Bactérie mortelle

10 juin 2011 17:30; Act: 11.06.2011 07:28 Print

Graines germées à l'origine de l'épidémie

La bactérie Eceh, à l'origine de l'épidémie de diarrhée qui a tuée 33 personnes, a été identifiée dans un sachet de graines germées. Les concombres sont innocentés.

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L'Allemagne a identifié vendredi des graines germées comme source de l'épidémie de diarrhée qui a fait 33 morts en Europe.

Berlin a levé l'avertissement contre la consommation de salades, concombres et tomates crus, qui a coûté très cher aux agriculteurs européens.

Des bactéries Eceh de la souche 0104, particulièrement virulente et résistante, ont été découvertes dans un sachet de graines qui provenait, selon les premiers éléments de l'enquête, de l'exploitation du nord du pays soupçonnée d'être à l'origine de la contamination.

Ce sachet se trouvait dans la poubelle d'une famille dont deux membres avaient été malades après avoir été infectés par la bactérie, a précisé le ministère de la Consommation de Rhénanie.

Dans la matinée, l'Institut Robert-Koch (RKI), chargé de la surveillance et de la lutte contre les maladies, avait formellement désigné les graines germées comme vecteurs de l'infection. Mais il se basait sur des données épidémiologiques.

L'enquête a déterminé que les produits contaminés par la bactérie avaient été cultivés dans une ferme bio du Land de Basse-Saxe. La ferme Gärtnerhof, dans la petite ville de Bienenbüttel, a été fermée le week-end dernier. De nombreuses analyses avaient été menées autour de la ferme, mais sans démontrer la présence irréfutable de la bactérie.

Vecteurs de bactéries

Selon les analyses, «les gens qui ont mangé ces graines ont neuf fois plus de chances d'avoir des diarrhées sanglantes et d'autres signes d'infection par la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh) que ceux qui n'en ont pas mangé», a souligné Reinhard Burger, directeur du RKI, lors d'une conférence de presse à Berlin.

Riches en vitamines et minéraux, les graines germées de lentilles, luzerne, soja, etc... sont devenues populaires en restauration. Elles sont servies notamment dans les salades et les sandwichs. Mais elles sont élevées dans la chaleur et l'humidité et des chercheurs y voient des vecteurs de bactéries pathogènes, comme l'Eceh et la salmonelle.

Bonne nouvelle

En revanche, comme des milliers d'analyses effectuées sur des tomates, des concombres et des salades se sont révélées négatives, l'alerte lancée le 25 mai en Allemagne contre ces aliments a été levée. «C'est une bonne nouvelle pour les maraîchers allemands et européens», a réagi le président de la Fédération des agriculteurs allemands, Gert Sonnleitner.

Cette alerte décrétée face à l'extension de l'épidémie a durement touché les agriculteurs européens, dont les marchandises ont été boudées. Les producteurs espagnols, incriminés à tort au début de la crise, disent avoir perdu 225 millions d'euros (272 millions de francs) par semaine.

L'Union européenne a proposé une aide de 210 millions d'euros aux agriculteurs touchés. La Russie va lever l'embargo qu'elle avait décrété sur les importations de légumes de l'UE, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Il n'a pas précisé quand cela serait fait, mais a indiqué que l'UE enverrait des certificats à la Russie vendredi ou samedi pour permettre de mettre fin à l'embargo.

Pas encore finie

Un nouveau décès a été annoncé vendredi, portant à 31 morts le bilan de l'épidémie. Quelque 3000 malades ont été recensés dans 14 pays en cinq semaines.

Selon les autorités sanitaires allemandes, il semble que «la source d'infection n'est plus active» et «les chiffres de nouveaux malades infectés baissent», même si «l'épidémie n'est pas encore finie». Seules des graines germées sont en cause, «il n'y a pas d'autre piste sérieuse», a assuré M. Burger.

Des dizaines de malades avaient apparemment consommé des produits de l'exploitation de Bienenbüttel, selon le ministre de l'Agriculture de Basse-Saxe Gert Lindemann.

Un producteur espagnol bio de fruits et légumes, Frunet, a saisi en référé jeudi un tribunal de Hambourg pour accéder à des documents des autorités allemandes, en vue d'une éventuelle demande de dommages et intérêts.

(ats)