Arrestation de Mladic

01 juin 2011 11:20; Act: 01.06.2011 16:58 Print

Le procureur du TPIY veut éviter un long procès

Tout sera fait pour que le procès de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des séparatistes serbes de Bosnie, ne s'éternise pas.

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Serge Brammertz, procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY, avait succédé à Carla del Ponte. (Photo: Keystone)

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L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic se présentera vendredi pour la première fois devant les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Il devra plaider coupable ou non de onze chefs d'accusation.

L'audience de comparution initiale, fixée à 10h, sera présidée par le juge néerlandais Alphons Orie. Il avait déjà mené celle de Radovan Karadzic, l'alter ego politique de Ratko Mladic, le 31 juillet 2008.

Les deux hommes sont accusés des deux mêmes génocides, de quatre chefs de crimes de guerre et cinq chefs de crimes contre l'humanité, commis durant la guerre de Bosnie (1992-1995). le conflit avait fait 100'000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Sous haute sécurité

Le procureur du TPIY Serge Brammertz a annoncé lors d'une conférence de presse avoir transmis aux juges mercredi matin un acte d'accusation modifié, prenant en compte «le développement de la jurisprudence et des nouveaux faits».

Le magistrat belge a souligné qu'il était «trop tôt» pour prendre une décision quant à une éventuelle jonction des procès de MM. Mladic et Karadzic: «Aucune décision n'a été prise à cet égard».

Recherché depuis près de 16 ans par le TPIY pour le massacre de Srebrenica notamment, M. Mladic, arrêté le 26 mai en Serbie, est arrivé aux Pays-Bas mardi soir à bord d'un avion du gouvernement serbe.

Après avoir atterri à l'aéroport de Rotterdam, il a été conduit au quartier pénitentiaire du TPIY à La Haye, dans un convoi sous haute sécurité. Deux hélicoptères et quatre voitures ont quitté en même temps l'aéroport de Rotterdam en direction de la prison.

«Coopératif et bavard»

Ratko Mladic jouit de toutes ses facultés et s'est montré «extrêmement coopératif» à son arrivée à la prison, a assuré le greffier du TPIY John Hocking, lors d'une conférence de presse: «Nous n'avons rencontré aucun problème pour nous comprendre».

«Il n'a pas commenté les charges pesant contre lui. Il a posé beaucoup de questions de procédures», a indiqué M. Hocking. «Il était vraiment attentif et écoutait toutes les informations qu'on lui donnait», a-t-il poursuivi.

«Nous lui avons expliqué le règlement en vigueur ici» à propos notamment des visites et des appels téléphoniques, a encore dit le greffier australien. Il a précisé que M. Mladic était examiné mercredi par le médecin du quartier pénitentiaire, comme c'est le cas pour tout nouvel arrivant.

Il s'est refusé à tout commentaire sur l'état de santé de l'ancien général, affirmant que cela relevait de la vie privée. «Je peux dire catégoriquement qu'il n'est pas sous surveillance antisuicide», a seulement révélé le greffier. En Serbie, la défense de M. Mladic avait argué de son mauvais état de santé pour tenter de retarder son transfèrement vers La Haye.

L'ambassadeur de Bosnie aux Pays-Bas, Miranda Sidran-Kamisalic, a de son côté expliqué que Mladic était «très, très bavard» à son arrivée. «Il a eu un peu de mal à descendre les marches. Mais après, quand il a commencé à parler, il a vraiment donné l'impression d'un homme âgé en assez bonne santé, complètement préparé à cette procédure», a-t-elle dit.

Délai de 30 jours possible

Ratko Mladic accusé notamment du massacre de Srebrenica, au cours duquel près de 8000 Musulmans avaient été exécutés en juillet 1995. Lors de l'audience de vendredi, il pourra, s'il le souhaite, demander à bénéficier d'un délai de 30 jours avant que la question du plaider coupable ne lui soit à nouveau posée.

«Je suis heureux pour tous les survivants de ce que la justice va triompher», a déclaré Thom Karremans, l'ancien commandant des Casques bleus néerlandais qui étaient déployés à Srebrenica au moment du massacre, dans un entretien mercredi au quotidien «AD».

Le fait que Ratko Mladic soit jugé par le TPIY «est un signe fort de la puissance croissante du droit international». «C'est aussi une satisfaction pour les victimes, même si elle vient tardivement», a dit de son côté le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle, cité dans un communiqué de son ministère.

(ats)