Révoltes arabes

06 mars 2011 22:40; Act: 06.03.2011 22:24 Print

Manifestations au Yémen et à Bahreïn

Des manifestants se sont mobilisés ce week-end à Bahreïn, en Jordanie, au Maroc ou en Egypte, de même qu'en Algérie où les rassemblements, interdits, ont été réprimés.

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Des opposants ont été attaqués au Yémen où le président refuse de démissionner, alors que l'Egypte poursuit la transition après le départ d'Hosni Moubarak.

En Egypte, le procès pour malversations financières de l'ex- ministre de l'Intérieur, le très impopulaire Habib el-Adli, s'est ouvert samedi, avant d'être ajourné. Son successeur, le général Mansour al-Issaoui, a lui été nommé dans la nuit de samedi à dimanche.

Un nouveau ministre des Affaires étrangères, Nabil al-Arabi, a lui été désigné dimanche en remplacement d'Ahmad Aboul Gheït, alors que son homologue français Alain Juppé était en visite au Caire. Le ministère de la Justice sera occupé par Mohamed al-Gundi.

Malgré ces changements, des civils armés ont attaqué environ 500 manifestants au total rassemblés devant le siège de la Sécurité d'Etat au Caire, cette puissante institution dépendant du ministère de l'Intérieur, dont ils exigent la dissolution, ont rapporté des témoins. L'armée a tiré des coups de semonce pour tenter de disperser la foule.

A Oman, le souverain, le sultan Qabous, a renvoyé le ministre du cabinet royal, Ali ben Majid al-Maamari, et celui des affaires du palais, Ali ben Humud al-Bousaidi, a annoncé samedi un communiqué officiel.


Mise en garde lancée à Bahreïn

Dans d'autres pays, les rassemblements se sont poursuivis. A Bahreïn, des milliers de manifestants ont réclamé dimanche la démission du Premier ministre Khalifa ben Salman Al Khalifa, en poste depuis 1971. Ils se sont massés pour la première fois devant le palais al-Qudaibiya où le cabinet tenait sa réunion hebdomadaire.

La dynastie des Al-Khalifa, une lignée sunnite, règne depuis 200 ans sur ce royaume dont la population autochtone est en majorité chiite.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, le conseil des ministres a affirmé «respecter la liberté d'opinion» mais a demandé également aux manifestants «de ne pas porter atteinte aux intérêts publics».

Il a aussi «mis en garde contre les actes pouvant provoquer des tensions confessionnelles» dans le pays.

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Beyrouth pour réclamer l'abolition du système confessionnel en vigueur depuis 1943 au Liban, une semaine après un premier rassemblement sur le même thème.


Six tués au Yémen

Au Yémen, l'opposition a elle appelé à intensifier la contestation jusqu'à la démission du chef de l'Etat, après le refus par le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, d'un départ anticipé. Des partisans de M. Saleh ont attaqué dimanche un campement d'opposants à Ibb, au sud de Sanaa.

Après des coups de pierres et de bâtons et des tirs, 61 personnes ont été blessées, dont trois sont dans un état critique, a dit un responsable des manifestants.

Aussi dimanche, trois incidents séparés attribués à Al-Qaïda ont fait six tués dans trois régions du pays. Les Etats-Unis recommandent à leurs ressortissants de ne plus se rendre au Yémen.


Opposants algériens attaqués

A Amman, quelque 300 Jordaniens parents de détenus islamistes salafistes, dont Abou Mohammed al-Makdessi, l'ancien mentor d'un chef d'Al-Qaïda en Irak tué en 2006, ont eux demandé leur libération.

En revanche, le rendez-vous de l'opposition algérienne samedi à Alger en trois endroits pour marcher en faveur d'un changement du système a une nouvelle fois tourné court.

Bravant l'interdit de manifestation dans la capitale, quelque dizaines de contestataires au total se sont retrouvés ceinturés par la police tandis que des contre-manifestants occupaient le terrain.

Le chef du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD, 19 députés sur 389 au parlement) Said Sadi, a été contraint de repartir du site de l'une des manifestations face à une cinquantaine de jeunes résolus «à le lyncher», selon un témoin.


Manifestation marocaine attendue

Il a dit à l'AFP que ses agresseurs lui avaient «donné un coup de couteau, mais ce n'est pas grave».

Dans le quartier de Hussein Dey, face au tribunal, une dizaine de manifestants arrivés une heure avant la marche, parmi lesquels deux députés du RCD et Me Ali Yahia Abdennour, président d'honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), âgé de 90 ans, ont été ceinturés par les forces de l'ordre.

Au Maroc, après un rassemblement de centaines de manifestants dimanche à Rabat, la coordination qui revendique plus de 30 000 sympathisants sur le réseau social Facebook a fixé le prochain rendez-vous national au 20 mars.

(ats)