Tunisie

12 décembre 2011 18:54; Act: 12.12.2011 20:32 Print

Moncef Marzouki élu président de la République

Moncef Marzouki, un farouche opposant à Ben Ali a été élu lundi par l'Assemblée constituante président de la République tunisienne

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Le chef du Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste), a été élu par 153 voix pour, trois contre, deux abstentions et 44 votes blancs sur un total de 202 votants sur les 217 membres de l'Assemblée nationale constituante, ont constaté des journalistes de l'AFP. L'hymne national a retenti dans l'hémicycle, alors que ses partisans criaient «fidélité aux Martyr de la révolution!».

Costume gris, chemise blanche mais sans cravate comme toujours, M. Marzouki, un médecin de formation âgé de 66 ans, a remercié tous les députés: «Votre présence est primordiale. Le message par lequel vous me dites 'nous t'aurons à l'oeil' est bien reçu», a-t-il lancé en direction de l'opposition qui a voté blanc.

Un islamiste premier ministre

«Ce jour est mémorable, vive la Tunisie du plus profond de mon coeur», a-t-il ajouté, se disant «fier de porter la plus précieuse des reponsablités, celle d'être le garant du peuple, de l'Etat et de la révolution».

Sa première mission sera de désigner le chef du gouvernement, qui devrait être l'islamiste Hamadi Jebali, du parti Ennahda qui a remporté les élections du 23 octobre. Il devrait renoncer à toute responsabilité dans sa formation.

Procédure critiquée

L'assemblée constituante avait auparavant rejeté neuf candidatures ne répondant pas aux critères retenues par la loi. Certains ne sont pas des élus et d'autres n'ayant le parrainage de quinze élus.

Un député de la «Pétition populaire», troisième force de l'assemblée de l'homme d'affaires londonien Hechmi Haamdi n'avait pas l'âge limite requis de 35 ans. «Je ne vote pas, je dénonce l'exclusion» a protesté un élu de cette Pétition, Brahim Kassas, agitant un panneau.

L'élection de Moncef Marzouki est intervenue selon la procédure prévue par l'article 10 de la loi sur l'organisation des pouvoirs publics provisoires - mini constitution provisoire - approuvée il y a moins de 48 heures.

Les élus de l'opposition se sont concertés pour un vote blanc. «Cette élection a lieu sur la base d'un texte déséquilibré qui donne beaucoup de pouvoir à un chef de gouvernement désigné au détriment d'un président élu», a expliqué un opposant à l'AFP Samir Betaieb, du Pôle démocrate moderniste.

(afp)