Présidentielle française

02 mai 2012 14:16; Act: 02.05.2012 15:51 Print

La clé du débat: la communication faciale

par Côme Gallet, Paris/afp - Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à retourner la situation à son avantage lors du débat de ce soir face à François Hollande, comme cela a été le cas en 2007 face à Ségolène Royal?

Les tensions lors du débat de 2007 entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
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En 2007, les études d'opinion après le débat montraient que Nicolas Sarkozy était resté favori contre sa rivale d'alors Ségolène Royal. Cette dernière avait été obligée d'attaquer pour refaire son retard face au candidat de l'UMP. Les deux adversaires s'étaient notamment écharpés sur le nucléaire. Prenant un ton d'institutrice, la socialiste avait lancé une pique: «Vous venez de dire une série d'erreurs, ça peut arriver mais il faudra que vous révisiez un peu votre sujet».

La stratégie de celui qui allait devenir président avait été de faire apparaître l’autre comme quelqu’un qui perd son sang-froid. Lorsque celle-ci s'était énervée, Nicolas Sarkozy avait saisi l'occasion de lui attribuer le grand défaut qui lui était reproché: l'agitation et la perte de contrôle de ses émotions. «Il faut rester calme pour être président de la République», avait-il ainsi dit. Au final, Ségolène Royal, en se montrant offensive et pugnace, avait en contraste permis à Nicolas Sarkozy d'apparaître plus calme, donc incarnant plus la posture d'homme d'Etat.

La sur-importance des expressions faciales

Au lendemain du débat d'entre-deux tours de 2007, René Zayan, spécialiste de la communication non verbale, expliquait que ce «qui est dit représente au maximum 13% de la compréhension de la personnalité du candidat. A 70% c’est le facial, 10% le gestuel et 7% l’intonation et les variations de voix.» Il avait aussi remarqué que Nicolas Sarkozy avait manipulé son stylo pendant les 2h30 de confrontation, signe d'anxiété. La posture de Ségolène Royal, buste en avant, pouvait apparaître comme une position d'attaque tandis que le fait de garder les bras croisés montrait, chez elle, une forme de protection mais aussi de refus d'écoute du contradicteur.

D'autres analystes avaient aussi noté la différence dans le regard des deux candidats. Ségolène Royal avait tendance à regarder son rival, droit dans les yeux, tandis que le regard de Nicolas Sarkozy était souvent tourné vers les deux journalistes animant le débat, comme pour mieux montrer que la socialiste n'était pas à la hauteur de la fonction.