Election Conseil fédéral

18 décembre 2011 10:51; Act: 18.12.2011 12:34 Print

Blocher admet que des erreurs ont été faites

Christoph Blocher a reconnu dans un entretien publié dimanche que l'UDC a commis des erreurs lors de l'élection au Conseil fédéral mercredi.

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

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Christoph Blocher admet que des erreurs ont été faites lors de l'élection au Conseil fédéral, mais continue de soutenir que la stratégie de l'UDC était «claire». Le conseiller national UDC affirme par ailleurs que le partenariat avec le PLR appartient au passé.

«Peut-être qu'on a fait quelques erreurs» mercredi lors de l'élection au Conseil fédéral et auparavant dans la gestion de «l'affaire Zuppiger», admet Christoph Blocher dans une interview publiée par «Le Matin Dimanche». Mais la stratégie suivie par l'UDC le 14 décembre était «claire, nous voulions obtenir le deuxième siège auquel nous avons droit».

Le Zurichois estime en revanche qu'en suivant la proposition socialiste (s'attaquer à un siège PRL et non à celui de Eveline Widmer-Schlumpf), le siège aurait été gagné «grâce à une injustice, sans respecter la concordance».

«Nous ferons notre autocritique» dans le groupe mardi prochain, ajoute M. Blocher. Il dit se réjouir des débats et discussions qui auront lieu à cette occasion, notamment des apports de la nouvelle génération qui «pense pouvoir faire mieux».

Fin de l'alliance avec le PLR

Christoph Blocher juge par ailleurs que l'alliance entre l'UDC et le PLR appartenait au passé bien avant mercredi dernier. Si «le communiste» Paul Rechsteiner (PS/SG) et Hans Stöckli (PS/BE) ont été élus au Conseil des Etats, c'est grâce au soutien des libéraux- radicaux, selon le politicien de 71 ans.

En ce qui concerne les décisions futures, M. Blocher s'en remet aux délégués du parti: à eux de décider en mai, lors de la reconduction des instances du parti, s'ils souhaitent leur démission. «Peut-être faudra-t-il revoir la forme de cette présidence avec six vices-présidents», remarque-t-il.

Peur de l'opposition

Quant à l'avenir du parti dans le gouvernement, lui-même pense qu'Ueli Maurer ne devrait pas quitter le Conseil fédéral. Il ajoute toutefois que c'est «le parti qui décidera».

Pour le conseiller national zurichois, «le mot opposition fait peur» à la base du parti pour le moment, «car il implique un changement de politique, l'abandon d'un système de concordance pour faire place à un système de coalition». En attendant, il promet de de «renforcer» l'action de l'UDC «face à ce gouvernement et ce Parlement dans lesquels la gauche prétend endosser les responsabilités».

Finalement, Christoph Blocher ne se dit «pas du tout» intéressé par le poste de chef de groupe parlementaire, dont le conseiller national Caspar Baader (BL) démissionnera à la fin du mois.

(ats)