Jumelles disparues

16 février 2011 09:21; Act: 16.02.2011 17:52 Print

«Elles pourraient n'avoir jamais quitté la Suisse»

Les policiers, pompiers et plongeurs suisses et français continuent leurs recherches en Corse. Le procureur vaudois Pascal Gilliéron n'exclut aucune hypothèse.

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22.08 Irina Lucidi s'est préparée dans les Alpes avant de se lancer dans son périple en Inde. 26.09.2013 La police italienne fouille un campement rom en Sardaigne à la recherche des jumelles disparues en 2011. 27.01.12 Irina Lucidi, la mère des jumelles, veut transformer «un amas de rage et de désespoir» en énergie positive avec sa Fondation Missing Children. 7.10.11 La mère d'Alessia et Livia, les jumelles disparues au mois de février a annoncé, à l'occasion du 7e anniversaire des jumelles, la création d'une fondation pour les enfants disparus en Suisse. Le financement sera assuré à 50 % par des subsides publics et à 50 % par le secteur privé. MCS va également créer une plateforme téléphonique accessible 7/7 jours 24h/24h. Le 25 mai 2011, TF1 a consacré lors de son journal de 20h un sujet à cette affaire, à l'occasion de la «Journée internationale des enfants disparus». Irina, la maman des jumelles, a témoigné depuis son appartement de St-Sulpice (VD). «Ce que je redoute le plus, c'est l'oubli. C'est que les institutions publiques se désintéressent de cette disparition», a-t-elle confié. Elle craint que les enquêteurs arrêtent leurs investigations «sans qu'il y ait de résultats». «L'espoir est la dernier chose que 'on perd.» Alessia et Livia apparaissent depuis peu sur cette affiche de l'APEV (Aide aux Parents d'Enfants Victimes). Dans ce reportage de TF1, la police cantonale vaudoise n'annonce rien de nouveau sur l'enquête. TF1 a rappelé le périple du père qui a kidnappé ses filles à Saint-Sulpice (VD). Il est passé par Montélimar, en France. Puis par Marseille. Il a ensuite rejoint la Corse. Le père est ensuite revenu sur le continent, à Toulon. Enfin, il a pris la route du sud de l'Italie, où il s'est suicidé. Il s'est jeté sous un train dans le village de Cerignola Campagna. Il était âgé de 43 ans. 15.4.2011: La mère des jumelles disparues le 30 janvier a remercié la justice et la police vaudoises. Leurs activités de recherche «maintiennent l'espérance» de retrouver les fillettes. Refusant de répondre à une question sur ses anciennes critiques contre les autorités vaudoises, la mère des jumelles a insisté sur «la grande sensibilité et l'esprit de service» témoignés par tous ceux qui s'investissent dans ces recherches. La mère a rappelé que son mari, qui s'est suicidé lle 3 février à Cerignola, dans les Pouilles, était un habitué de la région du port de Morges (VD). Interrogée sur son état d'esprit, elle s'est contentée de dire sa grande «anxiété» alors que «les heures passent». Le 14 avril 2011. La police procède à «une grande opération judiciaire» dans le cadre de la disparition des jumelles entre Morges et Saint-Prex (VD). Près de 140 personnes ont été mobilisées pour participer à la recherche des corps des jumelles disparues depuis le 30 janvier 2011. Onze chiens spécialement entraînés pour détecter des cadavres ont été engagés sur le terrain. Ces recherches ont été décidées après le témoignage d'un homme reçu le 6 avril 2011. Plus de deux mois après la disparition des jumelles, le 30 janvier 2011, il a s'est souvenu avoir vu ce jour-là «un homme tirant une valise» dans ce secteur. Ce témoignage a été jugé «pertinent» par la police. Les chiens et leurs conducteurs proviennent de France, d'Autriche, des cantons de Zurich et de Berne. Aucun animal ne provient de la police cantonale vaudoise. Elle n'en possède pas. Les opérations dans ce secteur sont prévues sur deux jours (jeudi 14 avril et vendredi 15 avril) dans un assez vaste secteur. De nombreux membres de la protection civile (PC) ont été engagés sur le terrain dans le cadre de la mission «Engagement Gemelle-Boiron» «Votre objectif est l'imperméabilité du dispositif terrestre», leur a-t-il été communiqué confidentiellement. «Nous participons à une opération de police, sur laquelle nous ne sommes pas autorisés à communiquer» se contentent-ils d'expliquer aux personnes qui les interrogent. Les hommes de la protection civile, eux, seraient simplement chargés de sécuriser le périmètre afin de permettre aux agents d'effectuer leurs recherches. La zone de recherche s'étend du port de Morges (VD)... ... à la rivière Boiron, située 2,3 km plus loin, en direction de Genève. La zone délimitée a une largeur de 150 à 400 m. La Police du lac a aussi mené des recherches dans le Léman. Des policiers vaudois et genevois ont été mobilisés. Les spécialistes des Brigades du lac utilisent