Témoignage

17 mars 2011 12:40; Act: 17.03.2011 12:53 Print

«Tokyo reste d’un calme surréaliste»

par Fabrice Aubert - Le journaliste suisse Simon Matthey-Doret s’est rendu au Japon pour présenter son émission de radio. Il nous raconte son expérience.

storybild

Simon Matthey-Doret présente «Le journal du matin» sur RSR-La Première. (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

Sur ce sujet
Une faute?

«Quand j’ai décollé de Genève, lundi, la situation n’était pas encore alarmante, le risque nucléaire était de 4 sur 7. Mais au moment d’atterrir à Tokyo, nous avons appris qu’une explosion avait eu lieu et que le niveau était alors monté à 6 sur 7. Là, j’avoue que j’ai eu quelques heures d’intranquillité», nous explique Simon Matthey-Doret, joint par téléphone à l’aéroport de Tokyo-Narita juste avant d’embarquer pour rentrer en Suisse.

Le journaliste de la Radio Suisse Romande a passé trois jours dans la capitale japonaise avec son technicien, Sandro Lisci pour y présenter «Le journal du matin» de La Première. Tous
deux avouent être «contents de rentrer».

«Les seuls visages inquiets sont ceux des Occidentaux»

Malgré la menace nucléaire toujours plus grande, les Tokyoïtes restent sereins. «Il y a un calme apparent surréaliste, la population ne montre aucun signe de stress, continue Simon Matthey-Doret. On m’a dit que c’est dans l’esprit des Japonais de ne rien montrer. Mais c’est étonnant. Même si la situation est inquiétante sur le plan nucléaire, il n’y a aucun signe d’affolement. Les seuls visages inquiets sont ceux des Occidentaux. Si on ne sait pas qu’il y a une crise majeure, rien ne permet de le constater, si ce n’est la pénurie de nourriture touchant l’hôtel où nous logions.»

Quant au peu d’informations disponibles de la part des autorités locales, les Japonais «commencent à être très méfiants». Le journaliste romand a ainsi constaté que certaines femmes enceintes ou avec des enfants en bas-âge quittent le nord de Tokyo en direction du sud.

Simon Matthey-Doret affirme avoir vu «très peu de gens» dans les rues de la mégalopole de 35 millions d’habitants. Tous portent des masques. Certains logent dans des hôtels proches de leur lieu de travail pour éviter de se retrouver trop longtemps à l’air libre sur le chemin du retour. Lui-même est d’ailleurs très peu sorti. Le nombre de véhicules sur les routes est aussi fortement réduit en raison d’une pénurie d’essence.

Pas de contrôle de radioactivité au départ de Tokyo

A l’aéroport, pas de panique non plus. Ni de foule de gens pressés de s’en aller. Les deux Suisses devaient repartir avec Lufthansa mais la compagnie a annulé ses vols au départ de Tokyo, tout comme Air China. Ils ont finalement trouvé un créneau avec Swiss. «Nous n’avons été soumis à aucun contrôle de radioactivité jusqu’au moment de monter dans l’avion», précise le journaliste par SMS depuis l’avion qui va le ramener à Zurich en passant par Hong-Kong.