Rubygate

09 février 2011 11:54; Act: 09.02.2011 14:34 Print

Jugement immédiat pour Berlusconi

Le parquet de Milan a annoncé mercredi avoir demandé le jugement immédiat du premier ministre italien Silvio Berlusconi dans le Rubygate.

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Le parquet de Milan a annoncé mercredi demander l'ouverture immédiate d'un procès à l'encontre de Silvio Berlusconi, dans l'affaire de prostitution présumée du «Rubygate». Le président du Conseil italien a dénoncé une enquête «dégoûtante» visant selon lui à le faire tomber.

Un juge doit à présent statuer sur la requête du parquet, la décision étant attendue d'ici deux semaines.

Déjà poursuivi pour des affaires de corruption et éclaboussé par des scandales de moeurs impliquant des jeunes femmes, le chef du gouvernement âgé de 74 ans est soupçonné d'avoir payé pour des relations sexuelles avec une mineure marocaine alors âgée de 17 ans.

Abus de fonction

Le parquet pense également qu'il a abusé de ses fonctions en mai dernier pour faire libérer la jeune femme, surnommée «Ruby», arrêtée pour un vol présumé d'un montant de 3.000 euros, puis tenter d'etouffer toutes révélations sur l'affaire. Les procureurs ont interrogé «Ruby» et d'autres jeunes femmes, qui auraient participé à des fêtes débridées dans la villa du chef du gouvernement dans la banlieue de Milan, et auraient eu des relations sexuelles avec lui.

Selon les défenseurs du président du Conseil, Silvio Berlusconi est intervenu pour éviter un incident diplomatique parce qu'il croyait que «Ruby» était la nièce du président égyptien Hosni Moubarak. Ils font valoir que l'affaire n'est pas du ressort du parquet de Milan ni d'un tribunal de droit commun, mais devrait être examinée par une cour de justice de la République. Le parquet de Milan estime au contraire que les faits présumés n'ont pas été commis dans l'exercice de fonctions institutionnelles.

Pas de relations sexuelles avec Ruby

Silvio Berlusconi nie avoir eu des rapports sexuels avec la jeune fille, aujourd'hui âgée de 18 ans. Elle a de son côté toujours démenti avoir eu des relations intimes avec M. Berlusconi, et dit seulement avoir reçu 7.000 euros et des bijoux de la part du Cavaliere.

Les médias italiens parlent d'un «Rubygate», du pseudonyme de la jeune Marocaine au coeur du scandale. Le président du Conseil, réélu en 2008, se dit quant à lui victime d'une cabale politique destinée à le faire tomber. Il a réaffirmé mercredi être la cible d'une enquête «dégoûtante» et à visées «subversives» destinée à nuire au gouvernement. «C'est honteux, vraiment», a-t-il lancé devant la presse, estimant que ces accusations portent atteinte «à la dignité du pays».

(ap/afp)