Bahreïn

18 mars 2011 22:22; Act: 18.03.2011 22:28 Print

L'opposition tient bon, malgré la répression

Une large foule exigeant des réformes à Bahreïn s'est rassemblée vendredi près de Manama en dépit de l'état d'urgence qui interdit toute manifestation.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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Dans la capitale, les autorités ont fait abattre le monument érigé au centre de la place de la Perle, symbole du mouvement de contestation démocratique.

Attaqués à la pelleteuse et au marteau piqueur, les six piliers de cette statue élancée, surmontés d'une perle, ont cédé après quelques heures. La structure s'est effondrée dans un nuage de gravats et de barres d'acier. Officiellement, il s'agissait de «faciliter la circulation», selon l'agence bahreïnie BNA.

Dans le village chiite de Diraz, aux portes de la capitale, des milliers de manifestants chiites se sont mobilisés après la prière du vendredi. «En paix! en paix!», criaient les manifestants, «nous sommes prêts à sacrifier notre sang et notre âme pour Bahreïn».

Un important religieux chiite, cheikh Issa Qassem, a appelé dans son sermon à respecter les principes de la non-violence. «L'approche pacifique a été notre choix depuis le début», a-t-il affirmé.

Des dizaines de blessés

Dans un autre village aux abords de Manama, Sitra, des milliers de personnes ont assisté aux funérailles d'une des victimes de la répression. Ahmed Farhan, un chômeur de 28 ans, tué mardi soir dans des affrontements avec la police.

Selon sa famille et des sources médicales, il a été touché à la tête par une balle tirée d'un hélicoptère. Les autorités ont interdit pendant plusieurs heures que son corps soit rendu à la famille par les services hospitaliers.

Les affrontements de cette semaine ont fait au moins huit tués et des dizaines de blessés. Jeudi, l'opposition dominée par les chiites avait appelé à poursuivre la contestation de la dynastie sunnite des Al-Khalifa, au pouvoir depuis plus de 200 ans dans ce pays, allié des Etats-Unis.

Renfort étranger

Les autorités bahreïnies ont décrété cette semaine l'état d'urgence, qui interdit notamment les rassemblements. Le petit royaume, pas plus grand que le canton suisse de Glaris, vit depuis des semaines au rythme de la contestation.

L'opposition réclame des réformes pour obtenir une plus grande participation politique. Elle a refusé la proposition du pouvoir d'un dialogue national avant que ne démissionnent des personnalités clefs du régime. Six figures de l'aile dure de l'opposition ont été arrêtées jeudi.

Bahreïn a reçu le soutien de ses voisins. L'Arabie Saoudite a dépêché vers Manama un millier de militaires, faisant partie du Bouclier de la Péninsule, la force commune des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Les Emirats arabes unis ont également envoyé des troupes. Vendredi, le Qatar a annoncé sa participation à cette opération.

Solidarité chiite

Le mouvement de contestation a reçu de son côté des signes de solidarité des chiites des pays voisins. En Irak, des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans plusieurs villes pour soutenir l'opposition et demander le départ des forces du CCG envoyées à Bahreïn.

Jeudi soir, plusieurs centaines de chiites avaient manifesté dans l'est de l'Arabie saoudite pour protester contre la répression et l'arrivée des forces du Bouclier de la péninsule.

Inquiétude des milieux financiers

La communauté internationale a condamné la répression par le régime. Jeudi soir, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki- moon a mis en garde contre l'usage excessif de la force dans un appel téléphonique au roi de Bahreïn, Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Auparavant, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait également dénoncé comme «choquante et illégale» la répression lancée cette semaine contre les manifestants.

Les milieux financiers internationaux se sont inquiétés vendredi de l'instabilité à Bahreïn, qui avait l'ambition de devenir une place d'affaires régionale. L'agence de notation Standard and Poor's a abaissé de deux crans sa note souveraine, dorénavant fixée à «BBB».

(ats)