un sonar et un robot pour mener des recherches sous-marines. L'accès aux promeneurs est interdit. A l'occasion de cette opération, l'accès au cimetière de Morges a été interdit. Du coup, l'opération a empêché cette dame d'aller fleurir la tombe de son mari. Les personnes souhaitant se rendre au cimetière devraient toutefois pouvoir le faire, a expliqué plus tard un agent. Du samedi 9 avril au lundi 11 avril 2011, des recherches ont été menées dans la campagne genevoise en quête des jumelles disparues depuis le 30 janvier. Les recherches ont eu lieu dans le secteur du Bois de Fargout sur le territoire de la commune de Chancy (GE) ainsi que sur la commune de Confignon (GE). Cette zone se trouve à la frontière franco-suisse. Une douzaine de personnes ont été engagées sur le terrain sous la direction de la fondation SwissMissing. Trois chiens spécialisés dans la détection de cadavres ont participé aux recherches... Des sondages ont aussi été opérés en quête de corps enterrés. Ces recherches, menées durant 3 jours, n'ont donné aucun résultat. Le 30 mars 2011, le commandant de la police cantonale vaudoise, Jacques Antenen a estimé que «la police suisse, et vaudoise en particulier, a agi de manière la plus adéquate» dans l'enquête sur la disparition des jumelles Alessia et Livia. Le 28 mars 2011, Irina, la maman des jumelles, a critiqué le manque de «réactivité» de la police en Suisse «probablement à cause d'un manque d'expérience dans les disparitions de mineurs». Elle se dit aussi très choquée par des propos du procureur Pascal Gilliéron dans la presse: «Le fait d'avoir mis sur le même plan et dans la balance le coût des investigations et la vie d'Alessia et Livia m'a profondément blessée.» Le 30 mars 2011, 3 mois après la disparition d'Alessia et Livia, le procureur responsable de l'enquête, Pascal Gilliéron, a affirmé que «les coûts n'ont pas eu d'influence sur les décisions concernant des procédés d'investigation et d'enquête apparus comme pouvant être utiles à faire avancer les recherches». Les recherches vont se poursuivre. Le 30 mars, lors d'une conférence de presse, des représentants des polices de Suisse, de France et d'Italie ont détaillé le parcours du père des jumelles. La piste corse est privilégiée. Alessia et Livia vivaient à Saint-Sulpice (VD), un village au bord du Léman. Les fillettes ont 6 ans (nées en octobre 2004) et mesurent environ 115 cm. Depuis début février 2011, la famille a mis a disposition de la presse de nombreuses images des fillettes. La famille les a publiées sur le groupe Facebook «Missing Alessia & Livia». Sur certains clichés, Alessia apparaît avec un cache-oeil jaune, qu'elle devait porter pour soigner un strabisme. Des photos sont datées de décembre 2010, soit un mois avant leur disparition. Elles étaient en vacances avec leur père. Matthias S. était parti, en compagnie d'un couple d'amis, avec ses fillettes pendant trois semaines aux Antilles. Ils avaient sillonné en bateau les îles Vierges britanniques. Son épouse Irina n'avait pas participé à ces vacances. Matthias, le père des jumelles, s'est donné la mort le jeudi 3 février en Italie, dans le village de Cerignola Campagna. Il s'est jeté sous un train. Il était âgé de 43 ans. Vendredi 18 mars, une marche de soutien à la famille d'Alessia et Livia a été organisée à Saint-Sulpice. Cette marche blanche était partie à 18h15 du débarcadère du village vaudois. Environ 150 personnes y ont participé. Le cortège s'est terminé devant la maison du père des jumelles. Les participants ont alors déposé des bougies dans un grand coeur dessiné à la craie rose. Des dessins d'enfants ont été scotchés sur le garage de la villa. Deux dessins, un réalisé par Livia et un autre par Alessia, ont été remis aux participants. Au verso de ces dessins, la maman des jumelles a écrit un mot de remerciements. «Alessia, Livia et moi, nous vous remercions du fond du coeur pour votre soutien et solidarité. Merci de continuer à espérer avec nous. Je vous sens très proche et ça me fait beaucoup de bien. Irina.» De nombreux enfants ont participé à cette marche. Parmi, les participantes, cette maman d'une fillette de Chavornay (VD), dont la classe a réalisé un panneau de soutien aux enfants disparus Le 16 mars 2011, un site italien publiait la photo de Matthias S., le père des jumelles, seul dans sa voiture au péage d'une autoroute en France, deux jours après la disparition des petites. L'image tend à prouver que le père d'Alessia et de Livia n'était plus avec ses filles lorsqu'il a pris la direction de l'Italie. Il passe ici le péage du Capitou à Fréjus (F), le 2 février 2011 à 9h13. Le journal «24 heures» a publié, le jeudi 10 février 2011, l'avis mortuaire du père des jumelles qui ont disparu le 30 janvier 