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10 décembre 2011 21:40; Act: 20.01.2012 10:58 Print

Les Palestiniens, «un peuple inventé»

Newt Gingrich, actuel favori de la course républicaine à la Maison Blanche, a provoqué de vives réactions en qualifiant les Palestiniens de peuple «inventé».

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M. Gingrich, qui affronterait M. Obama en novembre 2012 s'il remportait les primaires républicaines. (Photo: Keystone/AP)

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Newt Gingrich a provoqué de vives réactions en qualifiant les Palestiniens de peuple «inventé», remettant en cause la solution à deux Etats et la politique américaine au Proche-Orient.
La politique américaine au Proche-Orient, comprend depuis les années 1990 --sous différents présidents, démocrates et républicains,-- l'idée que la solution au conflit passe par un Etat palestinien au côté d'Israël.

Mais dans un entretien accordé à la chaîne américaine Jewish Channel et diffusé vendredi, l'ancien président de la Chambre des représentants a raillé les efforts de l'administration du président Obama en faveur de la paix au Proche-Orient. M. Obama et son administration «se font des illusions» sur la situation au Proche-Orient, a-t-il martelé.

«Nous sommes en présence d'un peuple palestinien inventé, qui est en fait un peuple arabe, et qui faisait historiquement partie de la communauté arabe», a observé M. Gingrich. Selon lui, les Palestiniens, «avaient la possibilité d'aller n'importe où. Mais pour un certain nombre de raisons politiques, nous (les Etats-Unis) avons entretenu cette guerre contre Israël depuis les années 1940 et je trouve que c'est tragique».

Remarques vulgaires

Ces déclarations ont provoqué samedi une réaction courroucée de l'autorité palestinienne. Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a exprimé son indignation, réclamant de M. Gingrich qu'il s'excuse pour ses «remarques vulgaires, blessantes et ridicules».

Il a estimé que ses propos «constituent une distorsion totalement inacceptable de la vérité historique», soulignant qu'en Israël «même les plus extrémistes des colons n'oseraient pas parler de façon aussi ridicule».

M. Gingrich, qui affronterait M. Obama en novembre 2012 s'il remportait les primaires républicaines qui seront organisées dans chaque Etat au premier semestre, a estimé que sa vision du monde était «assez proche» de celle du Premier ministre israélien de droite Benjamin Netanyahu.

Existence niée

Jusqu'aux années 1980, des dirigeants israéliens, en particulier le Premier ministre Golda Méir (de 1969 à 1974), niaient l'existence d'un peuple palestinien, une position que seule la droite la plus extrême continue à défendre de nos jours.

Pour enfoncer le clou, M. Gingrich a assimilé les Palestiniens à des «terroristes». «Etre impartial, entre une démocratie qui respecte l'état de droit, et un groupe de terroristes qui lance des missiles tous les jours, ce n'est pas de l'impartialité, cela revient à favoriser les terroristes», a également lancé le prétendant républicain à la Maison Blanche, un habitué des déclarations choc.

De son côté, le sénateur démocrate américain Carl Levin a réagi samedi en déplorant que le candidat ne propose «aucune solution» et qu'il ne fait que présenter «un bidon d'essence et une allumette».

M. Levin a estimé que «la grande majorité des juifs américains (y compris moi-même) et le gouvernement israélien lui-même sont pour une solution à deux Etats dans laquelle Israéliens et Palestiniens puissent vivre côte à côte».

Le sénateur a ajouté que ces déclarations n'allaient pas aider les ambitions présidentielles de M. Gingrich.

Cette semaine, lors d'un forum organisé par la «Coalition juive républicaine» à Washington, les candidats républicains, dont M. Gingrich, ont fustigé le manque de soutien, à leurs yeux, de l'administration du président Barack Obama envers Israël.

Mais aucun n'avait remis en cause aussi directement l'aspiration des Palestiniens à un Etat.

(afp)