TPIY

02 juin 2011 13:15; Act: 02.06.2011 17:06 Print

Mladic souffre d'un cancer, selon son avocat

Ratko Mladic qui comparaîtra pour la première fois devant les juges du TPIY vendredi souffrirait d'un cancer pour lequel il a été hospitalisé en 2009.

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28.01 L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a refusé de témoigner mardi dans le procès de son alter ego politique, Radovan Karadzic, devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Goran Hadzic, le dernier fugitif réclamé par le Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, arrêté mercredi en Serbie, a passé la plupart du temps de sa cavale en Russie. 20.07 Goran Hadzic, criminel de guerre en cavale recherché par le TPIY a été arrêté mercredi selon la télévision serbe. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, a comparu vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. Le 31 mai 2011, ce convoi conduit Ratko Mladic à l'aéroport pour qu'il puisse être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international. Ratko Mladic, inculpé de génocide par la justice internationale, a appelé samedi ses sympathisants «au calme» en disant qu'il ne voulait «pas de bain de sang» ni «d'émeutes» Voici la maison dans laquelle se cachait Ratko Mladic. L'épouse de Ratko Mladic, Bosiljka, et son fils Darko se sont rendus vendredi dans le bâtiment où est détenu l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, arrêté la veille. L'arrestation du criminel de guerre fait la Une de tous les journaux serbes. Voilà à quoi ressemblait Mladic lors de son arrestation. Les premières images de Ratko Mladic, au centre, arrêté jeudi 26 mai 2011. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été arrêté «aujourd'hui (jeudi) tôt dans la matinée», a déclaré le président serbe, Boris Tadic. Le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie réclame depuis des années l'arrestation de Ratko Mladic pour son rôle pendant la guerre inter-communautaire en Bosnie (1992-1995). Il est inculpé notamment pour génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie), où périrent 8000 hommes et adolescents musulmans bosniens, et pour le siège de Sarajevo. Goran Hadzic, 52 ans, est le dernier criminel de guerre des Balkans encore recherché par le TPI.

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L'avocat de Ratko Mladic à Belgrade a déclaré jeudi posséder des documents prouvant que l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie souffrait d'un cancer, pour lequel il a été soigné dans un hôpital serbe en 2009.

Milos Saljic a expliqué à l'AP que son client souffrait d'un cancer des ganglions lymphatiques, qu'il avait subi une opération et une chimiothérapie en 2009. Ce document, lu par l'AP, serait le diagnostic établi par des médecins, expliquant que Mladic a été hospitalisé entre le 20 avril et le 18 juillet 2009, en Serbie.

Sur la copie du document, les en-têtes et les signatures ont été noircis pour ne pas identifier les médecins ayant traité Mladic.

Comparution vendredi

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic comparaîtra pour la première fois vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) mais son procès pour génocides, crimes de guerre et contre l'humanité ne devrait pas débuter dans l'immédiat.

«Cela prendra quelques mois avant que le procès commence parce qu'il faut que les deux parties se préparent», assure à l'AFP Frédérick Swinnen, conseiller spécial du procureur du TPIY, qui souligne : «c'est une affaire très complexe».

Selon l'avocat de l'accusé en Serbie, Milos Saljic, Ratko Mladic, âgé de 69 ans, a été opéré et soigné par chimiothérapie en 2009 pour un «sérieux» cancer du système lymphatique.

Délai de 30 jours

Transféré mardi au quartier pénitentiaire du TPIY à La Haye après avoir été arrêté le 26 mai dans un village du nord-est de la Serbie, M. Mladic, accusé notamment du massacre de Srebrenica en 1995, devra plaider coupable ou non coupable vendredi lors d'une audience prévue à partir de 10H00 (08H00 GMT).

Il pourra toutefois demander un délai de 30 jours avant que la question ne lui soit à nouveau posée par le juge néerlandais Alphons Orie, qui avait déjà mené l'audience de comparution initiale de l'alter ego politique de Ratko Mladic, Radovan Karadzic.

Le procès de celui-ci, pour les mêmes crimes que Ratko Mladic, avait démarré en octobre 2009, soit près de 15 mois après son arrestation à Belgrade en juillet 2008.

Onze chefs d'accusation

Créé en 1993 par les Nations unies, le TPIY fonctionne selon des règles de procédure et de preuve tirées pour l'essentiel du droit anglo-saxon : la phase préliminaire au procès permet notamment à la défense de prendre connaissance des éléments de preuve rassemblés par l'accusation lors de son enquête.

Vendredi matin, le juge Alphons Orie, qui siègera seul, résumera les onze chefs d'accusation retenus contre M. Mladic. Celui-ci pourra, s'il le souhaite, demander au magistrat que lui soit lue la totalité de l'acte d'accusation, de 62 pages.

Un nouvel acte d'accusation, clarifié, comprenant 11 chefs d'accusation au lieu de 15, avait été déposé mercredi par le procureur Serge Brammertz.

Celui qui était l'homme le plus recherché d'Europe est notamment poursuivi pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, le pire qu'ait connu l'Europe depuis la Seconde guerre mondiale, durant lequel 8.000 Musulmans ont été tués.

Pas d'avocat permanent

Jeudi, le greffe a assigné un avocat serbe, Aleksandar Aleksic, à la défense de M. Mladic pour la comparution initiale en attendant que l'accusé ait un avocat permanent, choisi ou commis d'office.

La famille de Ratko Mladic n'assistera pas à l'audience, selon M. Saljic : elle lui rendra visite plus tard, «calmement», au centre de détention du TPIY.

Une dizaine de camionnettes de journalistes espagnols, allemands, britanniques, français et belges notamment, équipées de paraboles pour la transmission d'images par satellite, étaient déjà stationnées jeudi devant le tribunal.

Quelque 150 journalistes ont demandé à couvrir l'audience, retransmise dans un centre de conférence voisin du tribunal. Une centaine de places seulement sont à la disposition du public, dans une galerie séparée par une vitre de la salle d'audience du tribunal.

Les représentants de plusieurs associations de victimes de la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés, devaient venir assister à l'audience.

(ap/afp)