2011. «Pour nous, c'était beaucoup trop tôt. Pour toi, il n'y avait plus de lendemain», écrivent ses proches. Cette annonce a aussi été postée sur le site Hommages.ch, où il est possible de déposer un mot de condoléances. Le 10 février 2011, la mère des fillettes s'est retirée dans un lieu secret, loin de la pression médiatique. Les recherches se poursuivent et s'orientent vers la Corse. Olga Orneck affirme avoir croisé, le 1er février 2011 à Propriano, les deux jumelles Alessia et Livia et leur père. Le lundi 31 janvier, des images de Matthias S. ont été enregistrées par des caméras de vidéosurveillance à Marseille. On le voit retirer de l'argent. Il était seul. La voiture de Matthias S. Le 13 février 2011, munie des peluches de ses filles, la mère des jumelles disparues a lancé un appel à la population depuis la Corse. Elle a demandé que le moindre indice soit rapporté à la police. Le 10 février 2011, Valerio Lucidi, l'oncle des fillettes répond aux questions des journalistes. La maison où Irina Lucidi a un appartement, au centre de Saint-Sulpice. Le 13 février 2011, Irina Lucidi survole durant cinq heures la Corse à la recherche d'indices. La 9 février 2011, la maman et l'oncle des jumelles passent à la télévision italienne pour inciter d'éventuels témoins à se manifester. 8 février 2011. Les recherches continuent près de Cerignola, en Italie. La cabine 211 du ferry Scandola qu'a réservé Matthias S. Le procureur français Jacques Dellest et le procureur du Ministère public vaudois Pascal Gilliéron (à droite) s'expriment à Marseille le 16.02.2011. Le 23 février 2011, une centaine de personnes, des amis et des anonymes venus en familles, ont défilé à Saint-Sulpice, en soutien aux jumelles disparues. Une vingtaine de journalistes était également présents. Le cortège a évolué sur plusieurs kilomètres dans le calme, à travers Saint-Sulpice (VD). A l'issue de la marche, organisée via Facebook, la maman des jumelles est venue à la rencontre des participants. Deux petites filles lui ont offert deux roses blanches. Ces deux fillettes se trouvaient dans la classe parallèle à celle fréquentée par les jumelles. La maman a été très touchée par ce geste. L'émotion a submergé Irina Lucidi, la maman d'Alessia et Livia, dont elle n'a eu de signe de vie depuis près de 4 semaines. Très émue, Irina a prononcé quelques mots: «Merci à tous pour votre solidarité.» Puis, à bout de nerfs, elle a éclaté en sanglots, avant de rentrer chez elle. La villa où vivait le père des jumelles, à Saint-Sulpice (VD). «Nous espérons et prions tous pour que vos filles reviennent.» Des amis ont organisé une marche de soutien à travers le village vaudois de Saint-Sulpice, où réside Irina. Matthias a renvoyé la quasi-totalité de l'argent qu'il avait retiré en France. Il se trouvait dans une dizaines d'enveloppes, envoyées à l'adresse de son épouse, à Saint-Sulpice (VD). La police italienne a découvert deux de ces enveloppes dans une boîte aux lettres non desservie. Elles contenaient 1500 euros. 25 février 2011: L'office religieux à la mémoire de Matthias S. s'est déroulé dans l'intimité à Oberwil, dans le canton de Bâle-Campagne. L'accès était interdit aux journalistes. Samedi 26 février 2011, la famille d'Alessia et Livia a diffusé de nouvelles images des jumelles via le groupe Facebook «Missing Alessia & Livia». Vendredi 25 février 2011, Irina, la maman des jumelles a enregistré un nouvel appel à témoins. Elle recherche des personnes qui auraient vu Alessia et Livia dans la région de Morges, le dimanche 30 janvier 2011. Jeudi 3 mars, Irina, la maman des jumelles, a demandé à tous ceux qui souhaitent participer à de nouvelles recherches d'Alessia et Livia sur le terrain de s'inscrire sur une même base de données. Les volontaires sont invités à remplir un formulaire sur le site Swissmissing.ch. «La date et le lieu de ces nouvelles recherches restent à définir, en collaboration avec la police cantonale», indique un responsable de ce site. La voiture du père a été filmée à un péage français. La police vaudoise a procédé mercredi 9 février 2011 à des fouilles dans le jardin de la maison du père des jumelles disparues à Saint-Sulpice (VD). Des chiens ont été engagés. L'oncle des jumelles qui ont disparu a tenu, le 7 février 2011, une conférence de presse à Saint-Sulpice (VD) afin de faire le point sur les derniers éléments de l'enquête. Le père des fillettes aurait acheté trois billets pour se rendre en Corse en ferry. Une septantaine de personnes ont défilé le samedi 5 février 2011 dans les rues de Saint-Sulpice (VD). La foule est venue pour soutenir la famille dont les jumelles de 6 ans ont disparu depuis le 29 janvier, enlevées par leur père. La maison où vivaient les fillettes à Saint-Sulpice (VD).

