Crise au Yémen

15 février 2011 16:48; Act: 15.02.2011 18:09 Print

Heurts entre manifestants et partisans

Au moins trois manifestants ont été blessés mardi lors d'affrontements entre des étudiants et militants et des partisans du pouvoir à Sanaa.

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«Le peuple veut la chute du régime», pouvait-on entendre. (Photo: Keystone/AP)

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Les manifestants tentaient de se diriger vers le palais présidentiel à Sanaa. Des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir), armés de gourdins et de haches, se sont opposés aux manifestants à quelque 1,5 km du palais, et ont jeté des pierres en leur direction.

Les manifestants, qui descendaient dans la rue pour la quatrième journée consécutive, ont riposté en leur lançant également des pierres, selon le correspondant de l'AFP.

Selon des témoins, des policiers en civil équipés de pistolets à impulsion électrique Taser ont pris part, aux côtés des contre-manifestants, aux affrontements qui ont pris fin en milieu de journée.

Quelque 3000 manifestants, pour la plupart des étudiants, étaient sortis mardi matin de l'Université de Sanaa pour se rendre au palais du président Ali Abdallah Saleh, sur la place Sabiine.

«Le peuple veut la chute du régime», répétaient-ils, reprenant le principal slogan du soulèvement en Egypte.

Quatrième journée de contestation

Les étudiants manifestent pour la quatrième journée consécutive contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, ne s'est pas associée à ces manifestations.

Lundi, des heurts avaient déjà opposé à Sanaa des milliers de manifestants et des partisans du CPG.

Des partisans du pouvoir campaient depuis lundi soir devant l'entrée principale de l'Université, pour empêcher les étudiants de manifester, mais ces derniers sont sortis mardi matin par une porte latérale et se sont dirigés vers la place Sabiine.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty international a appelé le Yémen à «freiner immédiatement ses forces de sécurité et arrêter l'usage excessif de la violence».

Human Rights Watch a demandé aux autorités de ne pas employer les pistolets Taser pour disperser les manifestants.

Dans un communiqué, l'organisation Reporters sans frontières a pour sa part «fermement dénoncé les attaques perpétrées par des agents de sécurité yéménites, des policiers et des hommes en civil, contre les journalistes couvrant les manifestations populaires au Yémen».

(ats)