Proche-Orient

07 juillet 2014 21:20; Act: 17.07.2014 12:02 Print

Mort du jeune Palestinien: trois juifs ont avoué

Trois jeunes juifs ont admis lundi avoir tué un jeune Palestinien, récemment brûlé vif à Jérusalem-Est. Ces aveux viennent nourrir les tensions déjà vives entre Israéliens et Palestiniens.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Trois des six suspects arrêtés dimanche ont reconnu avoir tué Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, en le brûlant vif. Ils ont reconstitué la scène du crime devant les policiers, a indiqué lundi une source proche de cette affaire, laquelle est toujours soumise à une censure de publication.

Les six jeunes Israéliens sont soupçonnés d'être membres d'une «organisation terroriste». Ils sont également accusés d'enlèvement, d'homicide sur mineur, de conspiration, de possession illégale d'armes et de crime «pour motif nationaliste», selon le site israélien d'information Ynet.

Netanyahu indigné

«Enlever un jeune garçon, le tuer, le brûler à mort, mais pourquoi? Rien n'est plus élevé ni plus exigeant dans l'histoire et la pensée juives que le respect de la vie humaine», a répété le président israélien Shimon Peres.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a téléphoné lundi au père de Mohammad Abou Khdei. Il lui a exprimé son indignation face à ce meurtre «abominable». Il lui a promis que les auteurs de ce meurtre seraient traduits en justice.

Tensions exacerbées

Dès la découverte du cadavre calciné de l'adolescent, jeudi passé, les Palestiniens avaient accusé des juifs extrémistes de l'avoir kidnappé et tué. Ces activistes auraient agi par vengeance après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens dans la région d'Hébron, en Cisjordanie. Israël a accusé le Hamas d'être responsable du décès des trois jeunes gens.

Le décès brutal des quatre adolescents a provoqué une émotion considérable. Les tensions entre les deux camps se sont exacerbées. Des salves de roquettes palestiniennes sont suivies de raids israéliens de représailles.

Alliance rompue

Cette crise a eu des répercussions politiques lundi. Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a rompu son alliance avec le Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce faucon ultranationaliste n'en quitte pas pour autant le gouvernement.

«Notre réalité quotidienne, c'est la présence de centaines de missiles détenus par une organisation terroriste qui peut décider de les utiliser à n'importe quel moment et c'est inacceptable», a expliqué M. Lieberman. Il faisait allusion au Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

Risque de guerre

M. Lieberman a multiplié les appels à «réoccuper la bande de Gaza», d'où Israël s'est retiré en 2005. Il a plaidé récemment pour «la destruction immédiate des usines de missiles et des infrastructures terroristes à Gaza». A l'inverse, Benjamin Netanyahu a exhorté dimanche ses ministres à «agir de manière responsable et garder la tête froide», en réponse à ces déclarations belliqueuses.

A Gaza, la confrontation entre le Hamas et Israël risque de dégénérer en guerre ouverte. Dans la nuit de dimanche à lundi, six combattants palestiniens sont morts lors de frappes israéliennes visant «des sites terroristes». L'une des victimes serait décédée en manipulant des explosifs, a toutefois précisé un officier supérieur de Tsahal.

Salve de roquettes

En soirée, des dizaines de roquettes tirées de la bande de Gaza se sont abattues sur le sud d'Israël. La branche armée du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a aussitôt revendiqué ces tirs.

Un porte-parole militaire a fait état d'une vingtaine de tirs de roquettes en quelques minutes, dont quatre ont été détruites en vol par le système de défense antimissile «Iron Dome». Les médias israéliens ont chiffré les salves à entre 40 et 60 projectiles au total. Aucun blessé grave n'était à déplorer dans l'immédiat.

Peu après, l'armée de l'air israélienne a lancé plus de trente frappes sur le sud du territoire palestinien, à l'est de Rafah, dans une zone de tunnels proche de la frontière avec Israël. Ils n'ont pas fait de victime, selon des témoins et les services de sécurité du Hamas.

(ats)