Proche-Orient

11 janvier 2009 11:51; Act: 11.01.2009 11:58 Print

Israël accusé de faire usage de phosphore blanc à Gaza

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé ce week-end l'armée israélienne d'utiliser des munitions au phosphore blanc dans la bande de Gaza.

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L'ONG a souligné le risque que cela représentait pour les civils proches des lieux de combat.

Selon un communiqué de l'organisation de défense des droits de l'homme, ses représentants en Israël ont observé les 9 et 10 janvier de multiples explosions de phosphore blanc dues à des tirs d'artillerie près de la ville de Gaza et du camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de l'enclave palestinienne.

Selon HRW, Israël semble faire usage de phosphore blanc pour dissimuler des opérations militaires - «usage toléré en principe selon le droit humanitaire international».

«Cependant, le phosphore blanc a un important effet incendiaire secondaire qui peut infliger de graves brûlures aux personnes, aux échafaudages, aux champs et à divers objets civils situés dans le voisinage (...) Le préjudice potentiel pour les civils est amplifié par la densité de la population de Gaza, l'une des plus fortes du monde», ajoute HRW.

Aucun détail

L'armée israélienne a indiqué qu'elle ne livrerait aucun détail sur les munitions qu'elle emploie dans la bande de Gaza. «Nous insistons sur le fait que les forces de défense israéliennes emploient exclusivement des armes autorisées par le droit international», a ajouté Tsahal.

Israël avait confirmé en 2006 avoir employé des munitions au phosphore blanc lors de son conflit contre le Hezbollah dans le Sud- Liban.

Les projectiles au phosphore blanc ne sont pas considérés comme des armes chimiques. Cette substance s'enflamme facilement dès lors que l'air ambiant dépasse les 30°C, et les flammes produites peuvent être difficiles à éteindre.

Les organisations de défense des droits de l'homme appellent depuis longtemps à l'interdiction des munitions au phosphore blanc, affirmant qu'elles causent des souffrances excessives par brûlures.

Convention de 1980

L'armée américaine avait admis avoir eu recours à de telles armes lors de son opération de contre-insurrection de 2004 à Falloudjah, en Irak. Le Pentagone avait également affirmé la légalité de ces munitions.

L'un des protocoles de la Convention de 1980 sur les armes conventionnelles proscrit l'usage d'armes incendiaires contre les populations civiles et les cibles militaires situées au coeur de concentrations de civils.

(ats)