Réactions UDC

14 décembre 2011 13:11; Act: 14.12.2011 17:01 Print

«Ce n'est pas un bon jour pour la Suisse»

Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a regretté mercredi la non élection des candidats UDC face à Eveline Widmer- Schlumpf, du PBD.

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

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«Ce n'est pas un bon jour pour la Suisse», a déclaré le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer depuis le restaurant Kreuz à Berne où sont réunis les militants de l'UDC.

M. Maurer a précisé à l'ats que ses propos n'étaient pas dirigés contre la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf. Il s'agit bien plus du principe de la concordance, a-t-il dit.

Le ministre la tête de la Défense a néanmoins a rassuré les partisans de l'UDC: «Le parti s'en remettra». «Nous sommes habitués à combattre et nous le ferons», a-t-il ajouté.

C'est relativement rare qu'un conseiller fédéral en fonction commente publiquement l'élection au Conseil fédéral. Le Zurichois a obtenu une standing ovation de la part de ses supporters au moment de l'annonce de sa réélection.

«L'UDC a agi de manière chaotique

Comme d'autres responsables de parti, le président des Verts décerne un bonnet d'âne à l'UDC pour son comportement lors de l'élection du Conseil fédéral. L'UDC «a agi de manière chaotique», a lancé M. Leuenberger sur les ondes de la radio alémanique DRS.

«L'UDC a tout fait pour ne pas obtenir de deuxième siège». M. Leuenberger s'est dit convaincu que l'UDC ne voulait pas d'un deuxième ministre. Le parti de Christophe Blocher s'est comporté de manière brouillone, a lancé ses candidats trop tard dans la course et a montré qu'il n'était pas mûr pour un deuxième siège.

Le retrait du gouvernement discutée

La base de l'UDC sera partagée sur un éventuel retrait du gouvernement, selon le politologue Andreas Ladner. «Certains membres ne sont pas satisfaits de la stratégie de la direction du parti et pourraient plutôt vouloir changer cela», a-t- il ajouté.

«C'est peut-être la fin du règne des trois B (Blocher-Brunner- Baader)», a déclaré mercredi à l'ats le professeur à l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP). La stratégie du parti était «peu claire».

«L'UDC a refusé de répondre à l'offre socialiste de reprendre le siège PLR de Johann Schneider-Ammann et finalement a quand même décidé de l'attaquer», observe Andreas Ladner. Selon lui, l'UDC ne voulait être au gouvernement que si la majorité était clairement à droite (2 UDC 2 PLR) et donc attaquer le siège d'Eveline Widmer- Schlumpf.

Pour le politologue, l'attaque de l'UDC contre le siège PLR va «ternir la relation» entre les deux partis. Le PLR risque de se rapprocher des autres partis pour garantir une stabilité au pays. Sur certains thèmes communs, les deux partis trouveront toutefois toujours des points de convergence.

«L'UDC a fait ce que je lui déconseillais»

Le président des Vert'libéraux Martin Bäumle critique la voie choisie par l'UDC pour l'élection du Conseil fédéral. «La semaine passée, le week-end passé et ces derniers jours, elle a fait exactement ce que je lui déconseillais», a-t-il dit à la radio alémanique DRS.

L'UDC n'a pas eu de stratégie et a ainsi saboté l'affaire elle- même, a souligné Martin Bäumle. Pour le conseiller national zurichois, le Conseil fédéral a mené une bonne politique dans sa composition actuelle - avec deux sièges au PS, deux au PLR ainsi qu'un à l'UDC, au PDC et au PBD. M. Bäumle est persuadé que cela va continuer.

Dommage pour Jean-François Rime (UDC), qui est resté en course, car il restera comme le perdant dans tous les tours de scrutin où il s'est présenté, a relevé le président vert'libéral. Quant au président du Conseil national, Hansjörg Walter (UDC), il a sauvé son honneur en retirant sa candidature, estime M. Bäumle.

Epreuve de vérité pour le parti

Pour le président du PBD Hans Grunder, le groupe parlementaire UDC se trouve après l'élection au Conseil fédéral devant l'épreuve de vérité. «Dans les prochaines années, plusieurs personnes vont devoir s'en aller», a-t-il indiqué à la radio alémanique DRS, faisant allusion aux élus peu enclins à collaborer.

D'un point de vue arithmétique, l'UDC a droit à deux sièges pour la prochaine élection au Conseil fédéral en 2015, indique M. Grunder. Le parti de Christoph Blocher a par conséquent maintenant le temps de «faire ses devoirs».

(ats)