Scandale aux USA

10 février 2011 17:12; Act: 10.02.2011 17:35 Print

Banque accusée de soutien au Hezbollah

Le Trésor américain a annoncé jeudi la mise au ban d'une banque libanaise, la Lebanese Canadian Bank (LCB), qu'il accuse de blanchir l'argent d'un réseau de trafiquants de drogue qui soutiendrait financièrement le Hezbollah.

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«Cette mesure est destinée à protéger le système financier des Etats-Unis des produits financiers illégaux découlant de la LCB, et à priver ce réseau international de trafic de drogue et de blanchiment d'argent de son point d'accès privilégié au système financier régulier», indique le ministère dans un communiqué.

Selon les accusations du Trésor, la LCB blanchit l'argent de la drogue d'un réseau international basé au Liban et contre lequel les autorités américaines ont pris récemment des sanctions.

«Selon des renseignements de l'Etat américain, le Hezbollah a profité d'un soutien financier provenant des activités criminelles», de ce réseau, écrit le Trésor.

Organisation terroriste

Fer de lance de la résistance anti-israélienne au Liban, le Hezbollah regroupe un parti politique et une milice d'obédience chiite. Les Etats-Unis et l'Union européenne le considèrent comme une organisation terroriste.

La mesure prise par le Trésor interdit à tous les établissements financiers américains de réaliser directement ou indirectement la moindre transaction financière avec la LCB ou pour la LCB, pour leur compte ou le compte de tiers.

Réseau condamné

Le Trésor américain avait annoncé le 26 janvier une série de mesures contre le réseau de trafic de drogue présumé auquel il accuse la LCB de contribuer.

Il avait alors gelé les avoirs des dix Libanais et 19 entreprises, et interdit aux Américains de séjourner dans un hôtel du centre de Beyrouth, présenté comme un lieu de vente de la cocaïne du réseau et une façade pour le blanchiment.

Selon les autorités américaines, ce réseau blanchirait chaque mois environ 200 millions de dollars.

Le Trésor affirme qu'il «a des raisons de croire que la direction de la LCB est complice des activités de blanchiment du réseau».

Fondée au départ comme une filiale de la Banque royale du Canada, la LCB est aujourd'hui une entreprise libanaise autonome, qui maintient un «vaste» réseau de liens financiers «avec des banques du monde entier, dont plusieurs aux Etats-Unis».

La LCB se présente sur son site internet comme la «première banque du Liban aux normes de qualité internationale». Parmi ses banques correspondantes aux Etats-Unis elle recense plusieurs poids lourds de la finance: Bank of New York Mellon, Wells Fargo, JPMorgan Chase, et Standard Chartered Bank, ainsi que Mashreqbank.

Liée à la Société Générale

En France, elle affirme être liée à la Société Générale et à Natixis. Elle dit également avoir un bureau de représentation au Canada et correspondre dans ce pays avec la Banque royale du Canada.

Dans le jargon financier, des banques sont dites correspondantes lorsqu'elles ont au moins échangé leurs listes de signatures autorisées et qu'elles entretiennent des relations comptables ou procèdent à des échanges réciproques de services.

(afp)