Libye

17 février 2011 19:06; Act: 17.02.2011 19:07 Print

Au moins huit morts dans des affrontements

Au moins huit personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre police et manifestants contre le régime libyen, à Al Baïda (est).

storybild

Une image d'un partisan de Kadhafi. Rares sont les photos des opposants au régime. (Photo: dr)

Sur ce sujet
Une faute?

Les Libyens étaient appelés jeudi à participer à une «journée de la colère» contre le régime du colonel Kadhafi au pouvoir depuis bientôt 42 ans.

Des «affrontements violents» ont eu lieu jeudi à Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye à 1000 km à l'est de Tripoli. Ils ont fait «six morts jusqu'ici» et 35 blessés, selon les sites Al Youm et Al-Manara basés à l'étranger. Par ailleurs, des avocats ont manifesté devant un tribunal de la ville, réclamant une constitution pour le pays, a-t-on ajouté.

Ces mêmes sources ont fait état jeudi d'au moins quatre morts dans la ville d'Al Baïda dans des affrontements mercredi soir. Le journal libyen «Quryna» a quant à lui parlé de deux morts dans cette ville située à 200 km à l'est de Benghazi.

Responsable limogé

Selon «Quryna» qui cite des «sources de sécurité bien informées», le ministère de l'Intérieur a limogé jeudi un haut responsable local des services de sécurité, suite à la mort de deux manifestants.

Des manifestations violentes ont également eu lieu jeudi à Zenten, à 145 km au sud-ouest de Tripoli, au cours desquelles des postes de police et un local des comités révolutionnaires ont été incendiés, a rapporté le même journal sur son site internet.

A Tripoli, par contre, tout semblait calme jeudi, alors que les autorités comptaient faire une démonstration de force. Des dizaines de manifestants pro-régime convergeaient depuis la matinée vers la Place verte, au coeur de la capitale. La sécurité était légèrement renforcée sur les artères principales, tandis que la circulation était plus fluide que d'habitude.

Manifestations pro-régime

Par ailleurs, des centaines de manifestants pro-régime défilaient depuis mercredi à Benghazi, Syrte (est), Sebha (sud) et Tripoli, selon des images de la télévision d'Etat diffusées en boucle.

Les comités révolutionnaires, épine dorsale du régime, ont prévenu de leur côté qu'ils ne permettraient pas «de piller les acquis du peuple et de menacer la sécurité du citoyen et la stabilité du pays».

Appel

Des organisations de défense des droits de l'homme ont évoqué le risque d'une féroce répression de la part des forces de sécurité dans un pays peu habitué à l'expression du mécontentement populaire. Selon Human Rights Watch, les autorités ont arrêté quatorze militants et écrivains d'opposition qui préparaient les manifestations.

Amnesty International, la Grande-Bretagne et l'Union européenne ont appelé mercredi soir à éviter le recours à la force, tandis que les Etats-Unis ont demandé à Tripoli de «prendre des mesures spécifiques qui répondent aux aspirations, aux besoins et aux espoirs de leur peuple».

Peu de chances de changement

Les manifestations ont débuté mardi à Benghazi, à 1000 km à l'est de Tripoli, où 38 personnes avaient été blessées dans la nuit. Pourtant, le vent des révolutions en Tunisie et en Egypte qui souffle sur le régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, un record désormais en Afrique, semble avoir peu de chances d'amener un changement.

Même si certains Libyens se plaignent du chômage, des inégalités et du manque de libertés, la Libye est un pays exportateur de pétrole. De nombreux observateurs estiment que le pouvoir pourrait puiser dans la manne énergétique pour satisfaire d'éventuelles revendications sociales et écarter l'hypothèse d'un scénario à la tunisienne ou à l'égyptienne.

(ats)