Rubygate

14 juin 2011 15:55; Act: 14.06.2011 16:39 Print

Le tribunal de Milan compétent selon le parquet

Silvio Berlusconi est jugé depuis le 6 avril pour avoir rémunéré les prestations sexuelles d'une mineure marocaine et pour avoir commis un abus de fonction en voulant la faire libérer pour vol.

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La cheffe adjointe du parquet de Milan Ilda Boccassini, bête noire de Silvio Berlusconi, a répliqué point par point mardi aux arguments des avocats du Cavaliere qui avait plaidé pour déplacer le procès du scandale sexuel Rubygate devant d'autres juridictions.

Le chef du gouvernement est jugé depuis le 6 avril pour avoir rémunéré les prestations sexuelles d'une mineure marocaine, Ruby, et pour avoir commis un abus de fonction en appelant la police de Milan afin de la faire libérer alors qu'elle venait d'être interpellée en mai 2010 pour vol présumé.

Lors de deux audiences ces dernières semaines, la défense du Cavaliere arguait que la partie du procès pour abus de fonction était du ressort du tribunal des ministres, devant lequel M. Berlusconi ne pourrait comparaître qu'après un improbable vote du parlement.

«Délit de droit commun»

La juge Boccassini a rétorqué que M. Berlusconi a «commis un délit de droit commun et pas un délit ministériel en abusant de sa qualité» de Premier ministre quand il a appelé la préfecture de Milan, la nuit du 27 au 28 mai 2010, pour obtenir que Ruby soit relâchée.

Selon des propos rapportés par les médias, Mme Boccassini a indiqué que la préfecture a été soumise «à un véritable encerclement militaire» entre les coups de fils répétés du Cavaliere puis l'arrivée d'une succession de jeunes femmes envoyées pour «aider» Ruby à sortir du pétrin.

La juge a également rejeté la requête de la défense pour que le procès soit déplacé au tribunal de Monza, proche de la villa d'Arcore de M. Berlusconi où se sont déroulées des fêtes qui auraient dégénéré, selon le parquet, en parties de débauche auxquelles participait Ruby.

Starlettes repérées pour des soirées

«Tout a commencé à Milan et s'est terminé à Milan», a stipulé Mme Boccassini à propos du fait que Karima El Mahroug, alias Ruby, aurait été repérée à Milan par un agent de starlettes ami de M. Berlusconi.

La juge a affirmé qu'il est «évident que des personnes se prostituaient» pendant «les soirées dans la résidence» de M. Berlusconi à Arcore.

Les journaux italiens ont publié des dizaines de témoignages et retranscriptions d'écoutes téléphoniques sulfureux entre les jeunes femmes qui ont défilé dans cette résidence, récompensées par des bijoux, des sommes d'argent et pour certaines logées aux frais de M. Berlusconi dans une banlieue chic de Milan, selon l'accusation.

Depuis des déclarations faites au parquet de Milan l'été dernier, Ruby est revenue sur ses témoignages et affirme, comme M. Berlusconi, avoir participé à des dîners «tout à fait normaux» et n'avoir eu aucun rapport sexuel avec le Cavaliere.

Ilda Boccassini a indiqué avoir parfaitement «respecté les règles et la Constitution» alors que la défense se plaignait que M. Berlusconi soit jugé selon la procédure immédiate. La juge a dit avoir choisi cette voie pour favoriser «un déroulement rapide du procès».

Les trois magistrates du Rubygate trancheront le 18 juillet sur la compétence du tribunal et sur les autres «questions préliminaires» portant notamment sur l'information de l'inculpé sur l'évolution de l'enquête, le droit de procéder à des écoutes téléphoniques.

(afp)