Assemblée fédérale

05 décembre 2011 15:31; Act: 05.12.2011 17:00 Print

Les conseillers nationaux ont prêté serment

Le Conseil national étant constitué, ses membres ont prêté serment lundi. Les conseillers nationaux présents ont prononcé les «je le jure» ou «je le promets» dans leur langue.

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Sans opposition, le Conseil national a constaté que les résultats des élections du 23 octobre ont été validés dans tous les cantons et a pris acte du rapport du Conseil fédéral. Il a pris du note du nouveau tirage au sort qui a dû être organisé au Tessin pour déterminer qui des PDC Monica Duca Widmer et Marco Romano pourra siéger. Le dernier l'a finalement emporté.

Aucun élu ne présente d'incompatibilité avec un mandat de conseiller national. Tous ceux qui siégeaient dans des commissions ou des conseils d'administration de sociétés liées à la Confédération ont décidé de céder leur place.


Discours d'ouverture


Le socialiste st-gallois Paul Rechsteiner, plus ancien membre du Conseil national, et son camarade de parti valaisan Mathias Reynard, plus jeune élu de cette Chambre, ont prononcé les discours d'ouverture.

Dans son intervention, Paul Rechsteiner s'en est principalement pris au système financier. Ce dernier «doit être utile à la population et pas l'inverse», a déclaré le conseiller national, également président de l'Union syndicale suisse (USS).

L'évolution du secteur financier est en partie responsable de la grande crise que traverse l'Europe, a-t-il estimé. «Nous devons redéfinir nos rapports avec l'Union européenne» et les acquis suisses doivent être garantis, a affirmé le St-Gallois de 57 ans, qui siégera au National jusqu'à sa prestation de serment au Conseil des Etats prévue lundi prochain.

Conseiller national depuis 25 ans, il a dressé une rétrospective du quart de siècle écoulé. Il s'est souvenu du Parlement de 1986, sans ordinateurs portables ni votes électroniques. A l'époque, les effets de la guerre froide se ressentaient en Suisse, de même que les retombées de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, a-t-il affirmé.


Suisse de demain


Le benjamin de la Chambre du peuple Mathias Reynard a pour sa part relevé qu'il n'était pas né lors de l'élection du doyen de fonction, faisant rire ses collègues. Dans son discours en français, allemand et italien, l'enseignant de 24 ans a évoqué ses rêves pour la Suisse de demain.

«Si la politique ne permettait pas d'espérer un avenir meilleur, elle n'aurait aucun sens», a-t-il estimé. Et de souhaiter une Suisse de cohésion et de justice sociale, ouverte vers l'étranger et marquée par une solidarité entre les régions et les générations. «Je rêve d'une Suisse performante, à la pointe de la technologie, qui ne laisse personne sur le bord du chemin».

L'UDC thurgovien Hansjörg Walter élu président

Hansjörg Walter est devenu lundi le premier citoyen de Suisse. Le Conseil national a élu l'UDC thurgovien à sa présidence par 185 voix sur 192 bulletins valables. Le président de l'Union suisse des paysans succède pour un an au viticulteur valaisan Jean-René Germanier (PLR).

M.Walter, qui aura 61 ans en février, est le 11e Thurgovien à présider la Chambre du peuple, mais seulement le troisième depuis la fin de la 2e Guerre mondiale, 32 ans après le précédent. Il est UDC comme ses deux prédécesseurs.

Le Thurgovien est passé tout près du Conseil fédéral. Il ne s'en était fallu que d'une petite voix au 3e tour de scrutin, le 10 décembre 2008, pour qu'il vole la vedette à Ueli Maurer, alors élu à la succession de Samuel Schmid. M. Walter avait même devancé son collègue zurichois lors des premiers tours, grâce notamment aux voix du centre.

Appel à la tolérance

Le nouveau président du National en a ainsi appelé à la collaboration et la tolérance dans son allocution inaugurale. S'adressant à une chambre «fortement rajeunie et comptant un groupe supplémentaire», il s'attend à des débats encore «plus dynamiques» en faveur de la population dont une partie souffre de la crise.

La Suisse est un pays où le pouvoir est partagé, où aucun parti ne domine au point de pouvoir imposer seul sa politique, a encore déclaré son premier citoyen. Invitant chacun à venir fêter son élection mercredi dans le canton où le soleil se lève en Suisse, il a précisé vouloir consacrer son année présidentielle à jeter des ponts et nouer des contacts, en particulier avec divers groupements professionnelles et la population.

L'agriculture entre parenthèses

Afin d'éviter tout conflit d'intérêt, l'agriculteur cédera les rênes de l'Union suisse des paysans durant sa présidence du National. Il se retirera même entièrement de cette fonction qu'il occupe depuis 11 ans dans le courant de l'an prochain.

Son travail à la ferme se réduira aussi davantage que d'habitude. A la fois paysanne et secrétaire particulière, son épouse Madeleine et deux employés s'occuperont du domaine et des 36 vaches laitières. Hansjörg Walter entend cependant aussi donner un coup de main aux aurores, avant de prendre le train pour Berne ou en rentrant en fin de soirée. Sans parler des week-ends.

Après une séance marathon, rien ne vaut un tour en tracteur pour se détendre. «Les paysages idylliques autour de Wängi me donnent le calme et la distance nécessaire par rapport à Berne», a-t-il confié à l'ats.

Une verte vice-présidente

Le Conseil national sera présidé selon toute vraisemblance pour la première fois par une élue verte en 2013. L'écologiste bâloise Maya Graf a été portée à la première vice- présidence de la Chambre du peuple lundi par 179 voix sur 190 bulletins valables.

Il faut remonter à 1996 pour voir le National présidé par un élu n'appartenant pas à un des quatre grands partis (UDC,PS,PLR,PDC). Il s'agissait du libéral vaudois Jean-François Leuba. Maya Graf (Verts/ BL), qui aura 50 ans en février, est agricultrice bio. Elle siège au National depuis dix ans et demi.

A la seconde vice-présidence, les conseillers nationaux ont élu le démocrate-chrétien lucernois Ruedi Lustenberger. Agé de 61 ans, ce menuisier qui siège au National depuis 12 ans a été élu par 139 voix sur 160 bulletins valables. Selon le tournus en place, il devrait présider la Chambre du peuple en 2014.

(ats)