France

04 septembre 2014 10:51; Act: 04.09.2014 16:24 Print

«Elle a encore tous leurs SMS, elle est inarrêtable»

Alors que le livre de Valérie Trierweiler sort ce jeudi en librairie, les réactions fusent dans l'entourage de François Hollande. Le président, lui, est «catastrophé» mais ne portera pas plainte.

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18.05 Valérie Trierweiler n'a pas apprécié que Michel Sapin s'exprime à son sujet. Elle l'a fait savoir via un tweet peu flatteur pour le ministre des Finances. 13.05.15 Dans sa première interview accordée à la presse française, Valérie Trierweiler évoque la relation entre François Hollande et Ségolène Royal. Elle les juge «indissociables». 16.03 Pour sa première apparition télévisée en France après sa rupture avec François Hollande, Valérie Trierweiler a choisi France 3. Elle n'a évoqué que son rôle de marraine du Secours populaire. 12.03: Valérie Trierweiler a mal pris une question que lui a posée le client d'un bar. Elle l'a giflé, il a porté plainte. 05.01.15 Saïda Jawad (gauche), grande amie de Valérie Trierweiler, a acquis les droits de «Merci pour ce moment» et compte en faire un film. L'ex-première dame française Valérie Trierweiler a détaillé dans «Merci pour ce moment» la destruction du couple qu'elle formait avec François Hollande. «Tout ce que j'écris est vrai. A l'Elysée, je me sentais parfois comme en reportage. Et j'ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour», annonce d'emblée Valérie Trierweiler sur la couverture de l'ouvrage reproduite dans l'hebdomadaire «Paris-Match», dont elle est une collaboratrice. «Question secrets d'Etat, il (François Hollande) peut dormir sur ses deux oreilles. Valérie parle d'amours, de déchirures et de passions», précise dans «Paris Match» Catherine Schwaab, qui a lu l'ouvrage. Selon elle, François Hollande aurait d'abord affirmé à Valérie Trierweiler que sa liaison avec Julie Gayet durait depuis un mois, avant de parler de trois, de six et de neuf mois, pour finir à un an. «A la rentrée de septembre 2005, Ségolène Royal apprend notre histoire. Elle annonce aussitôt qu'elle songe à se présenter aux primaires socialistes, dans un entretien à... «Paris-Match» (magazine employant Valérie Trierweiler). Le message est direct, mais François ne prend pas cette déclaration au sérieux.» «Il me raconte qu'elle lui a mis le marché clairement en main: «Si tu quittes cette fille, je te laisse la place. Entre son avenir politique et moi, il doit choisir.» «Tout à commencé un matin de novembre 2010. Alors qu'il s'habille dans notre chambre, il évoque sa candidature à l'élection présidentielle (...) Un voile de pudeur entoure son ambition. Ce tabou saute une seule fois (...) A ma grande surprise, au moment où nous longeons (en voiture) le palais de l'Elysée, il me dit: «Regarde, on passe devant la maison.» Le 22 octobre 2011, un photographe avait immortalisé sur le même cliché François Hollande avec Valérie Trierweiler (centre), Ségolène Royal (gauche) ainsi que Julie Gayet (droite). Ségolène Royal briguant en juin 2012 la présidence de l'Assemblée nationale: «C'est ce qu'il a négocié avec elle lors de son ralliement après le premier tour des primaires socialistes, lorsqu'elle lui a apporté son soutien contre Martine Aubry. Mais officieusement, il assure qu'il n'en veut pas comme troisième personnage de l'Etat. Cette duplicité ne m'étonne pas.» «C'est à peine croyable. Je vois qu'il est déçu de son score. Il ne dit rien, impassible, mais sous son masque, je perçois cette légère déception.» Passation des pouvoirs: Carla Bruni-Sarkozy «a les larmes aux yeux. Je ne devrais pas le dire, mais je suis heureuse que tout s'arrête. Ce sera plus facile pour vous, car les journalistes sont vos amis.» Je lui réponds que ce ne sera sans doute pas si simple. Elle poursuit : «J'ai peur que sans la politique, mon mari perde le sens de sa vie.» «Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche, dit en privé les sans-dents, très fier de son trait d'humour», assène l'ex-première dame. «Lorsqu'il évoque - déjà - Manuel Valls pour remplacer (Jean-Marc) Ayrault, je lui dis: «Tu sais bien que si tu prends Valls, tu lui donnes la voiture et la clé. Et il va se tirer avec. Si, en 2017, tu es en état de faiblesse, il exigera des primaires pour se présenter.» «Si je suis en état de faiblesse, je n'irai pas.» Quand elle dit au président son souhait de l'accompagner à la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, il lui répond: «Je ne vois pas ce que tu viendrais y faire», selon un extrait publié par le quotidien «Le Monde». «Je craque, je ne peux pas entendre ça (la liaison entre Hollande et l'actrice Julie Gayet, ndlr), je me précipite dans la salle de bains. Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères (...) François m'a suivie. Il tente de m'arracher le sac. (...) Il attrape le sac qui se déchire. Des pilules s'éparpillent sur le lit et le sol. Je parviens à en récupérer. J'avale ce que je peux. Je veux dormir. Je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver. (...) Je veux fuir. Je perds connaissance», écrit Valérie Trierweiler, hospitalisée une semaine dans la foulée de cet épisode. Selon «Le Monde», Valérie Trierweiler affirme que François Hollande a coutume de l'abreuver de SMS alors même qu'ils sont séparés. «Jusqu'à 27 en une journée, certains datés du jour de commémoration» du 70e anniversaire du débarquement, le 6 juin, quand le président français accueillait Barack Obama et Vladimir Poutine.» Reste à en mesurer les effets sur l'opinion. Pour le politologue Jérôme Saint-Marie, «contrairement à Nicolas Sarkozy auquel on reprochait d'exposer sa vie privée, François Hollande n'est pas à l'initiative de ce mélange des genres.» Jérôme Fourquet (Ifop) y voit pour sa part une «embûche supplémentaire» susceptible «d'affecter l'une des seules cartes qui restaient au président, son capital de sympathie (...) et de proximité avec les Français». Face à la déferlante d'accusations de Valérie Trierweiler dans son livre paru jeudi, l'Exécutif français, Ségolène Royal et Manuel Valls en tête, a lancé une vaste contre-offensive. Les responsables politiques de la majorité discréditent l'ouvrage, présenté comme une grotesque charge contre François Hollande.

