Berne

13 décembre 2011 07:42; Act: 14.12.2011 17:39 Print

Une gifle pour l'UDC

Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC.

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

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Une faute?

Le parti n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition.

Malgré la grande agitation avant le renouvellement du Conseil fédéral, aucun bouleversement ne s'est donc produit. Le Parlement a préféré miser sur la continuité et compléter l'exécutif par un candidat du sérail.

Sous la Coupole, Alain Berset, 39 ans, est considéré comme un poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté au Conseil des Etats, dont il a assumé la présidence en 2009. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté.

Le Fribourgeois était donné comme favori. Son élection pour succéder à la démissionnaire Micheline Calmy-Rey a été la seule un peu disputée du jour. Mais il n'a suffi que de deux tours à l'économiste pour remporter la mise avec 126 voix, soit trois de plus que la majorité absolue.

Au grand dam de l'Arc lémanique, le conseiller d'Etat vaudois Pierre-Yves Maillard a dû se contenter de 63 suffrages, l'UDC Jean- François Rime de 54. Au premier tour, les deux candidats malheureux étaient arrivés à égalité avec 59 voix, la Tessinoise Marina Carobbio, écartée par son parti lors des primaires, en grappillant 10.

Pas de suspense

Pour les conseillers fédéraux sortants, les choses sont allées encore plus vite. Après la réélection sans surprise de Doris Leuthard, plébiscitée avec 216 voix, la PBD Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas eu de peine à conserver son siège. Elle a même été brillamment élue à la présidence de la Confédération avec 174 voix (211 valables).

C'est pourtant son siège que l'UDC visait au premier chef en invoquant la concordance et le poids électoral insuffisant du PBD pour siéger au gouvernement. Le soutien du PLR n'y a pas suffi.

A eux deux, UDC et PLR disposaient d'un potentiel de 102 voix, les deux candidats démocrates du centre n'ont guère mobilisé au-delà. Le Thurgovien Hansjörg Walter a recueilli 63 voix, le Fribourgeois Jean-François Rime 41. Eveline Widmer-Schlumpf a confortablement conservé son fauteuil par 131 voix sur 239 valables.

L'unique ministre UDC Ueli Maurer a lui aussi été confirmé sans problème dans ses fonctions par 159 voix sur 226 bulletins valables. Il a égaré 41 voix au profit de Hansjörg Walter et 13 en faveur du conseiller aux Etats écologiste Luc Recordon.

L'UDC a laissé passer un siège avant de régler ses comptes après de vives discussions entre partis dans les travées du National. Cela a permis au ministre de l'intérieur libéral-radical Didier Burkhalter de conserver son fauteuil avec le très bon score de 194 voix sur 232 bulletins valables.

Attaque tous azimuts

Le parti de Christoph Blocher n'a annoncé qu'ensuite qu'il attaquerait tous les sièges restants avec Jean-François Rime, le Thurgovien Hansjörg Walter n'étant plus dans la course. «En élisant Eveline Widmer-Schlumpf, vous avez rompu la concordance», a justifié le chef de groupe Caspar Baader à l'adresse de la gauche, du PDC et de «plusieurs libéraux-radicaux».

Faux, a répliqué la cheffe du groupe PLR Gabi Huber, accusant à son tour l'UDC de briser la concordance en s'en prenant au libéral- radical Johann Schneider-Amman.

Echec total

Les démocrates du centre ont continué de faire chou blanc. La socialiste Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix sur 242 bulletins valables, ne concédant que 61 suffrages à Jean-François Rime, soit le total du groupe UDC. Le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann n'a pas plus tremblé: il a été confirmé par 159 voix sur 234 bulletins valables, contre 64 voix à son concurrent UDC.

Maigre consolation, l'UDC a réussi à obtenir la vice-présidence du Conseil fédéral à son représentant Ueli Maurer. Mais le ministre de la défense n'a été élu que par 122 voix sur 170 valables. Ses jours au gouvernement pourraient en outre être comptés, si son parti décidait de se venger en quittant l'exécutif après la gifle de mercredi.

