Bahreïn

31 mars 2011 16:03; Act: 31.03.2011 16:09 Print

Les arrestations d'opposants se multiplient

Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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Plusieurs dizaines d'autres sont portées disparues, a affirmé jeudi l'opposition.

Après des semaines de manifestations à Manama, la famille régnante Al Khalifa, de confession sunnite, a décrété la loi martiale et a obtenu le soutien des troupes saoudiennes et émiraties. Elle a mis fin le 16 mars au mouvement de contestation de manifestants majoritairement chiites.

Plus de 60% des Bahreïnis sont de confession chiite et la plupart d'entre eux réclament l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. Les appels au renversement de la monarchie formulés par des éléments plus radicaux ont inquiété la minorité sunnite, qui redoute que les troubles profitent à l'Iran.

«Le gouvernement dit qu'il prend des mesures pour défendre la stabilité et la sécurité, mais c'est tout le contraire qui se passe. Nous nous retrouvons dans une situation des plus dangereuses où il n'y a plus aucune sécurité pour les citoyens», a dit Mattar Ibrahim Mattar, membre du parti d'opposition le plus important du pays, le Wefaq.

Entrer en clandestinité

«On arrête les gens, on les enlève aux points de contrôle installés un peu partout», a-t-il ajouté. De plus en plus de militants d'opposition ont préféré entrer dans la clandestinité pour éviter d'être arrêtés.

«La situation est dramatique (...) Presque tous les blogueurs et les militants qui ne sont pas en prison aujourd'hui se cachent», explique Nabil Radjab, qui dirige le Centre bahreïni pour les droits de l'homme. Selon M. Mattar, le Wefaq a dénombré 302 arrestations jusqu'à mercredi et pense que ce nombre devrait prochainement atteindre 400.

Mercredi, trois militants actifs sur internet ont été arrêtés, dont le blogueur Mahmoud Al Yousif. Il est depuis des années le chantre de l'unité des Bahreïnis au-delà des clivages confessionnels. Il n'a pas ménagé ses critiques à la fois contre le pouvoir sunnite de la famille Khalifa, accusé de s'opposer aux réformes, et contre le Wefaq, selon lui trop réticent à ouvrir des discussions avec le pouvoir.

Jeudi à Berne, devant la presse, l'ambassadeur de Bahreïn en France et pour la Suisse a argué le risque d'une «guerre civile» et la sécurité nationale pour légitimer le décret de la loi martiale. Naser Al Belooshi a promis qu'une commission d'enquête spéciale rendrait «au plus vite» des conclusions sur les événements dans le royaume.

Le Hezbollah dément

Par ailleurs, le Hezbollah libanais a catégoriquement rejeté jeudi les accusations du chef de la diplomatie bahreïnie, selon lesquelles le mouvement chiite a «entraîné» des opposants bahreïnis au Liban. Ces propos ont été cités par le quotidien panarabe «al- Hayat».

«Nous ne pouvons garder le silence sur des accusations d'entraîner» des opposants au régime, a expliqué le Hezbollah dans un communiqué. «Ces accusations visent à affaiblir les manifestations pacifiques d'un peuple opprimé».

«Aucun de nos frères bahreïnis n'a demandé d'entraînement militaire et nous n'avons fourni aucun entraînement de ce type à Bahreïn», assure le mouvement chiite. «Tout ce que nous leur proposons, c'est un soutien politique et moral comme nous l'avons fait pour les révolutions arabes en Tunisie, en Egypte, en Libye et au Yémen, ce qui est légal et fait partie de nos engagements», conclut le communiqué.

(ats)