à ce titre. Découvrez en quelques-unes dans notre diaporama. Sabina Began. Sabina Began. Roberta Bonasia, une infirmière de 26 ans élue Miss Turin 2010 Roberta Bonasia Roberta Bonasia Roberta Bonasia Roberta Bonasia Graziana Capone surnommée l'Angelina Jolie des Pouilles Nicole Minetti, l'hygiéniste dentaire privée de Berlusconi et conseillère régionale en Lombardie. Nicole Minetti Francesca Pascale, une conseillère provinciale du Pdl (le parti de Berlusconi) Francesca Pascale Francesca Pascale Francesca Pascale Francesca Pascale La Dame Blanche de la région du Latium, apparue aux côtés du président du Conseil lors de certains voyages à l'étranger. La chanteuse Cristina Ravot.

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Les Italiennes s'apprêtent à manifester en grand nombre le 13 février pour «défendre leur dignité».

«Ce n'est pas une mobilisation politique, c'est un mouvement au départ spontané de femmes très différentes, de tous les âges, d'artistes et de personnes normales», explique à l'AFP Elisa Davoglio, une poétesse de 35 ans, qui gère le blog créé pour l'occasion (http://senonoraquando13febbraio2011.wordpress.com).

Leur manifeste intitulé «Si ce n'est pas maintenant alors quand ?», signé par plus de 50.000 femmes en une semaine, dénonce avec force «la représentation indécente et répétée de la femme comme objet nu de commerce sexuel dans les journaux, à la télévision et la publicité».

«Nous sommes submergées d'appels de femmes voulant participer, c'est comme une avalanche à laquelle nous ne nous attendions pas», raconte à l'AFP la cinéaste Francesca Comencini, l'une des organisatrices avec sa soeur Cristina, également cinéaste comme leur père Luigi.

Spot sur youtube

Un spot vidéo circule largement sur Youtube pour appeler à la mobilisation et dimanche: des flash-mobs (appels à réunion par les réseaux sociaux), des lectures «non stop» et des manifestations sont prévues dans une centaine de villes, dont Rome et Milan.

Le comportement du chef du gouvernement, soupçonné d'avoir rémunéré les prestations sexuelles d'une mineure surnommée Ruby, y sera directement pointé du doigt.

Aucune appartenance syndicale ou politique ne pourra être revendiquée, mais inhabituellement un grand nombre de femmes de droite, jusqu'à récemment membres de la majorité au pouvoir, ont annoncé leur présence.

Mépris pour les femmes

«Berlusconi a montré un violent mépris pour les femmes depuis longtemps avec ses remarques mysogynes», souligne Francesca Comencini. Mais «là, on a dépassé les limites du tolérable, il donne une image de la femme totalement archaïque», renchérit Cristina, promotrice du groupement «Di Nuovo» (http://dinuovodinuovo.blogspot.com/), créé pour attirer l'attention sur la situation «terrible» des Italiennes.

Elisa du blog s'y rendra avec son bébé de trois mois et son compagnon car tous les hommes «amis» de la cause sont les bienvenus.

Pas question non plus de dresser des catégories de femmes contre d'autres: «Ce n'est pas une mobilisation contre les call-girls», explique Elisa. D'ailleurs le Mouvement de défense des droits des prostituées participera à la manifestation de dimanche.

Un moyen de fédérer des associations féminines?

«Nous voulons nous opposer à cette culture diffuse qui veut qu'on peut prendre des raccourcis, gagner plein d'argent, qu'il suffit de se faire belle, d'aller à une fête et de se vendre même pour une nuit», relève Lunetta Savino, une actrice de théâtre connue.

La mobilisation qui rassemblera des célébrités comme l'architecte Gae Aulenti ou l'actrice Laura Morante cherchera à démontrer à travers leur histoire qu'il est possible de réussir autrement.

Au-delà de dimanche, Cristina, Francesca et les autres espèrent que le mouvement débouchera au printemps sur un grand congrès et la création d'un réseau pour fédérer des associations féminines, «trop atomisées et dépourvues de poids politique».

«Ni les gouvernements de droite ni ceux de gauche n'ont jamais rien fait» pour les femmes, déplore Cristina Comencini, en constatant une «discrimination dans l'accès au marché du travail à cause d'un manque de crèches, d'aides familiales, d'emplois à temps partiel».

En Italie où le taux de natalité est de 1,4 enfant par femme (l'un des plus faibles d'Europe), seule une femme sur deux (59% dans l'UE) travaille, bien qu'elles soient en moyenne plus diplômées que les hommes.

(afp)