Libye

31 mai 2011 20:36; Act: 31.05.2011 20:40 Print

Kadhafi continue de s'accrocher au pouvoir

Mouammar Kadhafi n'a visiblement pas décidé de quitter le pays.

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Le colonel Kadhafi ne quittera dans l'immédiat ni le pouvoir ni la Libye. Tel est le message délivré mardi par Jacob Zuma, le président sud-africain, après sa médiation à Tripoli sous l'égide de l'Union africaine (UA). L'Italie a ouvert un consulat à Benghazi.

M. Kadhafi est disposé à rechercher «une solution politique au conflit en Libye mais réclame au préalable un cessez-le-feu et l'arrêt des frappes de l'Otan», a indiqué M. Zuma à la presse.

Une solution durable au conflit ne pourra être trouvée que par un dialogue entre toutes les parties, a résumé le médiateur. Les deux hommes ont discuté d'une «feuille de route» établie par l'UA qui prévoit un cessez-le-feu, l'arrêt des raids aériens et une période de transition qui doit conduire à des élections démocratiques.

Cette feuille a jusqu'à présent été rejetée par la rébellion, qui refuse tout dialogue avec le «Guide de la révolution». Le colonel, au contraire, table plus que jamais sur «un dialogue interlibyen».

M. Zuma a encore indiqué que «la sécurité personnelle du colonel Kadhafi est une source de préoccupation». Le président sud-africain a notamment pu se rendre compte des dégâts causés depuis mars par les bombardements à Tripoli en se promenant lundi dans la capitale.

Peu après son départ, les raids aériens ont repris sur Tripoli.

Consulat italien à Benghazi

Le «régime de Kadhafi est fini», a déclaré pour sa part à Benghazi le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini. Ce dernier s'y est rendu pour inaugurer le nouveau consulat d'Italie.

«Kadhafi doit quitter le pouvoir et le pays», a ajouté le ministre lors d'une conférence de presse avec le «ministre» des affaires étrangères du Conseil national de transition (CNT) libyen.

«Ses proches collaborateurs l'ont quitté, il n'a plus de soutien international, les leaders du G8 le rejettent: il doit partir», a insisté M. Frattini. Dimanche, cinq officiers, un colonel et quatre commandants, auraient apparemment fait défection au régime en rejoignant un poste-frontière avec la Tunisie, a-t-on appris mardi.

Avoirs gelés

Sur le plan économique, Italiens et rebelles libyens ont signé un mémorandum «pour aider au développement du peuple libyen». «Nous allons demander à l'une de nos banques de crédit, Unicredit, et à l'ENI (société nationale italienne des pétroles) de fournir au CNT une importante quantité de fuel et d'argent», a poursuivi M. Frattini.

Il a ajouté qu'en Italie se trouvent «d'importants avoirs financiers libyens gelés, des milliards d'euros. C'est l'argent du peuple», a-t-il dit, espérant que lors de la prochaine réunion du groupe de contact sur la Libye, début juin à Abou Dhabi, des mécanismes légaux seront trouvés pour libérer ces sommes.

Risque de famine

Les difficultés d'approvisionnement en vivres et en médicaments sont une véritable «bombe à retardement» dans les zones libyennes contrôlées par les forces de Mouammar Kadhafi, a prévenu de son côté mardi le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Libye.

Panos Moumtzis a cité des évaluations du gouvernement libyen. Il a précisé que dans certaines régions du pays, les stocks de vivres seront épuisés dans quelques semaines.

(ats/afp)