Révolte à Bahreïn

19 février 2011 10:34; Act: 19.02.2011 12:03 Print

«C'est une guerre»

Une cinquantaine de manifestants ont été blessés par des tirs émanant des forces de sécurité dans les rues de la capitale de Bahreïn.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants vendredi à Manama, alors que des milliers de manifestants bravaient l'interdiction de rassemblements publics et défilaient dans les rues de la capitale de Bahreïn, après des appels au renversement de la monarchie.

Selon des responsables d'hôpitaux et du ministère de la Santé, on compte au moins 50 blessés, dont sept sont dans un état critique. Les blessés les plus grièvement atteints ont été amenés dans le principal hôpital de la ville, Salmaniya. Des médecins et membres du personnel médical étaient en larmes en voyant l'état des blessés. «C'est une guerre», expliquait le Dr Bassem Deif, en examinant des victimes, dont les os ont été pulvérisés par les balles.

Scènes d'horreur

Les témoins ont décrit des scènes de chaos et d'horreur dans le centre de Manama, où les manifestants se dirigeaient vers la place de la Perle, coeur symbolique du soulèvement contre les dirigeants du petit Etat insulaire. Un cameraman de l'Associated Press a vu passer des blindés surmontés de mitrailleuses. Des tirs de semonce ont eu lieu, en l'air, des gaz lacrymogènes ont été tirés. Puis les soldats regroupés autour de la place de la Perle ont ouvert le feu sur les manifestants.

«Les gens ont commencé à courir dans toutes les directions, les balles volaient», a témoigné Ali al-Haji, un employé de banque âgé de 27 ans. «J'ai vu des gens touchés dans les jambes, au torse, et un homme saignait de la tête». Mohammed Abdullah, un manifestant de 37 ans, raconte qu'un mouvement de panique a suivi les tirs.

Appels au renversement de la Monarchie

Des appels au renversement de la monarchie avaient auparavant été lancés à l'occasion de la prière du vendredi et des funérailles de manifestants tués jeudi lors d'une première intervention sanglante des forces de sécurité place de la Perle contre des manifestants réclamant des réformes politiques. L'assaut a fait au moins cinq morts et près de 250 blessés.

Le président américain Barack Obama a évoqué la situation vendredi lors d'un entretien téléphonique avec le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa Al Khalifa, invitant le souverain à faire cesser les violences, respecter les «droits universels» de la population et mettre en place des réformes sérieuses«.

»Je suis profondément préoccupé par (...) les violences au Bahreïn, en Libye et au Yémen. Les Etats-Unis condamnent le recours à la violence par les gouvernements contre les manifestants pacifiques dans ces pays et partout ailleurs«, a déclaré le chef de la Maison Blanche dans un communiqué. »Les Etats-Unis exhortent les gouvernements de Bahreïn, de Libye et du Yémen à faire preuve de retenue face aux manifestations pacifiques et à respecter les droits de leur population«, ajoute-t-il.

Le prince Salman ben Ahmad Al-Khalifa est de son côté apparu à la télévision nationale pour présenter ses condoléances après »ces jours douloureux« et lancer un appel à l'unité, souhaitant un dialogue »avec toutes les parties".

TSR


(ap)