Yémen

25 mars 2011 11:39; Act: 25.03.2011 11:44 Print

Double manifestation à Sanaa

Des centaines de milliers de manifestants contre et en faveur du président Ali Abdallah Saleh se sont mobilisés vendredi en deux rassemblements distincts dans Sanaa.

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L'opposition a appelé à une journée de mobilisation pour réclamer le départ du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 32 ans, et une foule massive s'est rassemblée sur la place du Changement, près de l'université de Sanaa.

Des partisans du chef de l'Etat se sont également rassemblés en très grand nombre à quelques distances sur une place jouxtant le palais présidentiel, selon des correspondants de l'AFP.

L'armée, dont plusieurs officiers et soldats ont fait défection pour se rallier aux protestataires, et des militants de l'opposition ont dressé des points de contrôle autour de la place du Changement, fouillant tous ceux qui entraient ou sortaient de cette place.

Pour leur part, les forces de sécurité, fidèles au chef de l'Etat, ont érigé des points de contrôle tout au long des quelque quatre kilomètres qui séparent la place du Changement de celle des Al-Sabiine, près du palais présidentiel, où les partisans de M. Saleh ont convergé.


De plus en plus isolé

Les manifestants anti-régime, qui avaient appelé à une vaste mobilisation vendredi, avaient indiqué qu'ils attendraient le 1er avril pour marcher sur le palais présidentiel.

Le chef de l'Etat, de plus en plus isolé, après le désaveu de dignitaires religieux et de chefs tribaux, a baptisé cette journée «le vendredi de la tolérance».

M. Saleh, qui avait multiplié les concessions dernièrement, a annoncé jeudi qu'il se défendrait par «tous les moyens possibles». «Nous préserverons la sécurité, l'indépendance et la stabilité du Yémen par tous les moyens possibles», a-t-il déclaré dans une allocution sur la télévision d'Etat.


Appel d'Amnesty

Redoutant une réédition des douloureux événements du 18 mars lorsque 52 manifestants ont été tués par des partisans du régime, Amnesty International a mis en garde le gouvernement contre un nouvel usage «mortel de la force».

«Les autorités yéménites doivent empêcher les forces de sécurité de recourir à un usage mortel injustifié de la force», écrit l'organisation de défense des droits humains dans un communiqué. Elle a appelé les forces de sécurité yéménites à cesser «immédiatement» tout recours aux «tirs à balles réelles contre des protestataires désarmés».

(ats)