Elections fédérales 2011

20 juin 2011 07:40; Act: 15.07.2011 11:39 Print

Les ambitions du MCG changent la donne

Dopé par ses récents succès électoraux, le Mouvement citoyens genevois (MCG) affiche de grandes ambitions pour les élections fédérales de cet automne.

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Mauro Poggia, avocat et candidat du Mouvement Citoyens Genevois (MCG) aux Chambres fédérales en octobre. (Photo: Keystone)

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Si les recettes populistes du MCG parviennent à le propulser jusqu'à Berne, la configuration de la députation genevoise en sera bousculée.

Habitué à grappiller de l'électorat à droite, mais aussi à gauche, le MCG, qui s'auto-estampille ni de gauche, ni de droite, lance une liste de cinq candidats au National, emmenée par Mauro Poggia. Le parti anti-frontaliers avait raté son entrée sur la scène fédérale en 2007, mais depuis il a pris de l'ampleur en devenant la deuxième force parlementaire du canton (ex-aequo avec les Verts).

Les deux sièges de l'UDC occupés par André Reymond et Yves Nidegger sont les plus menacés, car l'UDC genevoise, même si elle peut compter sur la dynamique du parti au niveau national, est en net recul sur le plan cantonal. La section a misé sur ses deux sortants comme têtes de liste, passant outre les souhaits de certains ténors du parti qui auraient bien vu la jeune présidente Céline Amaudruz mener les troupes.

Les libéraux et les radicaux, fraîchement fusionnés sur le plan cantonal, devraient réussir à conserver leurs trois sièges (deux libéraux et un radical), même s'ils perdent Martine Brunschwig Graf, leur locomotive parlementaire qui ne se représente pas. Les sortants Hugues Hiltpold et Christian Lüscher partent en tête de liste.

Retour de l'extrême gauche

Pour le PDC, l'enjeu est clair: reconquérir le deuxième siège perdu en 2003. Luc Barthassat, qui veut rempiler pour une législature, mènera la liste orange. Enfin, les Vert'libéraux, qui ont fait une timide percée aux dernières élections municipales, revendiquent un siège à la Chambre du peuple.

A gauche, l'un des trois sièges socialistes laissé vide par Jean- Charles Rielle attire les convoitises. Le parti à la rose présente neuf candidats, dont les deux sortants, Carlo Sommaruga et Maria Roth-Bernasconi. Les Verts, qui ont deux sièges, poussent leurs deux représentants actuels, Ueli Leuenberger et Antonio Hodgers, ainsi que neuf autres militants.

L'extrême-gauche, qui avait perdu son unique siège en 2007 à cause de ses divisions, semblerait partir cette fois unie avec des candidats rassemblés sous la bannière «Ensemble à gauche», à l'instar de la plate-forme créée pour les municipales. Une stratégie payante car cette coalition avait gagné des sièges.

Reconquête de la droite

Mais dans le canton du bout du lac, la bataille la plus acharnée aura pour enjeu les deux fauteuils de sénateurs. En 2007, la gauche avait réussi un coup double en plaçant Liliane Maury Pasquier (PS) et Robert Cramer (Verts). L'affront n'a toujours pas été digéré par la droite genevoise qui réfléchit à la meilleure stratégie pour revenir au Conseil des Etats.

Le PLR a placé ses espoirs sur le conseiller national Christian Lüscher. Mais le reste de la droite ne s'aligne pas sans broncher derrière cette candidature. Le cousin de l'Entente - le PDC - doit décider fin juin s'il présente quelqu'un ou s'il soutient le candidat PLR.

Solide ticket

Comme d'habitude, l'UDC et le MCG y vont franco, quitte à négocier après avec les autres. Les démocrates du centre présentent un ticket André Reymond et Yves Nidegger. Et le MCG a désigné Mauro Poggia, Soli Pardo et Patrick Dimier comme candidats.

Mais si elle veut mettre toutes les chances de son côté pour réussir son pari, la droite genevoise a intérêt à se rassembler autour d'un ticket commun. Les tractations en coulisses iront donc bon train jusqu'au dépôt des listes le 8 août. Surtout qu'en face, la gauche se lance avec un solide tandem rose-vert Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer, qui bénéficie en plus de la prime des sortants.

(ats)