Crise nucléaire au Japon

14 mars 2011 16:14; Act: 14.03.2011 21:46 Print

Des savants répondent à vos questions

Le séisme et le tsunami, qui a noyé les circuits de refroidissement, ont provoqué des accidents inquiétants à la centrale nucléaire de Fukushima.

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Le tsunami qui a ravagé le Japon le 11 mars 2011 a créé des icebergs géants en Antarctique. Le 19 juillet 2011, le typhon Ma-On approchait de la centrale nucléaire de Fukushima. Le 21 mai, une barge a été amenée près de la centrale nucléaire de Fukushima pour le stockage d'eaux radioactives. Le 11 avril, un mois après le séisme, une minute de silence a été consacrée aux victimes. Le président de Tepco, exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, a aussi fait une minute de silence. Une jeune femme proteste contre le nucléaire. Les travaux de déblaiement continuent. 07.04 Un séisme de magnitude 7,4 a eu lieu à une quarantaine de km des côtes nord-est du Japon, provoquant des coupures de courant. Un mois après le tsunami, le littoral japonais offre toujours le même paysage de désolation. Il faudra des années pour déblayer le gigantesque amas de détritus. Le 22 mars, le personnel a regagné Fukushima, dont les six réacteurs ont été connectés au système électrique. Les employés de la centrale avaient dû quitter les lieux après des fumées, lundi. L'intérieur de la centrale avant le drame. Certains légumes verts sont interdits à la consommation, en raison de la radioactivité qu'ils contiennent. Les enfants rescapés pourraient être les premières victimes de traumatismes psychologiques. La force de la vague. Le Japon enterre ses morts. 18.03 Youtube a proposé son aide pour rechercher les disparus au japon. Le village de Rikuzentakata avant et après le tsunami. Les dégâts faits à la centrale de Fukushima sont importants. Des hélicoptères de l'armée japonaise ont déversé une grande quantité d'eau sur deux réacteurs de la centrale de Fukushima, jeudi 17 mars au matin. Les opérations de secours dans le nord-est du Japon dévastées par le tsunami étaient perturbées mercredi 16 mars ... ... par le froid et des chutes de neige, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les températures ont chuté jusqu'à zéro degré dans les départements d'Iwate, Miyagi et Fukushima, les plus touchés par le tsunami provoqué par le séisme de magnitude 9 survenu vendredi. L'empereur du Japon Akihito s'est adressé mercredi 16 mars à la nation... ... et a déclaré qu'il priait «pour la sécurité du plus grand nombre de gens», dans une allocution télévisée. Le porte-parole du président français Sarkozy est très alarmiste quant à la gravité de l'incident nucléaire dont est victime l'archipel. Contrairement à l'Italie, qui interdit l'importation des produits alimentaires du Japon, la Suisse ne prend pas de mesures pour l'instant. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) surveille toutefois la situation et reste en contact les autorités internationales. Une colonne de fumée s'échappait mercredi 16 mars de la centrale de Fukushima. Les dégâts provoqués aux réacteurs trois et quatre de la centrale de Fukushima. Vue aérienne de la centrale de Fukushima. L'aéroport de Sendai au moment où le tsunami touche le site. Natori sous l'eau. La violence du tsunami à son arrivée à Natori. Mardi 15 mars, une nouvelle explosion est survenue dans la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon. Le nuage radioactif a pris la direction de la mer, mardi 15 mars. Les restes d'un immeuble dans un quartier dévasté de Minamisanrikucho lundi. Deux explosions se sont produites lundi 14 mars en fin de matinée au niveau du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima 1, accidenté à la suite du séisme. Le réacteur a résisté, a assuré peu après l'opérateur, Tokyo Electric Power (Tepco). La possibilité de fuites radioactives est «faible», a ajouté le gouvernement. Le réacteur 1 de Fukushima a souffert après une explosion samedi 12 mars 2011. Dimanche, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français a reconnu qu'une forte radioactivité avait été mesurée après l'explosion. Le séisme n'en finit pas de faire des sinistrés. Les autorités japonaises prennent au sérieux la menace d'un accident nucléaire dans la région de Fukushima. Une explosion a en effet secoué la centrale nucléaire de Fukushima, samedi 12 mars 2011, soit un jour après le séisme qui a ravagé le Japon. Les dégâts sont considérables dans le nord-est du pays. Les secours commencent leur travail. La force des flots a déplacé des bateaux sur des distances importantes. Les voitures ont été balayées comme des fétus de paille. Le nord-est du Japon, touché par le séisme. La zone de Sendai, avant et après le tsunami destructeur. Des personnes ont trouvé refuge à l'Aoyama Gakuin University, à Tokyo. La région de Fukushima a également été durement touchée par le séisme. Des bâtiments ont pris feu... ...et un barrage a cédé. Ce raz-de-marée dévastateur a suivi le séisme le plus violent enregistré au Japon, d'une magnitude de 8,9. Une alerte au tsunami a été émise vendredi. Une usine produisant de la bière a été dévastée par le séisme. Les images TV du séisme de magnitude 8,8, qui s'est produit vendredi 11 mars au large du Japon, sont impressionnantes. Un vaste incendie s'est produit vendredi dans une raffinerie de la ville d'Iichihara, dans la région de Tokyo, après le puissant séisme qui a frappé le nord-est du Japon. Une alerte au tsunami a été lancée en Indonésie. C'est le cinquième pays, après le Japon, la Russie, les îles Mariannes et les Philippines concerné par cette alerte. les dégâts sont très important. Des vagues de 10 mètres ont déferlé sur les côtes nord-est du pays. Le séisme de magnitude 8,8 s'est produit au large des côtes nord-est du Japon. Les dégâts sont très importants, comme ici dans une librairie de Sendai. Les rues de Miyagi sont inondées. Des employés de bureau évacuent leurs locaux. Le gouvernement japonais s'est fait surprendre par le tremblement de terre en pleine séance. Des journaliste de l'AFP, à Tokyo, se protègent sous leur bureau.

