Ratko Mladic

29 mai 2011 21:10; Act: 29.05.2011 21:23 Print

Des milliers de Serbes fustigent l'arrestation

Près de 10'000 personnes ont défilé dans les rues de Belgrade, dimanche, pour protester contre l'arrestation de l'ancien chef des militaires serbes de Bosnie.

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Près de dix mille personnes, selon la police, étaient rassemblées dimanche soir devant le siège du Parlement serbe à Belgrade pour protester contre l'arrestation jeudi de Ratko Mladic après seize ans de cavale. Son transfert vers La Haye devrait être imminent.

Des sympathisants du Parti radical serbe (ultranationalistes) et d'autres organisations de même obédience ont été acheminés en autocar de la province pour cette manifestation. «Nous sommes ici pour montrer à ces traîtres de quelle façon les vrais Serbes défendront un héros serbe», a déclaré un partisan de M. Mladic.

Des fidèles de M. Mladic ont demandé à ce que le président Boris Tadic et son gouvernement soient démis. «En répondant aux ordres de Bruxelles et de Washington, le régime de M. Tadic a tué tous les espoirs de la Serbie et des Serbes. Nous disons: stop à la trahison», a déclaré le leader du Parti radical, Lidija Vukicevic.

La police et la gendarmerie étaient déployées en force à Belgrade. Les autorités voulaient éviter tout débordement. En 2008, l'arrestation du chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, avait conduit à des émeutes dans la capitale.

«Une tragédie»

Plusieurs milliers de manifestants s'étaient également rassemblés dimanche à Kalinovik, une ville de l'est de la république où l'ancien général avait passé son enfance. Une banderole barrait la rue principale : «Bienvenue à Mladicevo!» (la Ville-Mladic).

Son arrestation a été ressentie comme une «grande tragédie» par les anciens militaires serbes de Bosnie présents et rassemblés près du village natal de l'ancien chef. «Le général Mladic est un saint. C'était un sauveur des Serbes. S'il n'avait pas été là, nous n'existerions pas aujourd'hui», a ajouté un ancien militaire.

Le rassemblement s'est déroulé dans une atmosphère de profonde animosité à l'égard des représentants de la presse dont plusieurs ont été contraints de quitter les lieux. Dans les vitrines des magasins figuraient des portraits de M. Mladic. Son portrait ornait également les pare-brise de nombreuses voitures.

Déni de Srebrenica

Darko Mladic, le fils de Ratko Mladic, a déclaré dimanche que son père, auquel il a pu rendre visite dans la journée, rejetait toute responsabilité dans le massacre de Srebrenica en juillet 1995.

«Quoi que l'on ait fait à Srebrenica, il n'a rien à voir avec ça. Il a sauvé tant de femmes, d'enfants et de soldats; ses ordres étaient d'évacuer en premier lieu les blessés, puis les femmes et les enfants, et les soldats capturés», a-t-il dit à la presse.

Une source judiciaire a indiqué que le tribunal serbe chargé des crimes de guerre pourrait accorder à M. Mladic le droit de se rendre sur la tombe de sa fille. Cette source a toutefois indiqué que l'autorisation pourrait être refusée par les services de sécurité. Ana Mladic s'est suicidée en 1994 avec l'arme de service de son père. Elle a été inhumée dans un faubourg de Belgrade.

L'avocat du détenu, Me Milos Saljic, a insisté sur la fragilité mentale de son client. Il a également indiqué que Ratko Mladic avait exprimé l'intention de se rendre à pied à la Haye, où siège le TPIY, si on l'empêchait de se rendre sur la tombe de sa fille.

Son départ vers La Haye pourrait intervenir dès lundi ou mardi, selon le président du Tribunal par intérim, le juge Mehmet Guney.

(ats)