Afrique du Sud

06 décembre 2013 06:42; Act: 06.12.2013 07:19 Print

Une veillée funèbre en forme de célébration

Immédiatement après l'annonce de sa mort jeudi soir, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour chanter et danser dans la nuit.

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16.12 Ayanda Mbatyothi, sosie de Nelson Mandela, souhaite continuer à faire vivre les valeurs de l'icône sud-africaine. 09.12 Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a décidé de renoncer à sa participation aux funérailles de Nelson Mandela à cause du coût du voyage. 08.12 Les Sud-Africains se sont réunis dimanche pour prier et chanter en mémoire de Nelson Mandela, à l'occasion du premier jour d'une semaine de deuil officiel. 07.12 Le conseiller national UDC Christoph Blocher estime que Nelson Mandela est «surestimé». 07.12 Unis dans leur hommage, les Sud-Africains communiaient samedi pour célébrer la mémoire de Nelson Mandela. 07.12 La foule a afflué à Johannesburg pour laisser un mot sur le livre d'or du Mémorial Nelson Mandela. 07.12 La presse mondiale a relayé les différents hommages à l'ancien président sud-africain, décédé jeudi soir. 06.12 Pour le joueur de tennis Roger Federer, dont la mère est Sud-Africaine, Nelson Mandela avait une «personnalité incroyable». «Il a cru en quelque chose et a dû payer le prix fort pour cela», a-t-il dit dans une interview accordée à «Blick». «C'était quelqu'un que l'on pouvait regarder avec admiration», a conclu le sportif. Le joueur de basket Thabo Shefolosha, dont le père est originaire d'Afrique du Sud, a estimé que Nelson Mandela était «un modèle pour tous». «Son décès me touche beaucoup, car il a fait beaucoup pour l'Afrique du Sud», a-t-il ajouté. Jean Ziegler a tenu à rendre hommage à «un grand conciliateur à la personnalité impressionnante». Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a été l'un des premiers à réagir: «La mort de Nelson Mandela nous concerne tous. Elle nous touche tous, car il a été et restera un exemple pour l'humanité. Un exemple de la force, de la liberté, du pardon et de la réconciliation.» «L'Afrique du Sud, le continent africain et le monde entier perdent une personnalité exceptionnelle», écrit le président de la Confédération, Ueli Maurer. La reine Elizabeth II s'est dite vendredi «profondément attristée» par la mort de Nelson Mandela, saluant son action «sans relâche» pour une «Afrique du Sud pacifiée». Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a rendu un hommage appuyé à Nelson Mandela, premier président noir de l'Afrique du Sud, mort jeudi à Johannesburg, saluant un homme «courageux, profondément bon». «Une grande lumière s'est éteinte dans le monde», a écrit le Premier ministre britannique David Cameron sur son compte Twitter. «Nelson Mandela était un héros de notre temps. J'ai demandé que le drapeau soit mis en berne au No 10» de Downing Street, a-t-il précisé. «Avec Nelson Mandela disparaît le père de l'Afrique du Sud, le pilier du combat pour la liberté reconquise et pour la réconciliation», a déclaré le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, dans un communiqué. «Je salue le géant charismatique qui s'en va», a-t-il ajouté. Nelson Mandela a été «l'incarnation de la nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l'Afrique», déclare le président de la République française, François Hollande. Le patron de la FIFA, le Valaisan Joseph Blatter, a exprimé son «profond chagrin». «Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. L'ancien président américain Bill Clinton a salué en Nelson Mandela le «champion de la dignité humaine et de la liberté». «L'histoire se souviendra de Mandela comme d'un champion pour la dignité humaine et la liberté, pour la paix et la réconciliation», a déclaré M. Clinton dans un communiqué, ajoutant: «Nous vivons tous dans un monde meilleur à cause de la vie que Madiba a vécue». Mandela «nous a appris à vivre ensemble», a déclaré un autre héros de la lutte anti-apartheid et Prix Nobel de la paix, l'archevêque Desmond Tutu. Le dalaï-lama (ici avec Nelson Mandela en 1996) dit avoir perdu un «ami cher». La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a déploré jeudi le décès de l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, dont «l'exemple guidera ceux qui luttent pour la justice sociale et la paix dans le monde». L'équipe d'Angleterre de cricket a observé une minute de silence, lors d'un match amical contre l'Australie. A Johannesburg, la population s'est réunie dans les rues pour célébrer la mémoire de Nelson Mandela par des chants et des danses. Les Sud-Africains ont appris la mort de Nelson Mandela en regardant l'intervention télévisée du président Zuma. A Londres, la statue de Nelson Mandela, près du Parlement, a été garnie de fleurs et de divers hommages. A New York, l'Apollo Theatre a rendu hommage à l'ancien président sud-africain. New York. A Washington, cet employé de l'ambassade sud-africaine descend le drapeau national.

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L'atmosphère était plus à la célébration qu'au recueillement, jeunes et vieux agitant des drapeaux, entonnant hymne national et chants anti-apartheid, criant des «Vive Mandela», tenant des chandelles, tandis que la police avait interdit le quartier à la circulation.

Des habitants de Johannesburg continuaient à arriver en masse dans la nuit, venus parfois de la township de Soweto où le Mandela de la lutte anti-apartheid avait sa maison, à 25 km de là. Des politiciens locaux se mêlaient à eux.

Certains brandissaient des drapeaux aux couleurs de l'ANC, le parti au pouvoir dont Nelson Mandela a été le plus célèbre militant. Les premiers bouquets ont fait leur apparition devant le mur de la maison.

Le temps du repos

«J'étais là quand il est sorti de prison. Je suis ici maintenant, et tout ça est irréel. Notre héros est parti», a dit Reginald Mokoena, un jardinier dans le quartier résidentiel de Houghton où résidait le héros national. «Le vieil homme est parti, mais il n'est pas temps de pleurer», a-t-il ajouté.

Ashleigh Williams, qui vit non loin de là, a expliqué qu'elle avait accouru après avoir appris la nouvelle à la télévision. «Je savais que ce jour viendrait, mais je peux dire que le combat de notre Madiba bien-aimé était juste, maintenant, il est temps qu'il se repose», a-t-elle dit, l'appelant de son nom de clan affectueusement repris par la majorité des Sud-africains.

«Mon coeur est empli de joie et de tristesse à la fois. Il laisse un grand héritage. (...) Je ne crois pas que personne pourra jamais prendre sa place.»

Perte du père

«L'Afrique du Sud est ce qu'elle est aujourd'hui à cause des sacrifices qu'il a faits, un homme généreux et désintéressé. Il faut maintenant que nous gardions son esprit dans nos coeurs», a noté Thando Serote, venu de Soweto.

«Je suis ici parce que c'est le plus désastreux jour de ma vie en Afrique du Sud. Nous venons de perdre le père de notre nation. J'ai entendu la nouvelle et il fallait que je voie, juste pour dire un dernier adieu», a renchéri Ebrahim Omar.

«Pour le monde, il était une icône. Pour nous, il était notre leader, notre héros», a dit un autre participant à cette veillée, avant de se mettre à chanter.

Nelson Mandela est mort jeudi soir, à l'âge de 95 ans. Il était rentré chez lui le 1er septembre, après avoir passé près de trois mois à l'hôpital après une rechute de son infection pulmonaire et probablement d'autres complications. Il se trouvait dans un état critique depuis plus de cinq mois, selon la présidence sud-africaine.

(ats)