Syrie

26 décembre 2011 22:42; Act: 26.12.2011 22:42 Print

Offensive meurtrière à Homs

Les forces syriennes ont lancé lundi une offensive militaire majeure pour prendre le contrôle du quartier de Baba Amro à Homs, un bastion de l'opposition.

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Au moins 29 personnes auraient été tuées, à quelques heures de l'arrivée des observateurs arabes.

«Des tirs d'obus et de mitrailleuses lourdes» contre le quartier de Baba Amro ont fait lundi matin dix-huit tués et des dizaines de blessés, a dit l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «La situation est effrayante et le pilonnage est plus intense que les trois derniers jours», a-t-il ajouté.

Onze civils ont péri dans d'autres quartiers de Homs, selon la même source, qui cite des militants sur place. Par ailleurs, une femme a été tuée à Talbissé, et un hommeà Rastan, deux localités près de Homs.

«Baba Amro est pilonné par l'artillerie lourde et des mitrailleuses anti-aériennes, et des dizaines d'explosions résonnaient tandis que des maisons ont été détruites», ont rapporté les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain.

Intervention immédiate exigée

Plus au nord, trois civils dont un adolescent de 14 ans, ont été tués dans la province de Hama, quand les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants à Khattab, et deux dans celle d'Idleb (nord- ouest). Et quatre personnes ont été tuées à al-Younsié.

Des affrontements ont eu lieu à Chifounia, un village près de Damas. Au moins sept personnes ont été tuées dans ces heurts, a aussi dit l'OSDH.

L'OSDH, basé au Royaume-Uni, a demandé au secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, «d'intervenir immédiatement» pour empêcher un assaut contre l'hôpital al-Hikma, aux abords de Baba Amro et «l'arrestation des blessés qui s'y trouvent».

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, avait déjà demandé dimanche à la mission de la Ligue arabe à se rendre immédiatement à Homs, troisième ville du pays à 160 km au nord de Damas. La France a également demandé aux autorités syriennes de permettre aux observateurs de se rendre à Homs.

50 experts

Une première délégation d'environ 50 experts civils et militaires arabes était attendue lundi soir en Syrie, dans le cadre d'un protocole de sortie de crise soutenu par la Ligue arabe pour mettre fin aux violences. «L'équipe des observateurs de la Ligue arabe ira à Homs parce qu'il s'agit du lieu où la situation est la plus instable», a dit une source proche de cette mission.

«La mission a la liberté de se déplacer en coordination avec la partie syrienne et conformément au protocole» signé il y a semaine par Damas et la Ligue arabe, a assuré lundi le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi.

Le président par intérim du CNS, Burhan Ghalioun, a dit que des observateurs de la Ligue arabe se trouvent déjà à Homs mais ne peuvent pas travailler.

Une première équipe de la Ligue était arrivée jeudi à Damas, pour préparer la mission des observateurs. Le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, qui doit diriger cette mission, se trouve de son côté à Damas depuis dimanche soir, selon un responsable syrien qui a requis l'anonymat.

4000 militaires

Cette mission fait partie d'un plan de sortie de crise, qui prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse.

M. al-Arabi a estimé qu'une semaine serait suffisante pour constater le respect du plan par les autorités syriennes. Il devait rencontrer les observateurs lundi avant leur départ pour Damas.

Dimanche, le CNS avait annoncé que le quartier de Baba Amro était «assiégé et sous la menace d'une invasion militaire de la part d'une force estimée à 4000 soldats», après trois jours de bombardement continu. Trois personnes avaient été tuées et une autre dans le quartier de Karm al-Zaitoun, selon l'OSDH.

Induire en erreur

De plus, les forces de l'ordre «ont changé les poteaux indicateurs des noms des lieux» dans des régions de Jabal al-Zaouia, dans la province d'Idleb (nord ouest), afin d'induire les observateurs en erreur, a affirmé l'OSDH, demandant aux experts arabes de prendre contact directement «avec les militants des droits de l'Homme sur le terrain».

Au total, la répression en Syrie aurait fait au moins 5000 tués en neuf mois, selon l'ONU. Mais le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et accuse des «gangs armés» de semer le chaos en Syrie. Samedi, vingt personnes avaient elles été tuées dans les violences, dont huit à Homs, toujours selon l'OSDH.

(ats)