Révolte en Jordanie

25 mars 2011 17:41; Act: 25.03.2011 18:57 Print

Un manifestant décède, plus de 130 blessés

Plus de 130 personnes ont été blessées et au moins une autre est décédée vendredi au cours d'affrontements entre manifestants et loyalistes.

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Un manifestant jordanien est décédé vendredi lors des violences à Amman, le premier décès depuis le déclenchement du mouvement de contestation en Jordanie il y a trois mois, selon une source médicale.

«Khairy Jamil Saad, âgé de 55 ans, est décédé. Il est tombé en martyr», a dit l'une des sources médicales à l'Hôpital Hamzeh où il a été transporté. Elle s'est refusée à toute autre précision notamment sur les causes du décès.

Une autre source médicale a affirmé que le nombre des blessés «dépasse les 130, dont trois dans un état critique».

Selon des témoins, «certains des blessés légers ont été arrêtés par les forces de l'ordre» déployées en force autour des hôpitaux où ont été admis les blessés.

De violents heurts ont opposé à Amman les manifestants aux partisans du régime et aux forces de l'ordre qui ont dispersé les protestataires à coups de canon à eau avant de démonter leur camp installé dans le centre de la capitale.

Il s'agit du premier affrontement entre les forces de l'ordre et des manifestants en Jordanie, où les mouvements de protestation se poursuivent depuis trois mois.

A l'hôpital Amal, jouxtant la place où avaient campé les «jeunes du 24 mars», «cinq blessés ont été admis dont deux dans un état grave», a déclaré une source médicale dans cet hôpital.

Blessure profonde au crâne

«Un d'entre eux a une blessure profonde au crâne, l'état de l'autre est encore plus sérieux et a nécessité son transfert à un hôpital spécialisé», a ajouté cette source.

Les «jeunes du 24 mars», un groupe rassemblant différentes tendances y compris des islamistes, campaient depuis jeudi pour réclamer des réformes. Des loyalistes les ont attaqués une première fois dans la nuit à coups de pierre faisant une trentaine de blessés.

«La police anti-émeute a été déployée pour tenter de contrôler la situation. Elle a démonté le camp et opéré plusieurs arrestations parmi les jeunes», a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.

Canons à eau

Les tentes et tout le matériel ont été montés sur des bus de la police et il ne restait plus de trace du camp à 17H45 (15H45 GMT), a constaté une journaliste de l'AFP. Les jeunes étaient aussi partis.

La gendarmerie était auparavant entrée en action pour disperser les manifestants des deux bords, en utilisant des canons à eau.

Selon des témoins, les loyalistes faisaient partie de milliers de partisans du régime qui avaient manifesté vendredi dans un parc à Amman en faveur du régime.

Après le démontage du camp, les loyalistes étaient toujours aux alentours de la place, scandant des slogans à la gloire du roi Abdallah, sans être ennuyés par les forces de l'ordre.

Un rassemblement pacifique

«Le but des autorités était de faire partir ce groupe de jeunes qui rappelle trop les manifestants de Tunisie, Egypte ou Bahreïn», a déclaré à l'AFP un analyste politique qui a requis l'anonymat.

«Notre rassemblement est pacifique mais cela ne nous a pas empêché d'être la cible d'attaques. Le roi accepte-t-il de telles actions? Nous sommes des citoyens et nous avons le droit de nous exprimer», a affirmé Reda Darwiche, un étudiant.

«Le peuple veut des réformes du régime», «nous voulons le jugement des symboles de la corruption», «la révolution éclate autour de nous, Jordanie ton tour va venir», avaient scandé les jeunes au cours e leur rassemblement jeudi.

Le dialogue national lancé en Jordanie, peine à progresser, la puissante opposition islamiste ayant refusé de s'y joindre, alors que des analystes mettent en garde contre un risque d'explosion.

«Tout cela n'augure rien de bon, la commission patauge et elle a clairement les mains liées par un ordre du jour limité», avait affirmé jeudi à l'AFP un ancien ministre.

«Le sentiment dans la rue est que tout cela est une perte de temps, surtout que la Jordanie avait élaboré en 2005 un Agenda National , large programme de réformes qui s'est penché sur toutes ces questions, mais dont les recommandations n'ont jamais été appliquées», a rappelé l'ancien ministre s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

(ats/afp)