Merkel

24 octobre 2013 16:53; Act: 24.10.2013 20:10 Print

«L'espionnage entre amis, ça ne va pas»

Angela Merkel s'est insurgée jeudi contre la surveillance dont elle pourrait avoir fait l'objet de la part des autorités américaines.

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Angela Merkel souhaite traiter du sujet de l'espionnage américain lors du sommet européen. (Photo: Keystone)

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La chancelière allemande Angela Merkel, dont le téléphone portable pourrait être surveillé par les Américains, a déclaré que «l'espionnage entre amis, cela ne va pas», à son arrivée jeudi à Bruxelles au sommet européen. Mme Merkel a indiqué l'avoir dit à maintes reprises à ses «amis américains», et encore mercredi soir au président Barack Obama, lors d'une conversation téléphonique.

Sommet européen

Les révélations sur la surveillance de la chancelière allemande par les Américains ont provoqué un choc et se sont imposées au sommet européen, Angela Merkel et François Hollande étant décidés à demander des comptes aux Etats-Unis.

Prévu au départ pour être un sommet «de routine» consacré notamment à l'économie numérique, la réunion des chefs d'Etat ou de gouvernement, qui débute à 15H00 GMT, est mise sous tension par le scandale croissant lié à la surveillance de leurs alliés par les Etats-Unis.

Après l'annonce par le gouvernement allemand selon laquelle le téléphone portable de la chancelière «pourrait être surveillé par les services américains», Mme Merkel a demandé des explications au président Barack Obama.
Elle parlera de cette affaire dès son arrivée à Bruxelles, en milieu d'après-midi, avec le président français au cours d'un entretien bilatéral «afin de coordonner leur réaction», a indiqué une source diplomatique française.

France concernée

La France est également concernée puisque le quotidien Le Monde a révélé lundi que l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) avait effectué des millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français fin 2012 début 2013, et avait espionné les ambassades françaises.

Si la surveillance de Mme Merkel était confirmée, ce serait «totalement inacceptable» et porterait un «coup sérieux à la confiance» entre l'Allemagne et les Etats-Unis, deux pays amis, a prévenu la chancelière. La justice allemande a annoncé analyser ces informations.

Ce sujet est particulièrement sensible en Allemagne, qui reste traumatisée par la surveillance massive des citoyens par la Stasi en Allemagne de l'Est du temps de la RDA, où Angela Merkel a passé toute sa jeunesse.
Evoquant cette période, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a d'ailleurs mis en garde jeudi contre le "totalitarisme", insistant sur le "droit fondamental" au respect de la vie privée.

Ces découvertes en chaîne interviennent après les premières révélations d'Edward Snowden au printemps sur le vaste système de surveillance cybernétique américain.
Pour autant, les Européens n'ont jusqu'à présent affiché aucune unité face à ce scandale. Et pour cause : non seulement les questions de renseignement relèvent des compétences nationales, mais l'espionnage se pratique aussi entre pays de l'UE.

(ats)