Présidentielle française

03 mai 2012 12:50; Act: 03.05.2012 14:57 Print

Lors du débat, Sarkozy raille le peuple suisse

par Côme Gallet, Paris - Mercredi soir, les deux candidats se sont opposés sur l'avenir du nucléaire. Mais Nicolas Sarkozy a livré des chiffres imprécis et a lancé une pique envers la Suisse.

Extrait du débat durant lequel Nicolas Sarkozy lance une pique envers le peuple suisse.
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Parmi les thèmes abordés lors du débat de l'entre-deux-tours entre François Hollande et Nicolas Sarkozy figurait le nucléaire. L'occasion d'une confrontation de points de vue entre les deux rivaux. Le candidat socialiste a exposé son projet de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, la plus ancienne encore en exploitation en France (depuis 1977). Le président sortant est opposé à cette fermeture et veut continuer à développer le nucléaire sur le territoire français.

Pour expliquer sa décision de fermeture, François Hollande pointe l'âge de Fessenheim et le danger que peut représenter cette centrale puisqu'elle se trouve sur une zone sismique, en bordure du Grand Canal d'Alsace. En réponse Nicolas Sarkozy prend l'exemple de la Suisse: «Juste un mot, les centrales nucléaires en Suisse, qui ne sont pas prévues pour être des gens qui aiment le risque, ont 60 ans, donc le problème n'est pas l'âge. (n.d.l.r.: il s'agit de la retranscription littérale du propos)»

Une pique et deux erreurs

Outre cette moquerie lancée contre le peuple helvète, le raisonnement du président candidat s'appuie sur des chiffres erronés. La construction de la plus vieille centrale nucléaire de Suisse, Beznau (AG), a débuté en 1965, donc il y a moins de 50 ans, et sa mise en service date de 1969. De plus, Nicolas Sarkozy n'a à aucun moment précisé que le Conseil fédéral avait décidé une sortie du nucléaire d'ici 2034.

Dans un autre registre, plus humoristique le duo Omar & Fred avait parodié, dans un sketch du SAV en juin dernier, le calendrier proposé par le gouvernement, moquant la lenteur helvétique.

Poignée de main furtive à la fin du débat