Syrie

28 juin 2011 22:23; Act: 28.06.2011 22:26 Print

Appui de la Russie réclamé

Des opposants syriens en exil ont exhorté mardi la Russie à convaincre Bachar al-Assad de quitter le pouvoir.

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Les opposants en exil participaient à une rencontre inofficielle à Moscou entre des responsables russes et des opposants au régime en place à Damas.

Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé que ces opposants, basés en Russie ou ailleurs, étaient les invités d'un club de coopération régionale présidé par Mikhaïl Margelov, représentant spécial du président Dmitri Medvedev pour l'Afrique.

M. Margelov a été impliqué récemment dans les efforts diplomatiques russes au sujet de la Libye. «La Russie devrait aider la Syrie à parvenir à la liberté et à la démocratie en exerçant des pressions plus fortes sur le président syrien pour qu'il démissionne», a déclaré Moulhem Droubi, un dirigeant des Frères musulmans, à l'issue de la rencontre.

«La Russie n'a qu'un seul ami, le peuple syrien», a dit Mikhaïl Margelov après la rencontre. Il a aussi souligné que la Russie était favorable à un dialogue politique pour éviter à la Syrie de sombrer, comme la Libye, dans la guerre civile.

Moscou a invité le président syrien à accélérer la mise en oeuvre de réformes politiques, mais elle s'oppose aux efforts occidentaux visant à faire condamner le régime syrien par le Conseil de sécurité de l'ONU, où elle dispose d'un droit de veto. Les autorités russes ont même fait écho aux affirmations de Damas en imputant les troubles en Syrie à des extrémistes.

Réunion critiquée

Sur le terrain, les militants pour la démocratie ont organisé dans la nuit de lundi à mardi plusieurs manifestations réclamant la chute du régime, qui a poursuivi de son côté les arrestations de contestataires, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

De plus, ces militants ont critiqué sur Facebook la réunion de la veille à Damas, jugeant qu'elle s'était déroulée «sous la bannière du régime» tyrannique.

Une centaine d'opposants et d'intellectuels avaient tenu lundi une rencontre en plein centre de Damas. Ils avaient appelé, à la fin de leurs débats, à la poursuite du «soulèvement pacifique» jusqu'à l'avènement de la démocratie en Syrie, gouvernée par le parti Baas depuis près d'un demi-siècle.

Mardi, la France et les Etats-Unis ont salué ce rassemblement de lundi. L'ambassadeur syrien à Londres a lui été convoqué par le Foreign Office pour s'expliquer après des intimidations présumées «par un diplomate de Syriens résidant au Royaume-Uni».

Lent reflux des réfugiés

Des dizaines de chars et de blindés de l'armée syrienne ont pénétré mardi dans le village d'Al-Rami dans la province d'Idleb (nord-ouest), a affirmé à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahmane.

Selon d'autres militants anti-régime, les troupes ont tiré des balles traçantes et des fusées éclairantes, et des tirs étaient entendus depuis le village voisin d'Irm al-Joz.

Le nombre de réfugiés syriens en Turquie a baissé de quelques centaines au cours des dernières 24 heures pour atteindre 10'757, confirmant un lent mouvement de reflux vers la Syrie, a dit mardi l'agence de gestion des situations d'urgence du Premier ministre.

La répression des manifestations hostiles à Bachar al-Assad a fait 1300 tués parmi la population depuis la mi-mars, selon des défenseurs des droits de l'homme. Le régime syrien fait état de plus de 250 militaires et policiers tués dans des affrontements avec des «bandes armées».

(ats)