Arrestation de Mladic

31 mai 2011 18:00; Act: 31.05.2011 22:34 Print

Le «boucher des Balkans» extradé à La Haye

Ratko Mladic a été extradé vers le Tribunal pénal international de La Haye, au Pays-Bas.

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28.01 L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a refusé de témoigner mardi dans le procès de son alter ego politique, Radovan Karadzic, devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Goran Hadzic, le dernier fugitif réclamé par le Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, arrêté mercredi en Serbie, a passé la plupart du temps de sa cavale en Russie. 20.07 Goran Hadzic, criminel de guerre en cavale recherché par le TPIY a été arrêté mercredi selon la télévision serbe. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, a comparu vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. Le 31 mai 2011, ce convoi conduit Ratko Mladic à l'aéroport pour qu'il puisse être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international. Ratko Mladic, inculpé de génocide par la justice internationale, a appelé samedi ses sympathisants «au calme» en disant qu'il ne voulait «pas de bain de sang» ni «d'émeutes» Voici la maison dans laquelle se cachait Ratko Mladic. L'épouse de Ratko Mladic, Bosiljka, et son fils Darko se sont rendus vendredi dans le bâtiment où est détenu l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, arrêté la veille. L'arrestation du criminel de guerre fait la Une de tous les journaux serbes. Voilà à quoi ressemblait Mladic lors de son arrestation. Les premières images de Ratko Mladic, au centre, arrêté jeudi 26 mai 2011. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été arrêté «aujourd'hui (jeudi) tôt dans la matinée», a déclaré le président serbe, Boris Tadic. Le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie réclame depuis des années l'arrestation de Ratko Mladic pour son rôle pendant la guerre inter-communautaire en Bosnie (1992-1995). Il est inculpé notamment pour génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie), où périrent 8000 hommes et adolescents musulmans bosniens, et pour le siège de Sarajevo. Goran Hadzic, 52 ans, est le dernier criminel de guerre des Balkans encore recherché par le TPI.

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L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est arrivé mardi vers 21 heures au quartier pénitentiaire du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. Deux cents personnes, dont des pro-Mladic, l'attendaient devant la prison.

«Quand il verra le drapeau, j'espère qu'il rougira de honte», a déclaré mardi soir une Néerlandaise d'origine bosniaque, enveloppée dans le drapeau bleu, jaune et blanc de la Bosnie-Herzégovine.

Des Serbes étaient également présents devant la prison brandissant des drapeaux. Deux d'entre eux portaient également un tee-shirt arborant un portrait de Ratko Mladic. «Ce type, c'est un héros, c'est mon deuxième père, il ne devrait pas être ici, tout ceci est une farce, il a fait ce qu'il avait à faire», a déclaré l'un d'eux.

Justice expéditive

«M.Mladic est accusé des crimes les plus graves contre l'humanité et des violations les plus graves contre le droit humanitaire. La Serbie a, en décidant ce transfèrement, rempli son obligation internationale et morale», avait indiqué plus tôt mardi la ministre serbe de la justice, Snezana Malovic. «Il s'agit d'un message de réconciliation dans la région», avait aussi insisté la ministre.

Ainsi s'achève la fuite de l'ex-militaire qui a échappé durant près de 16 ans à la justice internationale, jusqu'à son arrestation en Serbie dans un village à une centaine de kilomètres de Belgrade.

«Le transfèrement de Mladic ne met pas un terme à ce dossier. Je m'attends à ce qu'on détermine qui l'a aidé toutes ces années dans sa cavale», a souligné mardi la ministre serbe de la justice.

Devant la tombe de sa fille

La procédure judiciaire devant conduire à son extradition vers La Haye s'est brutalement accélérée mardi dans la journée avec le rejet par la Haute Cour à Belgrade de l'appel de son avocat.

Signe que son départ était imminent, il a été conduit mardi à l'aube, comme il en avait exprimé le souhait dès son arrestation, devant la tombe de sa fille dans le cimetière de Topcider à Belgrade.

Ana Mladic, étudiante en médecine, s'était suicidée en 1994 à l'âge de 23 ans. Selon les médias, elle ne supportait plus de voir son père accusé des atrocités commises durant la guerre de Bosnie (1992-1995). Des roses et un cierge étaient sur la tombe après la visite, a constaté un photographe de l'AFP.

L'ancien militaire a vu aussi lundi ses petits-enfants pour la première fois depuis son arrestation.

L'avocat de Ratko Mladic s'était inquiété de l'état de santé «alarmant» de son client, mais cela n'a pas empêché son départ pour La Haye, les autorités considérant qu'il était à même de supporter un tel voyage et de comparaître devant le TPIY.

L'arrivée de sa femme Bosiljka avec une grande valise bleue chargée, et le départ à vive allure d'un convoi de véhicules du Tribunal serbe pour les crimes de guerre mardi après-midi ont levé les derniers doutes sur le départ de l'ancien militaire.

Prison à vie en perspective

Agé de 69 ans, Ratko Mladic est inculpé par le TPIY de génocide pour l'exécution de 8000 Musulmans à Srebrenica (Bosnie orientale), en juillet 1995. Il devra aussi répondre de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, en particulier pour le siège de Sarajevo. L'ancien général encourt à La Haye la prison à vie, les charges retenues contre lui étant les plus graves du droit international.

(ats/afp)