Conseil fédéral

04 décembre 2011 09:15; Act: 04.12.2011 10:34 Print

Le PS soutient Eveline Widmer-Schlumpf

Pour les élections du 14 décembre, le Parti socialiste sera derrière la conseillère fédérale PBD.

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Eveline Widmer-Schlumpf (PBD) sera soutenue par le Parti socialiste. (Photo: Keystone)

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A dix jours de l'élection du Conseil fédéral, le PS annonce son soutien à Eveline Widmer-Schlumpf (PBD). «Les présidences du parti et du groupe parlementaire se prononcent unanimement pour sa réélection», a dit Ursula Wyss, la cheffe du groupe, à la «NZZ am Sonntag».

Le président du parti, Christian Levrat, affirme pour sa part, dans des entretiens avec plusieurs journaux, que la direction du parti va proposer mardi au groupe parlementaire de réélire Mme Widmer-Schlumpf. Le Fribourgeois n'exclut par ailleurs pas l'élection d'un deuxième UDC, au détriment du PLR.

Le PS soutient Mme Widmer-Schlumpf pour plusieurs raisons, explique Christian Levrat dans «Le Matin Dimanche». Premièrement, «elle est une bonne ministre des finances», même si le PS avait des réserves quant à son action au Département fédéral de justice et police. Deuxièmement, le centre s'est renforcé lors des élections fédérales et les forces additionnées du PDC et du PBD justifient ce siège.

«Troisièmement, ensemble, le PLR et l'UDC ont perdu 16 sièges. Ils ne sont de loin pas majoritaires au Parlement. Il n'y a pas de raison qu'ils le soient au Conseil fédéral. C'est une question d'équilibre et de respect du choix des citoyens», souligne le président du PS.

Selon lui, son parti peut collaborer avec le centre sur plusieurs thèmes importants. Et de citer l'avenir énergétique avec la sortie du nucléaire, la politique familiale et le développement des infrastructures en général.

L'UDC contre le PLR

Le PS n'exclut pas de soutenir un deuxième UDC au gouvernement, mais à condition que «l'UDC nous dise si elle lance ou non son ticket contre le PLR. Nous voulons une réponse avant le 14 décembre afin que notre groupe parlementaire puisse se prononcer, ainsi que les autres partis. L'élection doit être transparente. Elle ne doit pas se transformer en une immense loterie», précise M. Levrat.

Le PS auditionnerait les deux candidats UDC Bruno Zuppiger et Jean-François Rime s'ils se présentent contre un siège du PLR. Si l'UDC refuse d'entrer en matière, «alors ce sera de sa faute si elle n'obtient pas son second siège et on considérera qu'elle y aura renoncé elle-même», estime le conseiller national fribourgeois.

Christian Levrat part de l'idée qu'il s'agit surtout de débattre du scénario qui verrait Bruno Zuppiger se présenter contre Johann Schneider-Ammann. «Le candidat de l'UDC le plus solide est Zuppiger. Le plus faible des radicaux est Schneider-Ammann. C'est donc un match alémanique», selon le président du PS.

Interrompre l'élection si nécessaire

Son homologue de l'UDC, Toni Brunner, ne voit pas les choses de la même manière. Si le Parlement n'est pas prêt à élire un second UDC à la place de Mme Widmer-Schlumpf, son parti garde toutes les options ouvertes. «L'UDC pourrait demander une interruption de l'élection pour redéfinir sa stratégie», explique-t-il dans «Le Matin Dimanche» et «Der Sonntag».

Il faudrait alors qu'une majorité accepte cette proposition. «J'imagine que nous ne serons pas les seuls à devoir rediscuter de la suite du processus électoral», analyse le conseiller national st- gallois.

Avec le ticket Zuppiger-Rime, l'UDC veut montrer qu'elle est prête à prendre ses responsabilités gouvernementales en présentant deux personnes aux compétences reconnues, explique Toni Brunner. «Je n'ai jamais entendu quelqu'un dire que Jean-François Rime et Bruno Zuppiger n'étaient pas éligibles! Les autres partis auront de la peine à se défiler».

Le St-Gallois «espère que tout le monde comprendra qu'il vaut mieux avoir le premier parti de Suisse pleinement représenté au Conseil fédéral et prêt à trouver des solutions que marginalisé».

Toni Brunner n'exclut pas d'attaquer un siège du PS. Car s'il soutient Eveline Widmer-Schlumpf, «je le vois mal ensuite revendiquer deux sièges au Conseil fédéral selon le principe de la concordance qu'il a refusé d'appliquer à d'autres», dit-il.

(ats)