Une faute?

Quelles sont les causes possibles qui ont noyé les circuits de refroidissement? Quels sont les scénarios envisageables et les conséquences? Quatre spécialistes français livrent leurs impressions. Il s'agit de Jacques Repussard, directeur général de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), Didier Champion, de la direction environnement, Martial Jorel, de la direction sûreté des réacteurs de l'IRSN, et Olivier Gupta, directeur général de l'Autorité de Sûreté du nucléaire (ASN).

Pourquoi procède-t-on à des relâchements volontaires de vapeurs radioactives?

Ces relâchements volontaires ont pour but d'éviter que l'enceinte abritant le coeur du réacteur ne se fendille sous la pression de la vapeur qui s'accumule. Tant qu'il n'y aura pas de rétablissement du refroidissement, d'autres relâchements de vapeur contaminée hors de l'enceinte seront nécessaires pour éviter qu'elle n'éclate, ce qui serait un accident majeur. Ces relâchements sont effectués à l'aide de vannes actionnées manuellement - faute d'alimentation électrique- par des employés dont le «courage» et «l'héroïsme», compte tenu des risques, sont soulignés.

Pourquoi certains relâchements ont-ils provoqué des explosions ?
Faute de refroidissement, le combustible se dégrade au coeur du réacteur, libérant des produits de fission (crypton, iode radioactive, césium) tandis que l'eau se décompose en oxygène et en hydrogène. Au moment du relâchement de ces gaz, un phénomène explosif d'origine chimique peut se produire en fonction de la composition du mélange oxygène-hydrogène.

Les rejets accompagnés d'explosion entraînent-ils davantage d'émissions radioactives?
Le niveau de radioactivité n'est pas plus important que l'hydrogène explose ou non. Dans toutes ces explosions, l'essentiel est que toute l'enceinte métallique de confinement soit restée intègre. Au moment des explosions, ce qui vole en éclats ce sont des «éléments soufflables» inclus dans l'architecture du bâtiment pour éviter que l'enceinte du réacteur, elle-même, ne subisse des dégâts en cas d'explosion.

L'évacuation de la population jusqu'à une distance de 20 km des réacteurs est-elle adaptée?
Avec les «bouffées» de gaz et de particules radioactives relâchées depuis samedi, les doses se cumulent et la limite de 20 km «paraît raisonnable», disent des experts français qui relèvent que le nuage se dilue à distance. En l'absence d'évacuation, la population aurait reçu des «doses significatives». Aux limites du site, à environ 2 km des réacteurs 1 et 3, une balise a donné samedi, pendant un rejet volontaire, une indication de rayonnement gamma correspondant à 10.000 fois la radioactivité gamma ambiante. Les rayons gamma, plus énergétiques que les rayons X, renseignent sur la radioactivité globale mais pas sur la composition du panache de particules (iode, césium) dont dépendent l'effet de dose sur l'homme et les conséquences sur l'environnement.

Comment est protégé le réacteur d'une centrale nucléaire?

La matière radioactive est séparée de l'environnement par trois barrières: le «crayon» qui enveloppe l'uranium (sous forme de pastilles); la cuve et enfin l'enceinte de confinement. Au Japon, elle est constituée d'un «liner», ou «peau métallique», ancré dans des parois en béton et fermé d'un couvercle. Ce liner est muni de capteurs.

Le risque de tsunami était-il prévu au Japon ?

Le risque d'une vague de 10 mètres de haut avait été prévu dans la conception du circuit de refroidissement. Mais elle a atteint 14 mètres de haut et les installations ont été inondées. Les circuits de secours (diesel) ont également été endommagés.

Qu'est-ce qu'une fusion au sein d'un réacteur?
La fusion correspond à la surchauffe du combustible qui commence à fondre et à couler, comme une bougie. Il devient alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs se désagrègent à leur tour. Une fusion se traduirait par la présence d'un magma appelé corium risquant de percer la cuve en la chauffant et de se retrouver directement dans l'enceinte de confinement. Ce qui provoquerait des rejets massifs d'éléments radioactifs dans l'environnement.

Y a-t-il eu fusion au sein des réacteurs japonais?
Très probablement dans le réacteur no 1, ressort-il des informations disponibles. Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale, n'exclut pas que le combustible du réacteur 2 soit un temps entré en fusion, à cause d'une panne du système de refroidissement.

Cette situation est-elle comparable à celle de Tchernobyl en 1986?
Non, car la centrale de Tchernobyl ne disposait pas d'une enceinte de confinement, mais d'une simple chappe de béton. En outre, à Tchernobyl, il s'agissait d'un emballement de la réaction nucléaire, avec un réacteur en surchauffe, alors qu'au Japon les réacteurs ont été arrêtés 24 heures avant l'explosion.


(afp)