Mladic au TPIY

03 juin 2011 10:30; Act: 03.06.2011 16:19 Print

«J'ai défendu mon pays et mon peuple»

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, a comparu vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

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28.01 L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a refusé de témoigner mardi dans le procès de son alter ego politique, Radovan Karadzic, devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Goran Hadzic, le dernier fugitif réclamé par le Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, arrêté mercredi en Serbie, a passé la plupart du temps de sa cavale en Russie. 20.07 Goran Hadzic, criminel de guerre en cavale recherché par le TPIY a été arrêté mercredi selon la télévision serbe. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, a comparu vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. Le 31 mai 2011, ce convoi conduit Ratko Mladic à l'aéroport pour qu'il puisse être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international. Ratko Mladic, inculpé de génocide par la justice internationale, a appelé samedi ses sympathisants «au calme» en disant qu'il ne voulait «pas de bain de sang» ni «d'émeutes» Voici la maison dans laquelle se cachait Ratko Mladic. L'épouse de Ratko Mladic, Bosiljka, et son fils Darko se sont rendus vendredi dans le bâtiment où est détenu l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, arrêté la veille. L'arrestation du criminel de guerre fait la Une de tous les journaux serbes. Voilà à quoi ressemblait Mladic lors de son arrestation. Les premières images de Ratko Mladic, au centre, arrêté jeudi 26 mai 2011. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été arrêté «aujourd'hui (jeudi) tôt dans la matinée», a déclaré le président serbe, Boris Tadic. Le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie réclame depuis des années l'arrestation de Ratko Mladic pour son rôle pendant la guerre inter-communautaire en Bosnie (1992-1995). Il est inculpé notamment pour génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie), où périrent 8000 hommes et adolescents musulmans bosniens, et pour le siège de Sarajevo. Goran Hadzic, 52 ans, est le dernier criminel de guerre des Balkans encore recherché par le TPI.

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L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a dénoncé vendredi lors de sa première comparution à La Haye les accusations «odieuses» contre lui. Inculpé de génocide et de crimes contre l'humanité, il a assuré avoir «seulement défendu (son) pays».

«J'ai défendu mon peuple et mon pays, et non pas Ratko Mladic», a lancé aux juges du Tribunal pénal international pour l'ex- Yougoslavie (TPIY) l'accusé de 69 ans, arrêté le 26 mai en Serbie après une cavale de près de seize ans.

«Je n'ai pas tué des Croates en tant que Croates, j'ai seulement défendu mon pays», a-t-il insisté après avoir refusé de plaider coupable ou non des onze chefs d'accusation qui pèsent contre lui. Une nouvelle audience se tiendra le 4 juillet.

«Extrêmement malade»

L'ancien général, transféré mardi à La Haye, a affirmé après la lecture de ses droits par la greffière «être extrêmement malade». «J'ai besoin d'un peu plus de temps pour réfléchir à tout ce qu'elle vient de dire», a expliqué l'accusé poursuivi pour génocide, crime contre l'humanité et crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie (1992-1995), qui avait fait 100'000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Selon sa défense en Serbie, Ratko Mladic a souffert d'un cancer du système lymphatique. «Je suis le général Mladic», a toutefois asséné l'accusé pendant sa comparution: «je ne veux pas être conduit par d'autres personnes, le monde entier sait qui je suis».

«Tuer les hommes et les garçons»

M. Mladic avait auparavant écouté le juge Alfons Orie détailler les chefs d'accusation qui pèsent contre lui, portant notamment sur le massacre de Srebrenica en juillet 1995, le pire depuis la Seconde guerre mondiale, au cours duquel près de 8000 personnes avaient été exécutées.

«Quelques jours avant l'attaque, Ratko Mladic et d'autres ont formé l'objectif de liquider les musulmans en tuant les hommes et les garçons et en chassant les femmes et les personnes âgées. A la date du 11 juillet 1995, Ratko Mladic et d'autres ont commencé à mettre en oeuvre cet objectif», a lu le juge.

«Ratko Mladic, a-t-il poursuivi, «était l'officier le plus haut gradé de l'armée des Serbes de Bosnie et à ce titre, avait le contrôle effectif. Il a échoué à prendre les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher la commission de ces crimes».

«Brûler en enfer»

«Si seulement on pouvait le juger ici... J'aimerais qu'ils le conduisent ici et je le réduirais en petits morceaux», a déclaré une proche de victimes du massacre, Hanifa Djogaz, lors de la retransmission en direct de l'audience au mémorial de Potocari à Srebrenica. «Je voudrais que Dieu le fasse brûler en enfer», a lâché sa voisine.

Le procès de M. Mladic ne devrait pas commencer avant plusieurs mois. Celui de Radovan Karadzic, accusé des mêmes crimes, avait démarré en octobre 2009, quinze mois environ avant son arrestation à Belgrade en juillet 2008.

Adhésion à l'UE

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a qualifié vendredi l'arrestation de Ratko Mladic de «pas très important» en direction d'une adhésion de la Serbie à l'UE. «La Serbie doit remplir toutes les conditions (pour entamer le processus d'adhésion), celle-ci était essentielle», a-t-il ajouté lors d'une visite en Slovénie, seul pays d'ex-Yougoslavie membre de l'UE.

Bruxelles a toujours posé l'arrestation de l'ancien chef de guerre et son transfèrement au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye, comme des conditions à l'entrée de la Serbie dans l'UE. L'obstacle Mladic levé, le président serbe Boris Tadic espère pouvoir commencer les négociations d'adhésion en 2012.

Les chefs d'Etat de l'Union européenne devraient se prononcer en décembre sur l'obtention pour la Serbie du statut de candidat à l'UE et sur une ouverture des négociations d'adhésion.


TSR

(afp)