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«Nous n'avons aucune certitude, l'affaire reste une énigme pour l'heure», a déclaré mercredi le procureur de la République Jacques Dellest à Marseille après la rencontre avec les enquêteurs français, suisses et italiens. L'enquête se poursuit.

Tous les témoignages recueillis - que ce soit en Corse, en Suisse ou en Italie - sont à l'examen. De son côté, le procureur du Ministère public vaudois Pascal Gilliéron n'exclut aucune hypothèse. «Les jumelles pourraient n'avoir jamais quitté la Suisse», a-t-il observé en marge de la rencontre. «C'est évidemment une des hypothèses que nous ne devons pas écarter», a observé le magistrat vaudois.

Poursuite des recherches

La police continue de ratisser la Corse pour tenter de trouver les deux jumelles. Les opérations de recherche ont été relancées mardi matin à la pointe du Cap Corse afin de débusquer le moindre indice, après la découverte mardi de traces de sang sur des cailloux à cet endroit.

La région de Macinaggio, où Matthias Schepp, le père des fillettes, aurait été aperçu le 1er février, soit le jour où il aurait quitté la Corse, probablement sans ses enfants a aussi été inspecté, selon le quotidien «Corse-Matin».

Les policiers auraient choisi d’y revenir pour ne négliger aucune piste, non pas grâce à la découverte de nouveaux indices. «Corse-Matin» révèle qu’ils ont fouillé dans cette région des puits et des anciens fours à chaux à proximité de la chapelle Santa Maria. Cette chapelle reculée n’est accessible que par un difficilement praticable qui traverse le maquis.

Les policiers, avec l'aide de plongeurs, se sont concentrés sur un puits de près de trois mètres de profondeur à côté de la chapelle. Sans résultat. Le groupe est ensuite allé dans une grotte, puis d'un ancien four à chaux près de la tour de Santa-Maria.

Deux policiers vaudois sur place

Trois membres de la police judiciaire corse, dont un spécialiste en police technique et scientifique, ont effectué de nouvelles recherches en compagnie d'un policier scientifique vaudois, arrivé samedi dans l'île avec un collègue pour collaborer à l'enquête.

Deux services de sapeurs-pompiers de la Haute-Corse, le GRIMA (groupe de recherche et d'intervention en milieu aquatique) et le GRIMP (groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux) ainsi que des gendarmes de brigades territoriales locales et un spécialiste du maquis participent aux recherches, selon le quotidien.

(cdu/ats)