(20 minutes/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Zemmour le 16.12.2011 08:12 Report dénoncer ce commentaire

    La presse a suffisament comploté

    A voir les censures et les partis pris organisés par la presse, le 2ème complot, pas encore avoué, est évident. En plus la Salerno ne doit pas être la seule à payer des intervenants sur le net pour manipuler les lecteurs. L'UDC a présenté des mous pour faire la démonstration qu'il n'y avait aucune volonté de concordance. Ce faisant LES AUTRES PARTIS DEMONTRENT QU'IL REPRESENTENT UNE DICTATURE, celle de la gauche et de ses avatars néo-marxistes qui squattent dans les autres partis. Et cet empoté de Blocher n'a encore rien remarqué.

  • Jaciel le 14.12.2011 13:42 Report dénoncer ce commentaire

    Attrait du pouvoir...

    Mme Éveline Widmer-Schlumpf devrait avoir le respect de la concordance et démissionner. Être au Conseil fédéral quand on représente seulement 5% de la population n'est pas acceptable. Ce hold-up profite à la manigance des autres partis. Que cette conseillère fédérale consente à jouer ce jeu en dit long sur son respect de la démocratie. Attrait du pouvoir, quand tu nous tient...

  • minerve le 14.12.2011 13:01 Report dénoncer ce commentaire

    Merci de nosu avoir laissé Maillard

    C'et avec regret que j'aurais vu partir M. Maillard à Berne. Il est trop précieux ici dans le Canton de Vaud. Comme le suggère Pénélope son passé de syndicaliste n'a pas plu. Et même s'il avait été élu à Berne on ne lui aurait sans doute pas confié les affaires sociales.... Nous gardons un homme précieux.

Les derniers commentaires

  • Zemmour le 16.12.2011 08:12 Report dénoncer ce commentaire

    La presse a suffisament comploté

    A voir les censures et les partis pris organisés par la presse, le 2ème complot, pas encore avoué, est évident. En plus la Salerno ne doit pas être la seule à payer des intervenants sur le net pour manipuler les lecteurs. L'UDC a présenté des mous pour faire la démonstration qu'il n'y avait aucune volonté de concordance. Ce faisant LES AUTRES PARTIS DEMONTRENT QU'IL REPRESENTENT UNE DICTATURE, celle de la gauche et de ses avatars néo-marxistes qui squattent dans les autres partis. Et cet empoté de Blocher n'a encore rien remarqué.

  • Morgarten le 15.12.2011 15:16 Report dénoncer ce commentaire

    Poulet sans tête !

    Ben oui, hélàs, alors qu'elle avait en mains des atouts sérieux et justifiés, la direction de l'UDC s'est entêtée dans une stratégie ridicule en ne présentant personne contre la néo-socialiste EWS, puis en lançant dans la mêlée ce pauvre Rime qui n'y a rien compris. La masse votante de l'UDC est déçue et va exiger de grands changements au sein d'une direction complètement dépassée. De plus,au vu des infâmes magouilles parlementaires, on se sent de plus en plus déterminés à demander une élection du CF par le peuple.Certainement pas pire que l'actuelle mascarade.

  • un citoyen le 15.12.2011 13:21 Report dénoncer ce commentaire

    Gauche comme Droite...

    L'attitude de TOUS les partis a été scandaleuse ; d'un côté une UDC arrogante dirigée par un petit club de dinosaures qui n'a guère établit de stratégie plausible, de l'autre un PS et un PLR plus qu'arrogant, défendant de connivence ardemment leurs petits privilèges et justifiant leurs agissement en prétendant que la concordance "n'est qu'une question d'interprétation" (alors qu'il s'agit d'une formule arithmétique très simple et invariable), la réélection dincompétents, tous partis confondus... Bref, une belle mascarade où le Peuple est, une fois encore, perdant.

  • éthiquettes le 15.12.2011 13:19 Report dénoncer ce commentaire

    Bof bof......

    Bah, la presse est en grande majorité à gauche. C'est plus un secret, on sait d'avance que l'udc, les radicaux vont être descendus en flèche et que la gauche va être bénie, à quelques exceptions près dans les articles les concernant. Donc rien de nouveau sous les tropics. Moi, ça me fait rien, juste que c'est pas très original et que la prise des positions des journalistes se fait de moins en moins discrètes même à la télé. Ca fait pas avancer quoi que ce soit, mais c'est divertissant.

  • Mitch le 15.12.2011 13:01 Report dénoncer ce commentaire

    Mouvement des Indignés

    Laissons 1-2 sièges du CF au mouvement des Indignés. Peut-être en sortira-t-il quelque chose.