Gaza

05 juillet 2014 22:42; Act: 17.07.2014 12:04 Print

Haine ravivée après la mort d'un ado brûlé vif

Le climat de haine s'est ravivé entre Israéliens et Palestiniens après le récent meurtre de trois jeunes juifs, suivi de la mort d'un jeune Palestinien brûlé vif.

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La tension est vive entre Israéliens et Palestiniens. (Photo: Reuters/baz Ratner)

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Des tirs de roquettes ont été tirés samedi, tandis que l'Egypte tente une médiation entre Israël et le Hamas. Les deux camps affirment refuser une escalade, tout en se disant prêts à toute éventualité. «L'Egypte continue ses efforts pour que le calme revienne dans la bande de Gaza, mais aucun accord n'a été encore conclu», avait indiqué vendredi un responsable du Hamas, sous le couvert de l'anonymat.

Depuis une semaine, des salves de roquettes palestiniennes sont suivies de raids israéliens de représailles. Près de 50 roquettes ont été tirées entre jeudi et samedi depuis la bande de Gaza sur le sud d'Israël, a annoncé l'armée israélienne.

Ces violences ont éclaté lundi, après la découverte des corps des trois étudiants juifs assassinés 12 juin, après avoir été enlevés en Cisjordanie. Puis, dans la nuit de mardi à mercredi, un Palestinien âgé de 16 ans a été assassiné dans son quartier de Jérusalem-Est. Son corps a été découvert quelques heures plus tard dans une forêt de la ville.

Des heurts ont émaillé vendredi les funérailles du jeune homme. Les affrontements se sont étendus en soirée à des villes arabes israéliennes. Ils continuaient sporadiquement samedi à Kalansua, et la route menant à la ville a été fermée. Une dizaine d'Arabes israéliens ont été arrêtés à l'issue des violences nocturnes.

Fumée dans les poumons

Les rapports préliminaires d'autopsie palestiniens, cités par l'agence palestinienne Maan, ont indiqué la présence de fumée dans les poumons du jeune Palestinien. Cela signifie qu'il était encore en vie lorsque son corps a été brûlé. Une nouvelle qui risque d'attiser les tensions entre les deux camps.

Le garçon a également été blessé à la tête, mais ce n'est pas la cause de la mort, a précisé le procureur général Mohammad Al-Ouweiwi. «Les brûlures qui couvraient 90% du corps et leurs complications sont la cause directe de son décès».

«Boire du carburant»

Selon le ministre palestinien chargé de Jérusalem, Adnane al-Husseini «le meurtre a été marqué par une opération de défiguration d'un enfant (...) C'est la première fois que j'entends parler d'une telle manière de tuer, le garçon ayant été brûlé de l'intérieur et de l'extérieur, car il a probablement été forcé à boire du carburant», a-t-il ajouté, en accusant les colons israéliens.

Les colons étaient également dans le viseur du journal palestinien «Al-Hayat» qui a titré: «Brûlé vif par les colons». Néanmoins, la police israélienne refuse de dire si ce meurtre correspond à un acte de vengeance. Elle a assuré examiner «toutes les possibilités».

Appels à la vengeance

La découverte des corps des trois étudiants juifs est vécue comme un drame national en Israël. «Le Hamas est responsable et le Hamas paiera», avait affirmé lundi soir le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Le Hamas a nié être impliqué dans le rapt des trois jeunes Israéliens. Il a toutefois salué l'opération, imputée par Israël à deux membres de ce mouvement islamiste, principalement actif à Gaza, dont l'ambition est la destruction de l'Etat hébreu.

Ces violences ont provoqué des appels à la vengeance et à la haine anti-arabe, postés notamment sur les réseaux sociaux. Accusés d'avoir diffusé des messages malveillants sur la toile, quatre soldats ultra-orthodoxes ont été mis au cachot pour dix jours, selon les médias.

(ats/afp)