«Journée sanglante»

21 décembre 2011 21:40; Act: 21.12.2011 21:44 Print

L'opposition syrienne en appelle à l'ONU

Le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble la majorité des courants d'opposition, a réclamé mercredi des réunions d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU et de la Ligue arabe.

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Avec 123 civils tués d'après des militants, la journée de mardi a été l'une des plus meurtrières depuis le début, mi-mars, de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad. La répression a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5000 morts en neuf mois.

Mercredi, des dizaines de chars ont en outre pris d'assaut Daël, dans la province de Deraa (sud), pour briser la grève en cours depuis plus d'une semaine, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Vingt-deux personnes, dont six déserteurs, un civil et 15 membres des forces armées, de sécurité et de l'ordre ont été tuées et plusieurs dizaines de civils blessés dans leurs maisons, dont plusieurs grièvement atteints, lors d'affrontements et de tirs à la mitrailleuse lourde dans la ville de Daël, province de Deraa», a indiqué l'ONG basée à Londres.

L'OSDH a également rapporté que «les forces de sécurité ont attaqué la mosquée Omari à Daël».

Appel aux agences humanitaires

«A la lumière des massacres horribles» perpétrés par le régime contre des «civils non armés en particulier dans les montagnes de Zaouia, à Idleb et à Homs», le CNS appelle à une réunion d'urgence de la Ligue arabe et du Conseil de sécurité, selon un communiqué.

Le CNS demande au Conseil de sécurité de déclarer les villes attaquées «zones de sécurité» afin qu'elles bénéficient d'une protection internationale, et d'obliger les forces du régime à se retirer de ces zones.

L'opposition parle encore d'un «génocide à grande échelle» dans les montagnes de Zaouia, à Idleb et à Homs. Elle exhorte les agences humanitaires à intervenir en urgence.

Sabotage, selon Damas

Damas a aussitôt accusé l'opposition de vouloir saboter la mission d'observation de la Ligue arabe, qui doit débuter jeudi. «Depuis que la Syrie a signé le protocole, elle est pleinement engagée à faciliter la mission de la Ligue arabe à venir voir la réalité de la crise», a affirmé Jihad Makdissi, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères.

«Malheureusement, l'opposition syrienne tente sans cesse de saboter le protocole et de chercher à pousser à une intervention étrangère au lieu d'accepter l'appel à un dialogue», a-t-il ajouté.

La France a dénoncé les morts de mardi comme une «tuerie d'ampleur sans précédent» et a appelé la Russie à «accélérer» les négociations au Conseil de sécurité sur son projet de résolution.

De violents combats entre l'armée régulière et des déserteurs ont en outre fait une centaine de morts et de blessés mardi parmi les militaires dissidents dans cette même province d'Idleb, selon l'OSDH. Le CNS pour sa part fait état de 250 personnes tuées ces dernières 48 heures, sans préciser s'il s'agit seulement de civils.

Accès total pour les observateurs?

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a expliqué lundi que les observateurs de la Ligue arabe attendus jeudi pourraient «accéder aux points chauds, mais pas aux points militaires sensibles», Human Rights Watch a appelé Damas à leur garantir «un accès total».

A Ryad, le Conseil de coopération de Golfe (CCG) qui regroupe les six monarchies de la péninsule arabique, a demandé à Damas de stopper immédiatement «la machine à tuer» et de libérer les détenus. Ce serait un «premier pas pour entamer l'application du protocole» sur l'envoi d'observateurs.

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a pour sa part estimé que les nouvelles violences meurtrières étaient «inacceptables», a rapporté l'agence de presse Anatolie. Enfin, Washington a menacé le régime syrien de nouvelles mesures internationales s'il persistait à «violer de façon flagrante» le plan arabe de sortie de crise qu'il a signé.

(ats)