Berne

14 décembre 2011 08:38; Act: 14.12.2011 09:40 Print

Micheline Calmy-Rey prend congé du Parlement

Micheline Calmy-Rey quitte la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois.

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

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Micheline Calmy-Rey a avant tout évoqué ses neuf ans passés aux affaires étrangères en prenant congé mercredi du Parlement.

Durant une quinzaine de minutes, en français et en allemand, elle a livré un plaidoyer en faveur du rôle de la Suisse dans le monde et de sa manière de le tenir. Avec sa devise: discuter avec tout le monde, les plus grands si possible, qui ne sont pas forcément ceux d'hier, a-t-elle précisé en évoquant l'Inde ou la Chine.

Micheline Calmy-Rey est convaincue que le monde multipolaire et globalisé d'aujourd'hui offre d'importants défis mais avant tout une énorme chance à la Suisse. Pour faire valoir ses intérêts, elle doit renforcer sa présence internationale. «Qui reste en marge, passif, affaiblit nos intérêts nationaux. Il limite notre influence et nos possibilités», a déclaré la ministre des affaires étrangères.

Avec plusieurs centres de décision et des problèmes globaux que même le pays le plus puissant de la planète ne peut résoudre à lui seul, l'environnement international offre aujourd'hui de meilleures conditions à la Suisse de faire entendre sa voix qu'au temps de la guerre froide. Elle doit s'y prendre de manière multilatérale, en prenant langue avec tous les acteurs.

Audace, courage et ouverture

Micheline Calmy-Rey a tiré un parallèle entre 1848 et nos jours. Quand la Suisse moderne a été créée, le continent vivait de grands désordres. Elle a alors fait preuve d'audace, de courage et d'ouverture en décidant de regarder l'avenir avec sérénité et de saisir sa chance. Le monde connaît aujourd'hui à nouveau de violentes turbulences et la Suisse doit retrouver ce courage pour croire en l'avenir.

C'est ce que la ministre des affaires étrangères s'est efforcée de faire tout au long de ses neufs ans passés dans ce seul département, rappelant les principaux axes de sa politique. En raison de l'évolution des dernières années, la politique extérieure de la Suisse est cependant menacée de blocage, a-t-elle reconnu.

Avec l'UE, «nous sommes naturellement confrontés à une série de questions auxquelles nous n'avons pas encore de solution, a précisé la ministre soulignant la difficulté de préparer les discussions à venir. Le Conseil fédéral dispose toutefois d'une stratégie qui ouvre la voie à une nouvelle ronde de négociations bilatérales et à un dialogue sur l'application des accords conclus jusqu'à présent.

La conseillère fédérale a été vivement applaudie par les parlementaires fédéraux, debout, au terme d'une allocution de «femme d'Etat», comme l'a dit Hans Altherr, le président de l'Assemblée fédérale.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • DoD T le 13.12.2011 20:09 Report dénoncer ce commentaire

    GOOOOOO MAILLARD !!!

    Allez Maillard, si t'es élu, tout le canton de Vaud aura congé!!!!!

  • Morgarten le 15.12.2011 15:16 Report dénoncer ce commentaire

    Poulet sans tête !

    Ben oui, hélàs, alors qu'elle avait en mains des atouts sérieux et justifiés, la direction de l'UDC s'est entêtée dans une stratégie ridicule en ne présentant personne contre la néo-socialiste EWS, puis en lançant dans la mêlée ce pauvre Rime qui n'y a rien compris. La masse votante de l'UDC est déçue et va exiger de grands changements au sein d'une direction complètement dépassée. De plus,au vu des infâmes magouilles parlementaires, on se sent de plus en plus déterminés à demander une élection du CF par le peuple.Certainement pas pire que l'actuelle mascarade.

  • Olivier le 14.12.2011 13:06 Report dénoncer ce commentaire

    Faites ce que je dis, pas ce que je fais

    Les socialistes c'est "faites ce que je dis, pas ce que je fais" dans le genre mauvaise foi, on ne fait pas mieux ! Mais faut dire qu'avec les gamins de l'UDC, la droite n'est pas mieux....

Les derniers commentaires

  • Zemmour le 16.12.2011 08:12 Report dénoncer ce commentaire

    La presse a suffisament comploté

    A voir les censures et les partis pris organisés par la presse, le 2ème complot, pas encore avoué, est évident. En plus la Salerno ne doit pas être la seule à payer des intervenants sur le net pour manipuler les lecteurs. L'UDC a présenté des mous pour faire la démonstration qu'il n'y avait aucune volonté de concordance. Ce faisant LES AUTRES PARTIS DEMONTRENT QU'IL REPRESENTENT UNE DICTATURE, celle de la gauche et de ses avatars néo-marxistes qui squattent dans les autres partis. Et cet empoté de Blocher n'a encore rien remarqué.

  • Morgarten le 15.12.2011 15:16 Report dénoncer ce commentaire

    Poulet sans tête !

    Ben oui, hélàs, alors qu'elle avait en mains des atouts sérieux et justifiés, la direction de l'UDC s'est entêtée dans une stratégie ridicule en ne présentant personne contre la néo-socialiste EWS, puis en lançant dans la mêlée ce pauvre Rime qui n'y a rien compris. La masse votante de l'UDC est déçue et va exiger de grands changements au sein d'une direction complètement dépassée. De plus,au vu des infâmes magouilles parlementaires, on se sent de plus en plus déterminés à demander une élection du CF par le peuple.Certainement pas pire que l'actuelle mascarade.

  • un citoyen le 15.12.2011 13:21 Report dénoncer ce commentaire

    Gauche comme Droite...

    L'attitude de TOUS les partis a été scandaleuse ; d'un côté une UDC arrogante dirigée par un petit club de dinosaures qui n'a guère établit de stratégie plausible, de l'autre un PS et un PLR plus qu'arrogant, défendant de connivence ardemment leurs petits privilèges et justifiant leurs agissement en prétendant que la concordance "n'est qu'une question d'interprétation" (alors qu'il s'agit d'une formule arithmétique très simple et invariable), la réélection dincompétents, tous partis confondus... Bref, une belle mascarade où le Peuple est, une fois encore, perdant.

  • éthiquettes le 15.12.2011 13:19 Report dénoncer ce commentaire

    Bof bof......

    Bah, la presse est en grande majorité à gauche. C'est plus un secret, on sait d'avance que l'udc, les radicaux vont être descendus en flèche et que la gauche va être bénie, à quelques exceptions près dans les articles les concernant. Donc rien de nouveau sous les tropics. Moi, ça me fait rien, juste que c'est pas très original et que la prise des positions des journalistes se fait de moins en moins discrètes même à la télé. Ca fait pas avancer quoi que ce soit, mais c'est divertissant.

  • Mitch le 15.12.2011 13:01 Report dénoncer ce commentaire

    Mouvement des Indignés

    Laissons 1-2 sièges du CF au mouvement des Indignés. Peut-être en sortira-t-il quelque chose.