Elections communales

02 mars 2011 12:59; Act: 02.03.2011 13:09 Print

Montée en puissance de l'UDC à Lausanne

Le 13 mars, les Vaudois sont amenés à renouveler leurs autorités communales. A Lausanne, avec l'UDC, le débat est animé.

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Le canton de Vaud renouvelle le 13 mars ses autorités communales. La campagne s'est révélée beaucoup plus animée qu'il y a cinq ans, en grande partie à cause de l'UDC qui a redessiné le paysage politique. A Lausanne, la gauche compte maintenir sa forte majorité.

Syndic de Lausanne depuis 2001, Daniel Brélaz se représente pour la dernière fois à l'exécutif. Réélu au premier tour en 2006, l'écologiste a livré récemment son sentiment: le statu quo va se maintenir à l'exécutif de Lausanne, dirigé par la gauche depuis 1989.

Forte majorité

Si le pronostic se vérifie, Lausanne continuera d'être gouvernée par six municipaux rose-rouge-vert et un PLR. Outre Daniel Brélaz, son collègue de parti Jean-Yves Pidoux se représente, tout comme le popiste Marc Vuilleumier. Pour les socialistes, la donne est moins limpide, hormis pour Oscar Tosato qui rempile.

Le PS a débarqué son municipal en charge du social, Jean- Christophe Bourquin, alors que la responsable du logement et de la culture Silvia Zamora quitte l'arène. Pour les remplacer, le parti a lancé Grégoire Junod et Florence Germond.

Centre-droit à la peine

Seul rescapé à droite, Olivier Français se représente, en espérant entraîner dans son sillage Marlène Bérard et Mathieu Blanc. Face à ces forces traditionnelles, d'autres partis cherchent à se faire une place. L'UDC Claude-Alain Voiblet est sans doute le plus connu.

Secrétaire général de l'UDC Vaud, conseiller communal à Lausanne, le Jurassien bernois s'est lancé en dernière minute et reconnaît n'avoir que peu de chances. D'autres candidats sont apparus: le Vert libéral Benjamin Leroy-Beaulieu, Manuel Donzé pour Lausanne libre, le PDC Axel Marion, ou Isabelle Paccaud et Hadrien Buclin pour Solidarités.

Nouvelle dynamique

Les jeux sont plus ouverts pour le législatif. Aujourd'hui, 64 conseillers sur 100 penchent à gauche. En comparaison des communales de 2006 jugées «aseptisées», les élections paraissent cette fois très animées.

Le changement s'explique en grande partie par «la crédibilité» acquise par l'UDC, analyse René Knüsel, politologue et professeur à l'Université de Lausanne. «L'UDC a mené une véritable campagne, avec des fonds importants, avec un véritable chef d'orchestre, comme le canton de Vaud n'en avait plus vu depuis longtemps».

Nouvelle donne

«Avec ses méthodes expérimentées à Zurich dans les années 1980, l'UDC réorganise complètement le champ politique. Ce parti va marquer des points». A Lausanne paradoxalement, il sert la majorité de gauche qui a trouvé un vrai adversaire, note René Knüsel.

Les thématiques ne sont plus les mêmes. En 2006, Vaud voyait sa reprise économique arriver. Aujourd'hui, l'embellie lui pose des problèmes: raréfaction des surfaces disponibles, hausse des loyers, densification de l'habitation, saturation des réseaux de transports.

Recomposition territoriale

«Le discours a changé», relève le politologue. Le débat est beaucoup plus vif, par exemple sur les questions d'urbanisme et même au sein de la majorité. La problématique des nuits est emblématique. De gros bourg endormi, Lausanne attire aujourd'hui des milliers de noctambules chaque fin de semaine. De gauche à droite, le monde politique veut mettre le holà aux nuisances.

Une autre évolution a frappé René Knüsel à l'occasion de ce scrutin: «la recomposition territoriale». L'identité et l'appartenance des gens aux communes se relativisent. Cette problématique, qui n'est pas résolue par des fusions de communes, va devenir, selon lui, extrêmement importante.

(ats)