Bahreïn

23 juin 2011 10:09; Act: 23.06.2011 10:17 Print

Opposants en prison pour «rassurer»

L'incarcération d'opposants vise à rassurer la population, a annoncé le gouvernement du Bahreïn. Huit dissidents chiites ont été condamnés à la perpétuité.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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Le gouvernement bahreïni a affirmé que la condamnation à la perpétuité de huit opposants chiites, critiquée par les Etats-Unis, visait à «rassurer» la population sur sa sécurité.

Dans un communiqué, l'Autorité des affaires de l'Information, une instance gouvernementale, écrit que le verdict rendu mercredi par un tribunal spécial dans le procès de 21 opposants, accusés de complot contre la monarchie, «envoie le message que l'ordre sera préservé».

Ce verdict «rassure la majorité de la population de Bahreïn que leur sécurité ne sera plus compromise par la violence ou les tentatives de renverser le régime», a ajouté l'Autorité, indiquant que les personnes condamnées n'étaient pas représentatives de la population, laquelle croit que le moyen d'avancer passe par le dialogue et les moyens pacifiques«.

Outre les huit opposants condamnés à la perpétuité, 13 autres ont écopé de peines allant de deux à 15 ans de prison.

Les membres du groupe, dont sept en fuite, étaient jugés sous l'accusation de complot contre la monarchie pendant la contestation de mi-février/mi-mars, animée par des chiites, majoritaires à Bahreïn dirigé par une dynastie sunnite.

»Le gouvernement espère que le prochain dialogue national sera l'occasion d'unifier une nouvelle fois le pays et débouchera sur un large consensus pour de nouveaux progrès dans (le processus) de réformes«, qui avait permis de rétablir le Parlement à Bahreïn en 2001, selon le communiqué.

Un responsable du principal mouvement de l'opposition chiite Al-Wefaq, Khalil al-Marzouk, avait averti mercredi que le verdict rendu »ne s'accomode pas avec un processus de dialogue«, prévu pour démarrer début juillet.

Les Etats-Unis se sont dits mercredi »préoccupés par la sévérité« des peines prononcées et espéré que Bahreïn, où est basée leur Ve Flotte, »crée les conditions d'un dialogue crédible" rassemblant tous les acteurs bahreïnis.

(afp)