Révolte en Egypte

10 février 2011 21:28; Act: 10.02.2011 21:46 Print

L'opposant Elbaradei propose un triumvirat

L'opposant égyptien Mohammed ElBaradei propose un conseil de trois personnes et un gouvernement d'union nationale.

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Le prix Nobel de la paix estime qu'il faut un conseil présidentiel composé de trois personnes et un gouvernement d'union nationale. (Photo: Keystone)

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L'opposant égyptien Mohammed ElBaradei propose que le président Hosni Moubarak, dont le départ fait l'objet d'intenses spéculations ce jeudi, laisse la place à un conseil de trois personnes et un gouvernement d'union nationale, dans une interview à paraître vendredi.

«Le leader du régime doit laisser la place à un conseil présidentiel composé de trois personnes et un gouvernement d'union nationale. Ce gouvernement doit être composé d'experts crédibles», estime le prix Nobel de la paix dans un entretien au quotidien autrichien die Presse.

Elections à organiser

L'ancien directeur général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) décrit ensuite la marche à suivre: «après une période transitoire d'un an des élections libres et démocratiques devront être organisées. Une Constitution transitoire doit aussi être rédigée pendant ces douze mois.»

Le président Hosni Moubarak, dont le régime est secoué par une révolte populaire sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1981, doit s'exprimer jeudi soir à la télévision. Les spéculations sont allées bon train sur son départ ce jeudi. A Washington, le directeur de la CIA Leon Panetta a jugé «fort probable» le départ prochain du raïs estimant que le vice-président Omar Souleimane était le remplaçant vraisemblable du président Moubarak.

Souleimane «reflet de Moubarak»

«Mais les gens dans la rue ont les mêmes sentiments envers Souleimane qu'envers Moubarak. Souleimane n'est que le reflet de Moubarak», relève M. ElBaradei, qui a assuré ne pas avoir été associé aux récentes discussions entre pouvoir et opposition.

L'opposant de 58 ans, qui s'est dit prêt à briguer la présidence, estime que l'armée doit jouer un «rôle central» dans la transition pour protéger «une démocratie naissante». «Mais soyons clair: le rôle de l'armée est de protéger l'Etat, pas de le diriger», assène M. ElBaradei, invitant l'armée à se battre «aux côtés de la population».

En réponse aux critiques sur son éloignement des réalités égyptiennes, l'ancien diplomate de carrière dit avoir «travaillé à susciter de la sympathie à l'étranger pour le peuple égyptien, à faire prendre conscience de sa misère et de son combat pour ses droits».

(afp)