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Après la publication d'extraits du livre de Valérie Trierweiler, qui sort ce jeudi en librairie, François Hollande accuse le coup. Selon «Le Parisien», le président français n'a rien vu venir, même si son ex-compagne l'avait menacé de se venger en prenant la plume. Ce n'est que mardi que le chef de l'Etat a appris la parution de «Merci pour ce moment».

Selon RTL, Valérie Trierweiler a appelé son ex-compagnon pour le prévenir, juste avant le tweet d'une journaliste rendant la nouvelle publique. François Hollande s'est alors rapidement procuré un exemplaire de «Paris Match». C'est là qu'il a découvert les extraits du bouquin. «Je suis catastrophé», a-t-il écrit par SMS à une amie commune. Ceux qui ont croisé le président ce jour-là évoquent un homme «écoeuré, sonné, qui avait le poids du monde sur les épaules». «Il aura tout eu», souffle un proche de Hollande.

«C'est dévastateur. S'il a dit ça, il est fou»

A l'Elysée, le sujet est tabou. Selon «Le Parisien», les proches du chef d'Etat craignent qu'il ne se ferme encore plus et qu'il perde définitivement sa jovialité. Une chose est sûre: François Hollande ne portera pas plainte. Dans son entourage, l'amertume et la rancoeur sont de mise: «Ce qu'elle fait, c'est obscène, indécent, irresponsable alors qu'il est encore en fonctions. Ça va forcément l'écorner. En plus, elle joue les femmes outragées alors qu'elle faisait son mari cocu avec François!», peste un proche du président.

Quant à savoir si le politicien appelle véritablement les pauvres des «sans-dents», ses amis s'interrogent. «C'est dévastateur. S'il a dit ça, il est fou. Il faut respecter les gens, surtout quand tu es élu de Corrèze», réagit l'un d'eux. Certains ne reconnaissent pas leur ami dans le portrait dressé par Trierweiler. D'autres pensent que cette fameuse phrase était une plaisanterie.

«Le Parisien» raconte encore que dans les coulisses du gouvernement, la consternation règne. C'est le coup de grâce. (...) Peu importe combien de bouquins se vendent, le mal est fait, regrette un conseiller gouvernemental. «Il est condamné. C'est une forme d'oraison funèbre. Elle est inarrêtable, elle a encore tous leurs textos. Il ne peut pas tenir trois ans comme ça...», confie un membre du PS, atterré.

(joc)