printemps arabe

12 février 2011 10:18; Act: 12.02.2011 10:31 Print

Après la Tunisie et l'Egypte au tour de l'Algérie?

Une manifestation en faveur de réformes démocratiques est organisée ce samedi à Alger. La police est déployée en nombre dans capitale algérienne.

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La police a été déployée en nombre à Alger pour éviter une reproduction des récents soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte.

Au lendemain de la démission contrainte du président égyptien Hosni Moubarak, un mois après le renversement du dirigeant tunisien Zine Ben Ali, de nombreux observateurs se demandent si un autre pays du monde arabe ne va pas à son tour s'enflammer contre le pouvoir en place.

Les autorités algériennes ont interdit ce rassemblement, ce qui fait craindre des affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants réclamant plus de libertés publiques, un changement de gouvernement et des emplois.

Des troubles en Algérie pourraient avoir des conséquences sur l'économie mondiale en raison de son statut de puissance exportatrice de gaz et de pétrole. Beaucoup d'experts doutent toutefois d'un scénario à l'égyptienne ou à la tunisienne car le gouvernement semble disposer des ressources nécessaires, via la manne énergétique, pour répondre à la plupart des revendications.

Des milliers de policiers étaient déjà déployés dans le centre de la capitale algérienne plusieurs heures avant le début de la manifestation, prévue à 11h00 heure locale.

Les autorités disent avoir interdit cette manifestation pour des raisons d'ordre public et non par volonté d'étouffer des voix discordantes. Elles affirment oeuvrer en faveur de la création d'emplois, de la construction de nouveaux logements et de l'amélioration des services publics.

Le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé le 3 février la levée «dans un très proche avenir» de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. Le gouvernement est récemment intervenu pour faire baisser le prix de certaines denrées de base et il a accru les importations de blé.

La manifestation de samedi ne bénéficie pas de l'appui des principaux syndicats ni des principales formations d'opposition ni encore des organisations islamistes radicales interdites. La manifestation «sera probablement violente mais ne déstabilisera probablement pas le régime», juge Eurasia Group, organisme de consultants sur le risque politique.

Place du 1er mai bloquée

Plusieurs centaines de manifestants tentaient de se rassembler samedi matin dans le centre d'Alger, bloqué par un imposant dispositif policier pour tenter d'empêcher la manifestation à l'appel de la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD), interdite par les autorités.
Toutes les rues menant à la place du 1er mai, à Alger, étaient bloquées par une véritable armada policière empêchant les manifestants d'accéder. Plusieurs centaines de manifestants sont tout de même parvenus à passer, scandant des slogans dont "«Bouteflika dehors!», «Algérie libre et démocratique», «non à l'Etat policier», a-t-on constaté sur place.

Les policiers faisaient mouvement, pour tenter de disperser et fractionner sans ménagement les groupes de manifestants, procèdant à des interpellations. Le numéro deux de la Ligue algérienne des droits de l'homme, Me Moustapha Bouchachu a souligné que «nous allons continuer à nous battre, l'exemple nous est donné par nos frères tunisiens et égyptiens».

(ats/ap)