Egypte

05 mars 2011 20:41; Act: 05.03.2011 20:44 Print

Premier procès d'un ancien ministre

Le procès pour malversations financières de l'ex-ministre égyptien de l'Intérieur, le très impopulaire Habib el- Adli, s'est ouvert samedi.

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Debout dans le box, vêtu de l'uniforme blanc réglementaire des prévenus, M. el-Adli a calmement nié les accusations de blanchiment d'argent et de détournement de fonds qui pèsent sur lui. "Non, cela n'a pas eu lieu", a-t-il par deux fois répondu au juge Al-Mohammadi Qonsoua.

Evincé du gouvernement fin janvier, l'ancien ministre a été arrêté le 17 février, près d'une semaine après la chute de M. Moubarak sous la pression de la rue. Habib el-Adli est détesté par une grande partie de la population égyptienne.

Le juge a ajourné le procès au 2 avril après une suspension de séance d'une dizaine de minutes, suite à de vifs échanges entre des avocats qui se sont portés volontaires pour représenter la société civile et la défense. "C'est le bourreau de l'Egypte!", a crié Hussein Abou Eissa, l'un de ces avocats, en parlant du prévenu.

L'avocat de Habib el-Adli, Mohammed Youssef Mannaa, a demandé plus de temps pour étudier l'affaire, affirmant ne pas avoir encore reçu un dossier crucial.

Accusations insuffisantes

Selon le juge, l'ancien ministre de l'Intérieur est accusé d'avoir abusé de sa position pour vendre un terrain à un promoteur sous contrat avec le ministère de l'Intérieur pour plus de 4,8 millions de livres égyptiennes (environ 800.000 dollars).

Il est aussi accusé d'être impliqué dans une opération de blanchiment d'argent d'une valeur de plus 4,5 millions de livres (environ 760.000 dollars).

Ces accusations n'ont pas satisfait les militants pro-démocratie, qui veulent le voir jugé pour des violations des droits de l'Homme. Habib el-Adli est d'ailleurs visé par une autre enquête pour avoir ordonné de tirer à balles réelles sur les manifestants pendant la révolte.

D'autres ministres arrêtés

Plusieurs autres ministres de M. Moubarak et hommes d'affaires proches de l'ancien pouvoir ont également été arrêtés, interdits de quitter le territoire et vu leurs avoirs gelés. Certains doivent être jugés dans les semaines à venir.

La lutte contre la corruption est l'une des principales exigences des opposants qui ont poussé M. Moubarak au départ. Les avoirs de l'ancien président et de sa proche famille sont eux-mêmes gelés.

Bâtiments pris d'assaut

A la recherche de preuves d'abus commis par la sécurité d'Etat, puissante institution dépendant du ministère de l'Intérieur, des manifestants ont pris d'assaut plusieurs de ses bâtiments samedi. La dissolution de ces services, accusés d'abus des droits de l'homme et de torture, est l'une des principales revendications des militants pro-démocratie.

(ats)