Manifestations

16 février 2011 15:48; Act: 16.02.2011 18:59 Print

Deux victimes lors de heurts au Yémen

De nouveaux heurts entre partisans du président yéménite Ali Abdallah Saleh et manifestants de l'opposition ont fait deux morts à Aden, au Yémen.

storybild

Des affrontements ont opposé pour la quatrième journée consécutive des étudiants réclamant la chute du régime à des partisans du pouvoir. (Photo: Keystone/AP)

Sur ce sujet
Une faute?

Deux manifestants ont été tués et deux autres blessés par des tirs des forces anti-émeutes tentant de disperser les manifestants antigouvernementaux à Aden, la grande ville du sud du Yémen. Des centaines de jeunes rassemblés pour réclamer le départ de M. Saleh ont pris d'assaut le siège de la municipalité et mis le feu à des voitures.

Entretemps à Sanaa, des centaines d'étudiants ont tenté, pour la quatrième journée consécutive, de marcher sur le palais présidentiel en scandant «Le peuple veut la chute du régime». Ils ont été sauvagement pourchassés par des partisans de M. Saleh, armés de gourdins, de poignards et de pierres.

Les manifestants ont riposté en lançant des pierres sur leurs agresseurs, qui les ont ensuite poursuivis jusque sur le campus, où la police a tiré des coups de feu en l'air pour disperser les deux camps. Au moins dix étudiants ont été blessés, selon le chef de l'Union des étudiants de l'Université, Radwan Massoud.

Détermination

«Les agissements des casseurs du CPG ne nous dissuaderont pas de continuer notre révolution pacifique», a toutefois assuré M. Massoud. «Nous continuerons de manifester jusqu'au départ de ce régime», a renchéri un étudiant, Mourad Mohammed. «Nous n'avons pas d'avenir dans les circonstances actuelles.»

M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a accusé des éléments «qui suivent les consignes de l'étranger» de chercher à semer le chaos dans le pays. «Il y a des plans en vue de plonger la région dans le chaos et la violence, en s'en prenant à la sécurité et à la stabilité de nos pays», a-t-il dit dans un entretien téléphonique avec le roi de Bahreïn, lui aussi confronté à de la contestation.

La menace de voir le Yémen suivre les exemples tunisien et égyptien a conduit M. Saleh à annoncer qu'il quitterait le pouvoir à l'issue de son mandat, en 2013, et à proposer un dialogue à l'opposition politique. L'opposition a accepté ces discussions, mais la jeunesse yéménite, base du mouvement, ne s'en satisfait pas.

Soutien des rebelles

Le mouvement de contestation est un nouveau front ouvert au Yémen, dont les autorités sont déjà mobilisées dans la lutte contre Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et des mouvements rebelles.

Le chef d'un groupe rebelle chiite du nord du pays, Abdel Malek al Housi, a apporté son soutien aux contestataires. «Le peuple yéménite devrait profiter de cette occasion et se mobiliser sérieusement (...) pour se débarrasser de ce gouvernement criminel», a-t-il annoncé.

Dynamique enclenchée à Bahreïn

A Bahreïn également, la contestation semble se radicaliser. Pour la troisième journée consécutive, un millier de manifestants chiites se sont rassemblés dans le centre de la capitale Manama. Ils ont rendu un dernier hommage à l'un de leurs morts mardi lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Plusieurs milliers de manifestants ont passé la nuit dans un campement improvisé sur la place de la Perle. La police s'est tenue à distance. «On a le sentiment qu'une dynamique est enclenchée, qu'on peut faire quelque chose», a dit une des manifestantes, Kholoud.

«Lundi, les manifestants voulaient réformer le régime. Aujourd'hui, ils veulent qu'il parte, ils ne veulent plus de la famille régnante», a affirmé cette femme vêtue d'une abaya noire, la longue robe islamique, mais arborant rouge à lèvres rose et lunettes de soleil.

Inquiétude américaine

Les Etats-Unis ont, eux, exprimé leur vive inquiétude face aux violences qui secouent ce petit royaume du Golfe, important centre bancaire et base de la Cinquième Flotte de l'US Navy. Le Département d'Etat a appelé «toutes les parties à faire preuve de retenue et à s'abstenir de toute violence».

(ats)