Radioactivité

16 mars 2011 17:34; Act: 16.03.2011 17:38 Print

Les substances nocives pour le corps humain

De grosses quantités de substances radioactives s'échappent de la centrale de Fukushima au Japon.

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Certains rayons portent atteinte à la santé mais tout dépend de la substance et de la dose reçue. Petit tour d'horizon sur la question:

Les effets de la radioactivité sont mesurés en Sievert (Sv). Mardi, les autorités japonaises ont indiqué des valeurs de 400 millisievert par heure dans l'environnement direct de la centrale. A titre de comparaison, l'exposition moyenne d'un Suisse s'élève à 5,5 millisievert par an.

Les effets de la radioactivité dépendent aussi de la durée pendant laquelle le corps est exposé. S'il reçoit une dose durant un court laps de temps, l'organisme est moins bien armé pour y répondre que dans le cas d'une dose similaire absorbée sur une plus longue durée.


Expositions fatales

De hautes doses de rayonnement entraînent des contaminations radioactives aiguës qui conduisent à la mort dans la plupart des cas en quelques jours. Une dose de 4 Sievert (4000 mSv) est fatale pour environ 50% des personnes touchées. Une courte exposition à 5 ou 6 Sievert promet une mort quasi certaine.

Une exposition à des doses plus faibles peut entraîner à long terme un risque accru de cancer. A partir de 100 millisieverts (mSv), 1% des personnes irradiées développent des cancers. La descendance peut aussi être frappée de malformations. Les enfants sont particulièrement sensibles aux radiations.

Différentes substances s'échappent d'un réacteur avec pour chacune d'entre elles un risque spécifique. Les gaz rares radioactifs Xenon 133 et Krypton 85 sont dangereux mais ils se dissolvent très vite dans l'air. Pour qui se trouve au-delà de quelques kilomètres de la centrale accidentée, il n'y a pas de danger.


Cancer de la thyroïde

De faible quantités d'iode 131 et de césium 137 ont été relevées par les autorités japonaises mercredi dans une conduite d'eau à proximité du site accidenté. Bien que la concentration fût classée sans risque, cette découverte est préoccupante: on craint désormais que la radioactivité atteigne la chaîne alimentaire.

L'ingestion d'iode 131 peut rapidement se concentrer dans la glande thyroïde ce qui peut entraîner des cancer de cet organe. C'est pour réduire ce risque qu'on administre aux personnes exposées des tablettes d'iode qui empêche la concentration des substances radioactives.

Une prise préventive de tablettes d'iode n'est cependant pas recommandée, car, selon les experts, en ingérant trop tôt ce produit, on annule l'effet escompté. L'iode 131 a en effet une période radioactive de 8 jours, temps au bout duquel la moitié de la substance est rejetée. La menace de l'iode lors d'un accident nucléaire est ainsi relativement courte.


Chaîne alimentaire

En revanche, il en va tout autrement du Césium 137. Avec une période radioactive de 30 ans, cette substance peut se fixer longtemps sur la chaîne alimentaire. Les aliments et l'eau doivent alors être régulièrement contrôlés. En Suisse, 20 ans après l'accident de Tchernobyl, des champignons contenaient des teneur de césium élevées.

Parmi les autres éléments redoutés figurent le Strontium 90 et le Plutonium 239. Ces substances peuvent se trouver dans des particules de poussières et se disperser dans l'air. Lorsqu'elles sont respirées, elles peuvent contaminer le corps de multiples manières.

(ats)